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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 16:41

images-copie-1.jpg"Je suis né en 1951 dans la petite ville de Nashville (Arkansas). Ma famille déménagea l'année suivante pour s'installer dans la bourgade voisine de Malverne, et c'est là que j'ai grandit. Mon père était avocat et juge, ma mère, comme presque toute les mère de cette époque, était mère au foyer. J'avais trois soeurs.

 

J'étais un petit garçon timide qui n'aimait pas l'école et n'avait pas de bonnes notes. Je préférais lires des "comics", aller pêcher au lac Catherine ou regarder des films fantastiques comme "L'attaque des crabes géants" ou "l'inconnu qui rampe"  au Ritz Theater.

 

Grandir en Arkansas dans les années 50 n'était pas trés différent de grandir en Afrique du Sud sous l'apparteid. Le racisme contre les noirs était partout présent. C'était un racisme siffisant, arrogant mauvais et soupçonneux. Il mettait au défi quiconque de penser différemment. J'ai su trés jeune qu'il avait tort mais personne autour de moi (et je veux dire pas une seule personne) n'était de mon avis. J'ai appris trés tôt ma première leçon : ne jamais se laisser imposer ses idées par quiconque. Une personne seule peut avoir raison et la société entière peut avoir tort. Et en effet, la société se trompe habituellement.

 

J'avais l'intention de suivre les traces de mon père et de devenir avocat, mais quand je suis allé au lycée  j'ai changé d'avis. J'ai eu un professeur d'anglais, un certain Georges Horneker, qui pensait que j'avais des talents d'écrivain. Plus tard, dans mes premières années étudiantes, j'ai quitté les études de science politique pour la littérature anglaise. J'avais préssenti que ma destinée était de devenir écrivain et jamais je n'ai regretté mon choix ni eu la moindre seconde de doute à ce sujet.

 

J'ai obtenu un "Bachelor of Art" à l'Université de Little Rock (Arkansas) et un "Master of Art" (maîtrise ndt)   à l'université de Fayetteville (Arkansas). Et à force d'application, j'ai intégré un doctorat à l'Université d'Austin (Texas). Mon intention était de devenir enseignant. J'avais étudié l'anglais en tant qu'étudiant à Fayetteville et j'avais adoré apprendre. J'aimais le calme des campus, les étudiantes sexies et le calme des bibliothèques de l'Université. Celà me semblait être un bon plan pour passer mon temps en attendant de vivre de mes écrits. Mais ensuite j'ai encore changé d'avis.

 

J'avais passé toute ma vie exclusivement dans les livres et j'ai réalisé qu'en tant qu'écrivain et en tant que personne j'avais besoin d'expérimenter d'avantage de ce que l'on appelait le monde "réel". J'écrivis au Texas pour leur dire que je ne viendrais pas.

 

Explorer le monde peut être intimidant, spécialement quand vous êtes un type calme et timide comme moi. Fort heureusement, j'ai rencontré un partenaire.

 

Quand j'ai eu 12 ans, la famille Epperson eu de nouveaux voisins, les Thorntons. Billy Bob avait 8 ans. Il portait des lunettes, avait des dents de lapin et ressembalit à s'y méprendre au personnage d'Ernie Douglas dans "My Three sons" (et il est actuellement l'un des trois enfants) . Nous avions beaucoup de choses en commun - nous aimions tous deux le sport, les films d'horreur et les comics - mais une différence d'âge de 4 ans est un vaste gouffre quand vous êtes un enfant et je ne le considérais certainement pas comme mon égal. Quand mes amis et moi avions besoin de quelqu'un pour compléter l'équipe quand on jouait au baskettball ou pour chauffer le banc au football, nous prenions Billy Bob.

 

Nous avions un surnom pour Billy Bob : "Silly Bob" (Bob le stupide, ndt). On lui jouait  souvent des tours. Une fois Shuck Shyrock et moi, on essayait de retrouver un ballon de foot perdu dans les buissons, on est tombés sur un nid de guêpes, on a dû battre en retraite. On était resté en retrait en essayant d'imaginer comment sortir notre ballon de là quand Billy Bob est arrivé. Nous lui avons dit que nous ne pouvions pas sortir notre ballon des buissons car nous étions "trop gros" pour y aller. Billy, toujours désireux de faire partie du groupe des grands, était heureux de pouvoir nous aider. Il s'est engouffré dans les broussailles et, un instant plus tard, en est ressortit en trombe, le ballon dans les bras, hurlant que des guêpes lui grouillaient autour et le piquaient de partout. Chuck et moi en avons bien ri.

 

 Je n'avais pas revu Billy depuis des années après être parti au collège. Quand j'ai eu terminé mon master, je suis revenu à Malverne où j'ai travaillé sur un roman et essayé de m'imaginer ce que je ferai après. Billy et moi avons repris contact.

 

Il ne ressemblait plus du tout à Ernie Douglas. Il avait une barbe, des tatouages et les cheveux longs jusqu'aux épaules. Il chantait et jouait de la batterie dans un groupe de rock tout en faisant des petits boulots pour des usines ou sur des chantiers de construction. Comme moi, Billy avait de grandes ambitions. Il voulait devenir le prochain Elvis Presley.

 

J'étais un fan des Waltons et je m'identifiais à John-Boy, l'ambitieux jeune auteur sudiste. Quand John-Boy a quitté les montagnes de Walton pour aller à New-York chercher renommée et fortune, j'ai  décidé qu'il s'agissait d'un signe et que je devais faire de même. J'ai proposé à Billy de venir avec moi. Le fait que nous n'avions que trés peu d'argent et pas le moindre contact à New-York ne nous a pas pour autant retenu. Nous avons prévenu nous mère et petites amies épleurées qu'il y aurait probablement quelques années avant que nous ne soyons de retour, ensuite nous avons acheté un guide routier et quitté Malvern dans ma buick noire.

 

C'était en juin 1977. L'été de Sam. Nous roulions à travers l'intimidant Holland Tunnel et avons garé la voiture sur l'Avenue of the Americas. Nous avons commencé à marcher. New-York nous terrifiait. Les immeubles semblaient immenses. Des vagues de taxis jaunes se ruiaient ici et là sur la chaussée. La foule des piétons sembait étrangère, rude et trés pressée. La seule personne amicale que nous avons rencontré fut une noire replète qui me dit : "Hé, petit, on sort ?" Flatté, j'ai répondu : "non m'dame, mais merci d'avoir demandé."

 

Nous avons marché et marché, et la nuit a succédé au jour. Un violent orage s'est abbatu sur la cité, nous avons été trempé jusqu'aux os. Nous avons vu des nuages appocalyptiques passer au dessus de l'Empire State Buildig. Nous avons décidé de retourner à la voiture mais nous ne savions plus où nous l'avions laissé. Nous étions perdus. La pluie continuait. Nous avions peur  que le Fils de Sam ne nous prenne. Finalement, avec l'aide d'un sympatique chauffeur de taxi, nous avons retrouvé notre voiture. Nous étions arrivés à New-York à midi, nous l'avons quitté la nuit à 10 heures. Choqués et humiliés, nous avons conduit à tour de rôle jusqu'en Arkansas. Nous avons fait escale dans un hôtel bon marché  à Rehoboth plage, dans le Delaware, pour quelques jours. Douze jours aprés avoir quitté Malverne, nous étions de retour. Billy est allé au Dairy Queen. Il est tombé sur sa copine. Elle fut surprise et dit : "Je pensais que tu étais parti à New-York."

 

Après quelques semaines de récupération, nous avons repris la route. Nous avons pris un bus Greyhound jusqu'à Lakeside, une banlieu de San Diego, pour aller voir l'oncle et la tante de Billy. Nous sommes tombés amoureux de la Californie assitôt que le bus s'est arrêté. Les montagnes, les palmiers, l'océan, tout nous semblait majestueux. L'oncle de Billy travaillait comme garde frontières à Tecate, une ville mexicaine à l'est de Tijuana d'où la venait bière. Un dimanche aprés-midi Billy et moi sommes allés à Tecate avec Billy et Sally et leurs adolescentes de filles. Nous sommes tombés au milieu d'une fiesta. Deux belles jeunes mexicaines nous regardait en souriant. Nous nous sommes présentés. Elles étaient soeurs. Rosa, qui avait 17 ans, connaissait quelques mots d'anglais, Guillermina, 19 ans, n'en parlait pas un mot. Nous sommes instantanément tombés amoureux , Billy de Rosa et moi de Guillermina et avons décidé de retourner à Lakeside. Nous avons pris le bus et traversé le pays jusqu'à Malverne, chargé la buick une fois de plus et  somme partis pour une nouvelle vie en Californie.

 

Les Eagles était notre groupe favori et "Hotel California" passait sans cesse à la radio, nous prenions celà pour un signe que les choses nous seraient favorables. Nous avons trouvé un appartement sur Wintergarten Boulevard. Etrangement, nos deux héros, Presley et Nabokov, moururent pendant les premiers mois de notre séjour là-bas. Nous avons également pris celà pour un signe, pourtant, nous n'étions sûrs de rien.

 

Nous avons traversé les montagnes sinueuses jusqu'à Tecate chaque fois que nous l'avons pu. Nous avons rencontré les familles de Rosa et Guillermina. Elles étaient neuf soeurs toutes belles. Mais Rosa et Guillermina étaient les plus belles. Leur famille était trés pauvre. Ils cherchaient l'eau avec des seaux dans un puis. Les toilettes étaient à l'extérieur de la maison, mais ils ne pouvaient pas être plus chaleureux et amicaux avec nous. J'ai passé dans cette maison quelques unes des meilleures années de ma vie. Billy et moi avons demandé à Rosa et à Guillermina de les épouser et elles ont accepté. 

 

Mais le retour à Lakeside ne fut pas trés joyeux. Le peu de monaie que nous avions ammassé en Arkansas n'a pas duré trés longtemps. Nous n'avons pas eu beaucoup de chance dans nos recherche de travail. Et comme celà ça arrivait souvent quand Billy et moi étions sous pression, nous nous disputions l'un l'autre. Aprés quelques mois, Billy en eut marre. Il a pris un bus pour l'Arkansas. Et ce fut la fin de l'histoire pour lui et Rosa.

 

Je me suis débrouillé pour faire durer les chose un peu plus longtemps. j'ai dégoté un job d'employé de nuit dans une boutique de comodités pour deux dollars de l'heure. Billy et moi, nous nous étions tirés des pattes du Fils de Sam à New-York, mais on parlait de vols et de meurtres d'employés de magazins aux alentours de Lakeside, alors toutes les nuits a Utotem furent de longues et terrifiantes à passer. Les montagnes, le Mexique et Guillermina furent chouettes mais ma situation devint intenable quand je fus viré par Utotem aux alentours de Noël. Alors j'ai conçu un nouveau plan. je devais retourner en Arkansas, aller au collège pour un semestre et obtenir le certificat pour enseigner dans une grande école, trouver un travail et me faire de l'argent, et ensuite revenir au Mexique me marier à Guillermina et la ramener en Arkansas. 

  

L'année suivante me trouva à Augusta, une petite ville au milieu des champs de coton de l'est de l'Arkansas. C'était un lieu triste et solitaire. Avant qu'il fasse frais, les moustiques devenaient si denses autour des lampadaires, la nuit, qu'on aurait qu'il y avait des nuages de fumée. Et ensuite l'hiver est arrivé, et les champs étaient monotones, tristes, morts et sans fin.

 

J'enseignais à une classe de 3ème au Lycée d'Augusta. Nous devions nous marier dans trois semaine, Guillermina et moi, dans une église catholique de Tecate, je comptais ensuite la ramener à Augusta.  Quand je fus convoqué dans le bureau du principal, par un message de mauvais augure via l'intercom.

 

Comme dans les romans ou les films noirs, j'ai passé la porte du bureau et me suis trouvé face à une jolie fille assise modestement en travers du bureau du principal, M. Matlock. Ce dernier m'a expliqué que cette ravissante jeune fille était une étudiante en dernière année et qu'elle était assignée à ma classe comme professeur assistante.

 

 

J'ai  immédiatement été conquis par cette fille et ça a été réciproque. La famille de Guillermina n'avait pas le téléphone, alors j'ai écris une lettre (en partie en Espagnol - chacun d'entre nous ayant étudié le langage de l'autre) lui disant que j'avais réalisé que j'étais trop jeune et trop immature pour me marier (ce qui était presque vrai) et que je ne viendrai pas à Tecate pour la noce. Quelques jours plus tard je reçu un appel en PCV de Guillermina. Rosa était aussi au bout du fil comme traductrice. Guillermina n'était pas certaine d'avoir compris de quoi parlait ma lettre. J'ai recommencé avec le "trop jeune et trop immature" mais Guillermina n'était pas dupe. Finalement, j'admis avoir rencontré quelqu'un d'autre. A partir de ce moment, je pleurais, et Rosa qui traduisais pour nous pleurait aussi, mais Guillermina ne pleurait pas. Elle m'a dit une simple mais bouleversante phrase dans son tout nouvel anglais : "Mais j'ai une robe blanche." Guillermina et Rosa étaient si belles et si gentilles et nous ont donné tellement plus que ce que Billy et moi leur avons apporté. Je me suis souvent demandé ce qu'elles étaient devenues.

 

Du point de vue d'une justice cosmique, les choses s'équilibrent. Deux mois après le début de notre romance, ma professeur assistante, qui était retourné faire du rangement dans son collège, a disparu. Après plusieurs jours frénétiques, je l'ai retrouvé. Elle m'a alors informé qu'elle avait trouvé que nous étions allés trop vite en besogne et que c'était fini entre nous. Ensuite j'ai reçu au autre appel de mauvais augure pour le bureau du principal où M. Matlock m'a appris que le conseil d'administration du lycée avait décidé de ne pas renouveler mon contrat (je n'ai jamais été en veine à Augusta), et ensuite, quelques semaines après, j'appris qu'ils avaient engagés mon assistante pour me remplacer.

 

Je suis partis pour Little Rock. J'ai loué la moitié inférieure d'un duplexe miteux dans un centre ville mal famé, en haut d'une colline, près d'un magazin d'alcools et j'ai commencé à me reconstruire une vie. j'ai écrit quelques articles pour des magazines locaux, j'ai enseigné l'anglais à temps partiel dans des collèges, j'ai été pendant six mois employé comme rédacteur en chef dans un hebdomadaire appelé "The Voice" où j'écrivais des histoires (quand je l'ai quitté pour prendre un autre travail, l'éditeur m'a dit : " Vous avez le pire rédac'chef de toute l'histoire du magazine.")

 

Cependant, j'écrivais. Depuis que j'avais commencé dans mes années de jeunesse, j'avais écris deux romans, une douzaines de nouvelles et une centaine de poèmes. Mais à l'exception de cinq ou six poèmes et d'une nouvelle, aucun n'avait été publié. J'avais consciencieusement envoyé mes écris mais je n'ai rencontré que des tempêtes de refus. J'avais presque trente ans et je gagnais presque assez d'argent pour conserver un toit sur ma tête. Mais ici, en Arkansas, j'étais coincé et je voulais partir à l'aventure, découvrir le monde. Alors, j'ai conçu un nouveau plan.

  

Je voulais partir pour Los Angeles et devenir un scénariste pour Hollywood. Revenir à "l'Attaque des crabes géants", j'avais toujours aimé les films et j'étais certain de pouvoir en écrire. Mais je ne me sentais pas de taille à m'attaquer à celà seul. J'avais besoin d'un partenaire.

  

Billy vivait à nouveau à Malverne. A son retour de Californie, il s'était un instant installé. Il avait rencontré une fille, s'était marié et avait eu un enfant. Une amie de sa mère était la secrétaire du gouverneur de l'Arkansas, à peine plus vieux que moi, Bill Clinton. Des liens furent tissés et Billy fut engagé dans le département autoroutes.

  

Nous nous étions séparés en plutôt mauvais termes à Lakeside et je ne pensais pas lui reparler un jour. Je voulais revenir à Malverne assez souvent pour voir ma mère (mon père était mort quelques années plus tôt, victime de l'obésité, du tabac et de l'alcool). Ma mère et celle de Billy était les meilleures amies. j'allais voir de temps en temps Billy. Nous avons recommencé à trainer ensemble. Aprés un moment, nous avons à nouveau été les meilleurs potes.

  

Il jouait toujours dans une troupe, un groupe du genre ZZ Top nommé Tres Hombres. Mais en termes carrière, il n'avais pas eu plus de succès en tant que musicien que moi en tant qu'écrivain. Billy avait un réel charisme en tant qu'artiste de scène et il avait suivi quelques cours d'art dramatique au lycée. Son mariage avait capoté, ce qui signifiait qu'il était libre pour voyager à nouveau. Aussi j'essayai de le convaincre de venir en Californie avec moi et de devenir un acteur (Je ne me le rapelle pas, mais Billy m'a dit qu'une partie de ma campagne de persuasion consistait à dire qu'il ressemblait à John Travolta).

  

A part pour sa musique, Billy n'avait produit aucun écrit, mais il vait un réel talent avec les mots. Il lui arrivait toujours des aventures étranges et il racontait des histoires drôles à leur sujet dans lesquelles il faisait les voix des différents personnages. Lui aussi était un fan de films, aussi avons nous décidé d'écrire un scénario tous les deux. Je suis allé dans une bibliothèque et j'ai trouvé un guide "comment réaliser un scénario" avec le script de l'Exorciste. En été 1981 nous avons rédigé un scénario intitulé "Run for the Hills" au sujet d'un quater back, star de son lycée, qui rencontre des difficultés avec la loi et qui doit prendre la fuite (c'était un trés mauvais script avec des passages trés bien écrits, et quise sont par la suite révélés être des échantillons trés utiles). Ensuite nous avons réalisé des plans pour revenir sur la côte ouest.

 

J'enseignais l'anglais à l'Université de Little Rock (Arkansas), aussi avons nous du attendre jusqu'à la fin du semestre. Nous avions l'habitude de monter sur le toît de la maison de Billy avec un pack de six bières et nous regardions les nuages blancs passer dans le ciel bleu, buvions et rêvions à toutes les choses merveilleuses qui nous attendaient en Californie. Nous étions absolument certains que nous aurions un grand succès, que nous taillerions Holliwood en pièce. Nous étions certains que tout celà arriverait à Noël.

 

Le semestre a pris fin. Billy a quitté son travail au département autoroutes. Aprés l'habituel adieu à nos mères, nous avons quitté Malverne par un vendredi matin pluvieux du début juin. Nous avions un lecteur de cassettes et nous avons mis une cassette des Beach Boys. C'est ainsi que "Californication" passait quand nous avons quitté la ville, les essuis glace battaient de gauche à droite.

 

J'avais échangé ma Buick noire contre une Mustang bleu-ciel. Nous avons fait halte dans une station service et acheté un guide routier. Nous avions 500 $ à nous deux. Quand nous avons atteint L.A., après trois jours de voyage, nous n'avions plus que 400 $.

 

Los Angeles était gigantesque. Nous ne connaissions personne. Selon les tarifs de l'Arkansas, nous avions largement assez d'argent pour nous trouver un appartement. C'était faux. Nous étions arrivés au beau milieu d'une vague de chaleur torride. Et en effet, ce mois de juin s'est avéré être l'été le plus chaud de l'histoire de Los Angeles. Nous roulions dans ma voiture à l'air non conditionné, suant dans nos vêtement et cherchant un travail qui n'existait pas. Nous sommes allés d'hôtel bon marché en hôtel meilleur marché et on devenait incroyablement désespérés en regardant notre argent disparaître. Dix jours aprés être arrivés, nous n'avions plus que vingt dollars. Pas assez pour un nouvelle nuit au motel de Winchester, à côté de l'aéroport, où nous logions. Nous avons fait nos bagages et sommes partis.

 

Nous avons roulés vers l'océan. Nous sommes allés sur la jeté de Santa Monica, nous nous sommes assis sur un banc et avons essayé d'imaginer ce que nous allions faire. Nous n'avions plus assez d'argent pour rentrer chez nous. Nous pouvions toujours appeler nos mères (en pcv) et leur demander de nous envoyer un peu d'argent, mais cette pensée nous horrifiait. Ce serait New-York tout le temps à nouveau. Partir en fanfare pour faire fortune à la grande ville, et revenir quelques semaines plus tard à la maison, la queue entre les jambes. Le soleil commençait à descendre sur la baie de Santa Monica ...

 

Manifestement, nous avons trouvé un moyen de rester à Los Angeles. J'aurai pu écrire un livre sur ce qui nous était arrivé ces dix dernières années, mais quelques phrases auraient suffit pour le moment. En termes visuels, je vois cette période comme une période sombre, avec de violents nuages et des flash d'une occasionnelle belle lumière dorée. C'était une époque de frustration, de conflits, de faim, de bitures et de fêtes, de coeurs brisés et de panne sêche, de maladies mortelles, de morts dans la famille, d'espoirs conçus et aussitôt déçus.

 

Billy et moi avons écrit un script en 1987 appelé "Color me Bad" renommé plus tard "One false move". RCA Collombia, une compagnie de vidéo, a investi de l'argent pour le tourner, et le film a été réalisé en 1992. On a fait tout un fla et une campagne personnelle pour voir le film diffusé dans les cinémas. Il a eu une critique dithyrambique en Mai. Billy et moi étions soudainement devenus une équipe d'écrivains célèbres, et la carrière d'acteur de Billy a commencé à devenir florissante. Dans son show de fin d'année, Ebert a même désigné "One false Move" comme le second meilleur film de l'année car Siskel était le numéro un. Billy et moi devions une fière chandelle au rédacteur de cette critique.

 

Quatre autres projets de Billy et moi ont vu le jour depuis, je ne vous parlerai que de deux d'entre eux (les scripts des deux autres interompu en cours de production). A Family Thing avec Robert Duvall et James Earl Jones comme frères malchanceux sorti en 1996. The Gift, avec Cate Blachette en tant que figure emblématique de la petite ville du sud (à l'image de la mère de Billy) sorti en 2000 avec Keanu Reeves, Greg Kinnear et Sam Raimi comme directeurs.

 

En même temps que "Family Thing", un autre de mes films sorti en 1996. "A Gun, a car, a blonde" fut co-écrit par moi et la fille qui m'avait prêté de l'argent, Stéphanie Ames. Stéphanie dirigeait et j'étais le producteur. Jim Metzler jouait une victime du cancer amère qui s'évadait de sa souffrance dans un monde imaginaire de films noirs en noir et blanc où il accomplissait sa rédemption spirituemme. Billy et le tardif (et merveilleux tant comme acteur qu'en tant qu'être humain) John Ritter y jouait.

 

 

Aussi en 1996, je retournais à ma marotte littéraire et commençais la rédaction d'un roman. Villa Lucretia est l'histoire d'un jeune prêcheur baptiste originaire d'Arkansas qui, suite à une violente dépression, décide de partir à Los Angeles pour devenir acteur. Il loue un appartement à Villa Lucretia, un vieil et lugubre appartement d'hollywood que l'on disait hanté. J'ai travaillé sur ce livre tout en écrivant des scripts pour des films pour les six prochaines années. Quand mon agent l'nvoya à l'éditeur, je fus reçu par une véritable tempête d'e.mail de refus.

 

Je passais une paire d'années supplémenntaire à écrire un autre roman qui fut reçu plus chaleureusement. The Kind One (L.A Noir ndt) se déroule à Los Angeles en 1934. Son personnage central est un jeune homme nommé Danny London qui travaille pour un gangster nommé Bud Seitz, appellé le Kind One (le gentil, ndt)  car il ne l'était pas. Il a été publié en 2008. (Je suis content, quand j'avais dix-huit ans je ne savais pas que ça me prendrai trente huit ans pour avoir mon premer livre publié. Je pense que j'aurai trouvé celà quelque peu décourageant.)

 

Mon film favori est Shane et j'ai écrit un livre qui s'inspire de lui qui devrait sortir en janvier 2012. Sailor est l'histoire d'une jeune femme et de son fils qui fuient à travers l'Amérique avec six tueur brutaux à leur trousse. Dans une ville balnéaire de Californie, ils rencontrent un jeune homme de bonne famille, Gray. Gray fuit aussi ... son passé. et, bien ... vous saissez le tableau.

 

Question film, Billy et moi avons fait équipe encore aprés un long hiatus et écrit un script appelé Jayne Mansfield's car. Il se déroule dans une petite ville d'Alabama en 1969. Billy y jouera avec Robert Duvall, Kevin Bacon et John Hurt. Le tournage commencera en Georgie la semaine prochaine.

 

Il y a quelques semaines, j'ai eu soixante ans. Je passe maintenant la moitié de ma vie à Los Angeles. Je vis dans un agréable voisinage de maisons de style "leave it to beaver" avec ma Stefany, la fille-qui-m'a-prêté-de-l'argent-et-qui-est-maintenant-ma-femme, trois adorables chats domestiques, Sunny, Trubble et Sheera, et Bodhi, un chien éxubérant. je suis joyeusement en train de travailler à un autre roman. Je suis content maintenant, je n'avais pas plus de succès en tant que jeune auteur, autrement il ne me serait jamais arrivé d'écrire pour des films, de venir en Californie, et je n'aurai pas eu les amis, les chat, le chien, la femme, la vie que j'ai aujourd'hui. Je suis choqué, en colère et consterné par ce que je vois tous les jours autour de moi dans le monde, et je promets de faire ce queje peux pour réveiller les autres sur le fait que l'avidité, l'ignorance bornée, la guerre, les dégâts environementaux font du quotidien de l'existence sur cette planète une chose incertaine. Bon c'est tout pour le moment pour l'histoire d'Epperson. A suivre, comme on dit, espérons (si moi et la planète tenons le coup) pour quelques dizaines d'années à venir.

 

15 juin 2011 

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Published by Petrus002 - dans Auteurs
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  • : Considérations Intempestives
  • Considérations Intempestives
  • : En 1873, le philosophe allemand Friedrich Nietzsche publiait ses "considération intempestives " en réaction aux dérive de son époque : fièvre identitaire, dérive nationaliste, Enquistement dans la pensée unique. Aujourd'hui, la philosophie, à son tour, s'est peu à peu laissée gagnée par le mal du temps (Il n'y a qu'à lire quelques lignes de Ferry, Finkielkraut et consorts pour s'en convaincre). Seul le roman noir et quelques irréductible philosophes continuent à brandire le pavillon de la critique ... Ce sont eux que je désire vous faire connaître.
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