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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 01:43
C'est à la Chapelle en Vercors, haut lieu de la résistance française contre l'occupation allemande que Nicolas Sarkozy a choisi d'exposer, le 13 novembredernier, sa "vision" de la France et de l'identité Française. Au delà des enjeux politiciens inévitables de ce genres d'exercices de style (élections obligent), ce discours révèle les travers et les faiblesses de notre président (rappelons qu'il est sensé nous représenter !) en matière de culture historique.

En effet la vision historique de notre président semble se rapprocher d'avantage de l'historiographie patriotique des débuts du XXème siècle, voir de l'entre deux gerres que du regard et de la connaissance historique que devrait posséder (du moins il me semble) tout chez d'Etat digne de ce nom. Ainsi, rappelant  la sacrifice des maquisards du Vercors et citant Malraux pour appuyer son propos, notre président semble oublier que de nombreux maquisards n'étaient pas des citoyens français mais des réfugiés de tous les pays envahis par l'Allemagne nazie venus trouver refuge et continuer à se battre contre l'occupant. Aussi peut-on penser que ce qui les motivait, "la force étrange qui les poussait à risquer leur vie", pour reprendre les mots dui président, n'était pas tant une haute idée de la France que le refus d'un régime et d'une idéologie qui avait su faire de l'identité nationale la pierre angulaire d'une politique d'exclusion et d'extermination à grande échelle ... mais celà, notre président ne l'a pas dit.

S'il ne l'a pas dit c'est parce que, à sa façon aussi, il entend se servir de l'identité nationale comme critère de discrimination pour départager les français entre eux, pour séparer le bon grain de l'ivraie, les "bons" français qui travaillent, vont à l'église le dimanche, et dont les enfants suivent docilement les enseignment de leurs professeurs, de tous ceux qui ne font que parasiter notre beau pays (qui bénéficient de la sécurité sociale sans agire pour la France, qui osent bénéficier des allocations chômage et ne cherchent -mais peut-être ne trouvent-ils seulement pas - de travail, qui profitent de la gratuité de l'école - ce qui paraît normal vu qu'elle est également obligatoire jusqu'à 16 ans - et n'ont aucune considération pour les enseignants et l'institution, etc).

Cette vision de l'identité nationale mêlant le patriotisme bondieusard et les plus grossières images d'épinales n'est pas sans rappeler - étrangement - les discours belliqueux de la droite de l'entre deux guerre stigmatisant les juifs, les francs maçons et les communistes de parasites et de profiteurs. C'est qu'il est toujours plus efficace de désigner un bouc émissaire que de chercher les causes véritables de la crise ou, pour reprendre les mots de notre président, il est plus aisé de renoncer à "la haine de soi" pour se consacrer à la haine de l'autre, de l'étranger, de l'imigré ... mais c'est aussi ainsi que l'on s'éloigne et que l'on baffoue un peu plus le véritables valeurs de la France ... mais celà notre président ne le sais visiblement pas.

Enfin, rappelons qu'à ne pas vouloir se connaître soi-même (rappelons que de l'aveu présidentiel, il s'agit de la phrase la plus stupide qui soit) on finit par ne plus connaître les autres et par les haïre.

En conclusion, si c'est vers cette France que l'on nous mène, vers une France de rejet, d'intolérance et de patriotisme belliqueux, alors je n'ai pas peur de le dire : De cette France là, Monsieur le président, je n'en veux et n'en voudrais pas , même pour tout l'or du monde !!

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Published by Petrus002 - dans Actus
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sylvie 29/11/2009 11:26


Nous sommes donc bien d'accord.


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  • : Considérations Intempestives
  • Considérations Intempestives
  • : En 1873, le philosophe allemand Friedrich Nietzsche publiait ses "considération intempestives " en réaction aux dérive de son époque : fièvre identitaire, dérive nationaliste, Enquistement dans la pensée unique. Aujourd'hui, la philosophie, à son tour, s'est peu à peu laissée gagnée par le mal du temps (Il n'y a qu'à lire quelques lignes de Ferry, Finkielkraut et consorts pour s'en convaincre). Seul le roman noir et quelques irréductible philosophes continuent à brandire le pavillon de la critique ... Ce sont eux que je désire vous faire connaître.
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  • Passionné de littérature, de culture et d'art avec une prédilection pour les polars et le jazz, l'auteur désire simplement partager sa passion.
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