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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 16:48

Higashino Heigo - La maison où je suis mort autrefois - Acte Sud, Actes noirs - avril 2010 - ISBN : 978- 2 742-789511

Maison.jpg

  

Sayaka Kurahashi est la jeune maman d'une fillette de 3 ans qu'elle maltraite dans des accès de colère. Mariée à un homme d'affaire trés souvent absent, elle est dépressive et à récemment fait plusieurs tentatives de suicide. Elle souffre d'une amnésie qui lui interdit tout souvenir de son passé antérieur à son entrée à la petite école.

   A la mort de son père, elle reçoit une enveloppe contenant une étrange clef ornée d'une tête de lion et un plan conduisant à une maison isolée au coeur des montagnes. Intriguée, elle invite son ancien compagnon d'enfance à visiter cette demeure à la recherche de son passé oublié.

   Arrivés sur les lieux, ils découvrent une demeure qui semble avoir étrangement été figée dans le temps : tout à l'intérieur semble être resté en l'état depuis plusieurs dizaines d'années comme si les habitants avaient précipitamment quitté les lieux pour ne plus y revenir. Plus étrange encore, toutes les horloges sont arrêtées à la même heure ...

   De plus en plus intrigués, Sayaka et son compagnon découvrent le journal intime du jeune fils des habitants de cette demeure hors du temps et décident de le parcourir afin de découvrir la vérité sur cette maison et son histoire. 

   Ce qu'ils vont y découvrir va les conduire au coeur d'une tragédie qui va mener Sayaka à la découverte d'un passé qu'elle avait refoulé au plus profond d'elle-même ... et que, sans doute, elle aurait mieux fait de ne pas faire ressurgire.

 

   Autant le dire tout de suite : ce roman, étrange tant dans sa composition que par son contenu, m'a passablement dérangé.

   La narration, du point de vue du compagnon de Sayaka, donne la curieuse impression d'être aux côté de l'héroïne au cours de la quête éperdue de son passé. De plus le réalisme froid et la sobriété d'écriture dont fait preuve Higashino, loin de nous permettre de prendre distance par rapport à la narration nous oblige à nous plonger plus profondément dans l'intrigue et interdit la catharcis au lecteur.

   Le  dévoilement de la vérité (la lecture du journal intime d'un jeune garçon) contribue aussi à l'identification (et donc à l'implication) du lecteur : celui-ci lit découvre les faits par le même médium que le narrateur et en vient donc à oublier la présence du narrateur et se substituer à lui dans le fil de la narration.

      L'intrigue, d'une structure étonnamment simple (une jeune femme est à la recherche de son passé) mêle habilement le passé des propriétaires de la maison et celui, occulté, de Sayaka jusqu'à ce que les deux histoires se collapsent dans une révélation dont l'inévitabilité ne fait que se renforcer au fil de la lecture. 

   En outre, l'étrange relation qui se noue entre le narrateur et l'héroïne, faite d'un mélange de complicité et secrets, d'attirance et de renoncement, tissée sur le fonds de l'absence complête du mari, ajoute un quelque chose de malsain à l'ambiance déjà trouble de l'intrigue.

   Autant de ficelles qui nous plongent dans l'histoire de ces deux familles, sans aucun recul ni la moindre prise pour une éventuelle distanciation. Tout semble avoir été fait pour que le lecteur ait l'impression d'assister impuissant au déroulement de cette tragédie familliale.

 

   Au final, la lecture de cet étrange roman noir ne m'aura pas laissé indifférent. Et même s'il m'est encore difficile d'affirmer aujourd'hui avec certitude si je l'ai où non "aimé", je peux dire cependant qu'il m'a profondément marqué et s'est révélé une expérience de lecture d'une intensité rarement rencontrée ... Mais n'est-ce pas aussi ce que l'on recherche dans la lecture ?


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Published by Petrus002 - dans Romans
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powered 06/06/2014 10:18

I am sorry to hear about the situation of those three children. Since their mother is suffering from amnesia and other mental disorders, the children have to suffer it. Hope their relatives will involve into this matter and do the needful.

Présentation

  • : Considérations Intempestives
  • Considérations Intempestives
  • : En 1873, le philosophe allemand Friedrich Nietzsche publiait ses "considération intempestives " en réaction aux dérive de son époque : fièvre identitaire, dérive nationaliste, Enquistement dans la pensée unique. Aujourd'hui, la philosophie, à son tour, s'est peu à peu laissée gagnée par le mal du temps (Il n'y a qu'à lire quelques lignes de Ferry, Finkielkraut et consorts pour s'en convaincre). Seul le roman noir et quelques irréductible philosophes continuent à brandire le pavillon de la critique ... Ce sont eux que je désire vous faire connaître.
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  • Petrus002
  • Passionné de littérature, de culture et d'art avec une prédilection pour les polars et le jazz, l'auteur désire simplement partager sa passion.
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