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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 18:48

Dexter Pete - Cotton Point - Point - 3 février 2011 - Poche, 413 pages - ISBN :  978-2-7578-2194-7

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   La ville de Cotton Point, Georgie, est une petite bourgade de six mille âmes en cette année de 1954. Comme beaucoup de villes de cette taille, on trouve des quartiers de notables comme Sleepy Heights ou Draft Street, et des coins moins recommandables comme Damp Bottoms ou Indian Heights habités essentiellement par des nègres. 

 

  A Cotton Point, le seul à prêter de l'argent aux noir est Paris Trout. Blanc, âgé de 59 ans, il fait office de banquier dans son arrière boutique. Il prête souvent de petites sommes, parfois des sommes plus conséquantes à qui le lui demande, sans distinction ... mais à des conditions prohibitives. Mais bon il est le seul à prêter aux nègres alors il peut dicter ses règles ... et ces règles sont impitoyables. En affaire comme en couple, Paris Trout est impitoyable. Marié à  Hanna, ex enseignante, encore séduisante malgré son âge, Paris Trout la traite pire que mal mais elle refuse de le quitter ... sans doute par crainte de son mari ou à cause de l'argent qu'elle lui a prêté lors de leur mariage et qu'il refuse de lui rendre.

 

   Pour récupérer une créance, Paris Trout et son accolyte Buster Devonne, un ancien flic de Cotton Point radié de la police pour avoir un peu trop tabassé les suspects - surtout les noirs, se rendent dans dans la famille des Mc Nutt, une famille de noirs d'Indian Heights. Mais là les choses ne se sont pas passées comme prévu. Le créditeur, un noir du nom de Thomas Ray, a refusé de signer les papiers, les événements se sont enchaînés et pas en bien ... et bientôt la poudre a parlée. La petite Rosy Sayers, une gamine de 14 ans venue chercher refuge chez les Mc Nutt aprés avoir été mordue par un renard est blessée mortellement et Mary Mc Nutt est elle aussi blessée de plusieurs balles de revolver ... mais elle survivra.

 

   Pour Paris Trout, accusé d'avoir fait le coup de feu avec son complice, cette affaire n'a pas lieu d'être. Persuadé d'avoir appliqué les règles, il ne voit pas ce qu'on lui reproche. Son avocat, Maître Seagraves, est conscient que cette affaire risque fort de se révéler ardue, vu la personnalité de son client : "Sûrement, Paris Trout refuserait d’admettre que c’était mal d’avoir tiré sur une femme et une enfant. Il y avait longtemps, il avait passé un contrat avec lui-même qui ignorait la loi, et étant la seule partie intéressée, il s’y tenait. Il avait des principes, littéralement. Sa notion du bien et du mal était absolument personnelle.”

 

   Lors de son procès, Hanna, sa femme refuse de se rendre au tribunal. Violentée sexuellement par son mari, obligée d'avaler de la nourriture avariée, elle ne supporte plus les délirs de son mari. Il faut dire que ce dernier, devenu paranoïac, s'est retranché dans sa chambre qu'il a transformé en place forte. Excédée, Hanna finit par lui demander de quitter le domicile conjugal ... et Paris s'en va vivre à l'hôtel où il terrifie tout le monde, le personnel comme les clients. Libérée de la menace de son mari, Hanna tente d'avertire Seagraves de la menace que constitue son mari : "Mon mari est une aberration. Quelque effort qu’on fasse pour lui donner une apparence, on ne change pas la perversion elle-même, on nous demande seulement de la partager. Je me refuse d’être partie prenante dans le meurtre d’une enfant."

 

   Malgré ou à cause du témoignage - acheté - de son complice, Paris écope d'une peine de prison au pénientier de plainsboro. Mais il parvient à acheter le juge et le directeur du pénitentier et est libéré le jour même de son arrivée.

 

  Constitué d'une série de scénettes qui gravitent autour de la mort de Rosy Sayers, l'intrigue développe les différents point de vue que suscitent cette affaire et les remous qu'elle cause dans la bonne société de Cotton Point. A travers ces différentes scénettes Pete Dexter nous dépeint avec une incroyable précision les moeurs et les coutumes de cette société bien pensante, empétrée dans ses préjugés sociaux et ethniques. Mais plus que la peinture de la "bonne" société américaine de l'époque, ce qui fait de Cotton Point une oeuvre unique reste la personnalité de son personnage principal : Paris Trout. Monstre de cynisme et d'égoïsme consummé, Paris Trout applique des règles dont il est le seul auteur et qui - par conséquent - sont à son seul aventage. Dénué de tout sentiment, il traite toutes ses affaires comme des affaires commerciales. Complètement paranoïac, il se promène toujours armé, en privé comme en public ou face à la police. “Il a prouvé jusqu’où il était capable d’aller. Les gens ordinaires peuvent envisager ces choses-là dans l’abstrait, mais il ne faut pas confondre les mauvaises intentions et l’état de folie. Nous roulons tous sur la même route, mais Paris Trout n’a pas de freins" dira Maître Seagraves à son confrère pour le mettre en garde. ... Et malgré tout, la population de Cotton Point continue de le cotoyer et de le considérer avec respect !! 

 

 

  Bref, dire que Cotton Point est une oeuvre exceptionnelle est encore peu dire ! C'est un véritable chef d'oeuvre qui nous plonge dans ce que la société américaine des années 50 - mais est-ce seulment celle-ci ? - avait de plus sombre et de plus terrible.

 

A lire absolument !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 11:20

 

Simmons Dan - Drood - Robert Laffon - 25 Août 2011 - Broché, 876 pages - ISBN : 978-2-221-11400-1

 

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 Habitué de longue date à côtoyer le paranormal à travers les oeuvres fantastiques de Dan Simmons (Hypérion, L'Echiquier du Mal, ...), je croyais connaître suffisamment le style et les ruses du Maître pour ne plus me laisser surprendre par son indéniable talent ... Et pourtant ce nouvel opus de Dan Simmons m'a littéralement tenu en halène tout au long de ses 800 pages !

"Drood" se présente comme les confessions posthumes - pour ainsi dire le testament - de Wilkie Collins, ami et proche collaborateur de Richard Dickens , rien de moins ... Et cette confession nous est, pour ainsi dire, directement adressée, à nous lecteurs du XXIème siècle. Nous voici donc en présence d'un récit, d'un témoignage, venu du fonds des âges, de cette Angleterre victorienne forte d'un empire où dit-on le soleil ne se couche jamais mais dont les rumeurs plus ou moins fondées de soulèvement autochtones, de sectes barabares, ne cessent de hanter la métropole elle-même soucieuse de contenir sa population au bord de l'asphyxie tant les miasmes de ses bas-fonds remontent jusqu'aux narine de la haute société londonienne ... Et ce témoignage nous vient d'un proche d'un des plus grands auteurs que l'empire britanique ait engendré, du confident de l'auteur de Oliver Twist, de La Maison d'Apres-vents, des Cahiers de Pickwick, ... Il prétend faire la lumière sur les dernières années de la vie de Dickens, celles, justement, baignées d'une aura de mystère, au cours desquelles l'Inimitable - ainsi que l'appelait avec une admiration empreinte d'un rien de jalousie  son ami Wilkie Collins - nous laissa un chef d'oeuvre à jamais inachevé : "Le mystère d'Edwin Drood".

L'ambiance est posée : lourde, pesante, presque palpable. Nous voilà pris à partie par l'auteur de ses révélations ... Lecteur, tu t'engage dans cette oeuvre à tes risques et périls ! Ame sensible, passe ton chemin !

Et dès les premières lignes, le Maître nous a possédé ... Il a réussi a disparaître. Les pages que nous lisons - que nous nous apprêtons à lire - ne sont plus de la main de Dan Simmons mais de Wilkie Collins, écrivain et dramaturge britanique aujourd'hui tombé dans l'oubli et dont l'unique mérite fut d'avoir côtoyer Richard Dickens les 5 dernières années de sa vie ... et de les avoir relatées à l'intention de lecteurs d'un futur lointain, nous.

Mais voilà, une oeuvre de Dan Simmons ne serait pas du Maître si un "je ne sais quoi" d'obscur, de paranormal et de foncièrement inquiétant ne venait s'en mêler ... Et ce "je ne sais quoi" porte ici un nom : Drood.

"Drood", tout le monde sais qui il est - le Mal en personne : plusieurs centaines de meurtres lui serait officiellement imputé aux dires de Scottland Yard et de la police métropolitaine, il serait doué d'importants pouvoirs occultes hérités d'anciennes religions payennes aux cultes terrifiants chuchotte-t-on dans les milieux les mieux informés - mais rares sont ceux qui l'ont vu ... plus rares encore sont ceux qui ont eu la chance d'en revenir vivant pour en parler ... Et justement Dickens fut de ceux-là ! Au cours d'un terrible accident ferroviaire qui failli le tuer - lui et sa maîtresse, l'actrice Hellen Ternam - Drood l'aurait approché et l'aurait contraint à passer un étrange marché : en échange de la vie sauve, l'auteur s'engagerait à mettre sa plume et son talent à son service. Etrange que ce contrat scellant une alliance entre le Génie et le Mal ... Alliance contre nature s'il en est, contre la nature même du talent de Dickens dont les fresques du "ventre de Londres" avec ses odeurs de cadavres et ses enfants jouant dans les immondices sont autant de plaidoyers pour une réforme de la société.

Aussi l'Inimitable va-t-il tout mettre en oeuvre pour échapper à l'emprise de Drood. Drogues, Mesmérisme, fuite aux Amériques, tous les moyens seront bons pour tenter de duper Drood ... jusqu'à rejeter la malédiction sur son fidèle ami Wilkie, faisant de sa vie un véritable Enfer, ruinant son talent et sa vie sociale. 

Mais comment duper le Mal en personne ? Comment échapper à son destin quand l'on a, tel Faust, conclu un pacte avec le Diable ? Autant de questions qui, telles un ver dans un fruit, ne cesseront de tarauder Dickens et son ami Wilkie jusqu'au dénouement ultime ... et pour le moins inattendu.

 

Faisant une fois de plus preuve de son incroyable talent, Dan Simmons nous offre là une oeuvre magistrale. Mariant avec subtilité une connaissance profonde de la vie et de l'oeuvre de Dickens et un parfaite maîtrise des ficelle du suspens, sinon de la terreur, "Drood" est à la fois une incoyable mine de renseignements sur la vie, l'oeuvre et l'univers de Dickens mais aussi sur les procédés d'écriture de Dickens - et, peut-être, de Dan Simmons lui-même - et la lente gestation qui fait d'une idée, d'une intuition, une oeuvre.

 

Bref, "Drood" est une oeuvre riche et envoutante, à lire sans aucune modération !!

 

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 09:59

Block Laurence .- Le blues du libraire: une enquête de Bernie Rhodenbarr .- Le Seuil, juin 2004. ISBN 978-2-02-034713-6

 

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Bernie Rodenbarr, ex cambrioleur, espérait couler des jours heureux dans sa petite librairie du quartier de Manhattan. Retiré de la cambriole, pour ainsi dire seuvré, désintoxiqué de la monte en l'air, il n'aspirait qu'à passer ses vieux jours entourés de ses romans préférés - des polars, bien entendu -, à bavarder avec sa Caroline Kayser, sa grande amie laveuse de loulous des derniers potains mondains et des derniers polars édités.

   Mais voilà, lorsqu'on est (ou que l'on a été) un as de la cambriole, il ne suffit pas de décréter que l'on est retiré des affaires pour que ces dernières vous oublient aussitôt. De plus, lorsque votre propriétaire vient vous annoncer - aprés vous avoir excroquer plusieurs de vos  précieuses éditions de la romancières Sue Graffton pour une somme dérisiore - une hausse aussi soudaine que fulgurante des loyers, il y a de quoi avoir des démangeaisons dans les doigts. Mais quand votre voisine vient vous annoncer - innocemment, bien entendu - que vos richissimes voisins sont partis en Europe pour plusieurs semaines, il faudrait être un surhomme pour ne pas céder à la tentation et reprendre les anciennes habitudes ... une rechute est si vite arrivée !

   Mais voilà, ce qui devait n'être qu'une rapide visite de routine des appartements des dits voisins tourne vite à la mauvaise blague quand Rhodenbarr découvre, caché dans la salle de bain ... le cadavre nu d'un inconnu. Et lorsqu'à son retour le sergent Ray Kirchmann vient lui reprocher d'avoir dérober la précieuse collection de cartes de Baseball de son propriétaire et l'invite pour la nuit dans une cellule du comissariat, les choses commencent sérieusement à tourner au vinaigre ... surtout qu'autour de lui tout le monde est convaincu qu'il a mis la main sur ces précieuses cartes, et plus il s'en défend moins on le croit !

   Acculé de reproches aussi nombreux qu'injustes, pressé de se défendre, Bernie n'aura d'autres choix que de se muer en détective et - tel Hercule Poirot et ses "petites cellules grises" - démêler le sac de noeuds dans lequel il s'est fourré et faire la lumière sur cette bien étrange affaire.

 

   Avec cette nouvelle enquête de Bernie Rhodenbarr, Lawrence Block nous offre ici une petite merveille de roman. A la fois roman de cambriole et roman d'enquête, Le Blues du libraire joue trés habilement avec les codes et les attendus des deux genres qu'il emprunte. Servi par une écriture enjouée, pleine d'humour et de bons mots, l'intrigue, pourtant complexe, se déploie d'elle-même emmenant le lecteur - bon gré mal gré - dans les méandres des pistes explorées par son héro jusqu'à un dénouement digne d'Agatha Christie où le fin mot de l'histoire - à ne pas confondre avec le mot de la fin - sera délivré devant l'ensemble des protagonistes médusés et l'auteur des méfaits confondu.

 


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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 18:00

Oppel Jean-Hugues - Chaton : Trilogie - Rivages/Noir - Paris 2002 - ISBN : 2-7436-0881-1

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   "Chaton" : un nom plein de promesses, celle d'une douceur trompeuse, comme une patte de velours ... mais garnie de griffes redoutables.

   Ca, c'est ce à quoi je m'attendais à la lecture de ce titre aguichant et à la vue de la couverture toute aussi aguichante (un splendide félin à la robe délicieusement tigrée et au regard plein de malice).

   Il est vrai que la lecture avait commencé : une affaire de meurtre multiples dans un pavillon abandonné d'un charmant petit village de la banlieu parisienne. 10 morts, touts des traficants de drogues "bien connu des services de polices"  - selon la formule habituelle, tous assassinés par une seule et même personne.

   Sur l'affaire, l'inspectrice Véra Valencia et son équipe de choc, une charmante commissaire de police, blonde, sculpturale (c'est du moins l'idée que je m'en faisais, le côté sculptural, s'entend), doté d'un flair digne des meilleurs chiens de chasse (dont elle possède un exemplaire, d'ailleurs), d'un mari professeur de mathématiques dans un collège de la banlieu parisienne et de deux charmants adolescents rebels et boutonneux (ça, c'est encore mois qui ajoute). Bref, quelque chose à mi-chemin entre Julie Lescaux et Eloïse Rome.

   Face à elle, "Chaton" (c'est un nom de code, bisen sûr, parmi tant d'autres pseudonymes et alias dont il est affublé) : un tueur redoutable, dénué de tout scrupules et fichtrement résolu. Nanti de considérables moyens matériels et financiers, expert en économie et en spéculations boursières (entre autres choses) et animée par une insatiable soif de vengeance qui le pousse à semer des cadavres (ou morceaux de cadavres) un peu partout ... comme autant de petit caillous.

   Tous les ingédients étaient réunis pour donner naissance à un pationnant thriller politico-criminel, le tout servi par une écriture légère, enlevée, aérienne et pleine d'humour, alternant (comme dans les meilleurs films hollywoodiens) moments de suspens haletant et épisode de profonde réflexion et de minutieuses investigations.

   Mais voilà, au fil des pages l'intrigue devenait plus filandreuses, plus lâche comme du beurre étalé sur une tartine trop grande : des indices minutieusement mis en place étaient abandonnés ou trop peu exploités ... et le lecteur (moi, en l'occurence) restait sur sa fin. Alors que l'on s'attendait à une affaire complexe, intense, mêlant intrigues politico-fiancières au plus haut niveau et mobiles (trés) personnels, l'on ne retrouve que trop peu de la première et pas assez de la seconde.

   Au bilan : "Chaton" aurait-il accouché d'une taupinière au lieu d'une montagne ? Aurait-on été trompé sur la marchandise ? ... Ou peut-être est-ce moi qui suis trop sévère, trop injuste ? Peut-être ma décesption était-elle motivée par l'espoir de découvrir (enfin) un grand thriller policier digne du meilleur des Grangé ? Car, "Chaton" reste malgré tout un bon roman (à défaut d'être un trés bon thriller) bien écrit et qui à défaut peut vous faire passer un agréable moment de lecture.

 

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 18:30

 

  Brami Emile - Céline à rebours, biographie - Archipoche éditions - Paris, janvier 2011 - ISBN : 978-2-35287-190-3

 

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   Etudiant, j'avais découvert Céline à travers Voyage au bout de la nuit. Je cherchais une oeuvre différente, licencieuse pour nourrire ma propre révolte intérieure. J'avais alors découvert une écriture puissante, sans concession, impitoyable, portant sur la société et ses semblables un regard dur, parfois désabusé ou emprunt d'une certaine forme de cynnisme. Un regard plein de révolte et de colère ... mais jamais de haine ! Le tout servi par un style unique, âpre, parfois décousu mais toujours emprunt d'une veine lyrique, proche du jazz, qui en fait toute l'originalité. 


   Plus qu'une découverte, ce fut pour moi une véritable expérience, un choc !


   Plus tard, j'ai voulu poursuivre l'expérience avec Mort à crédit. Je connaissais déjà la réputation sulfureuse du personnage et, sans doute, celà a-t-il en partie contribué au plaisir de sa découverte. Là encore, ce fut une révélation. Le style déjà rude, parfois rétif à la lecture de Voyage au bout de la nuit, prolongeait sa déconstruction, devenait toujours rugueux, plus mélodique encore, empruntant ses accents rythmiques au jazz découvert aux Amériques après la première guerre mondiale, le discours devenait encore plus intransigeant, plus acéré, tranchant comme le bistouri du chirurgien, mettant à vif la noirceur de la société, la laideur de ses semblables.


   Puis les années ont passées, je me suis assagit et mes lectures également ... jusqu'à ce que je tombe, au hasard d'une flanerie en librairie, sur l'ouvrage de Emile Brami, Céline à rebours. Une occasion pour moi de découvrir l'homme derrière l'oeuvre.

  

   Une précision, Céline à rebours n'est pas une biographie ou, du moins, pas une biographie ordinaire, simple narration de la vie d'une personne, d'un auteur, de la naissance à la mort, la plus fidèle possible, parfois romancée, embellie ou idélisée. De celà, l'auteur s'en garde bien, lui qui décrit son ouvrage d'avantage comme une prmenade à travers Céline. Une promenade? J'y verrai quant à moi d'avantage une tentative d'explication avec Céline, une catharsis peut-être, comme un moyen de se sortir du dilem d'attraction et de répulsion propre à tout ce qui justement terrible. Car Emile Brami ne fait aucune concession à Céline, ou à Louis Destouches du vrai nom de l'auteur. Pas de tentative pour dédouaner le personnage odieux, souvent grotesque ou misérabiliste, par son oeuvre fut-elle géniale ("c'est un romancier, tout ce qu'il a pu dire ou écrire n'est que fiction." ) ou par son génie ("Il faut l'excuser car c'est un géni et, comme tel, on ne peut le juger.")

 

   Pour autant, cet ouvrage s'avère une vraie mine de renseignement sur la vie de l'auteur Céline comme sur celle du docteur Destouches. Car Emile Brami s'attache avec une minutie qui parfois confine à l'obsession à dénouer un à un les fils de la légende, plus ou moins volontairement contruite, qui a entouré la vie et l'oeuvre de l'auteur et du médecin que furent Louis Ferdinand Céline et Louis Destouches. A travers les oeuvres de Céline, sa correspondance - et elle est volumineuse - ainsi que les témoignages - nombreux - des ses proches (ou des personnes qui l'ont approché et connu), Emile Brami trace le portrait de deux personnes différentes et portant identiques :  coté Jekyll, le bon docteur Destouches soignant presque bénévolement les déshérités de la petite banlieu de Meudo; côté Hyde, l'écrivain terrible, le troublion demi-mondain de la saociété litéraire française, misanthrope, raciste, séducteur et misogyne invétéré ... Sans parler de Bardamu, le héros du Voyage au bout de la nuit que Céline décrit comme en partie biographique mais qui pourtant s'en éloigne par bien des aspects.

 

   Cependant, cet ouvrage pêche par son excès de documentation. En se voulant approcher au plus prêt de la vérité, par soucis d'objectivité, l'auteur accumule les traces, les récits et les témoignages sur la vie de Céline tant et si bien que, souvent, le lecteur se perd dans le labyrinthe des nombreuses citations. L'on ne sait plus trop bien qui s'exprime de l'auteur ou des nombreuses personnes invoquées ou citées par ce dernier ... parfois à décharge de Céline mais le plus souvent à décharge, pour souligner l'un ou l'autre des nombreux défauts de la cuirasse du personnage sulfureux qu'était Louis Ferdinand Céline.

 

   Au final, donc Céline à rebours constitue une excellente source d'information pour qui voudrait connaître la vie de Louis Ferdinand Céline, faire la lumière sur les nombreuses facettes de la personnalité de cet auteur tour à tour adulé par la société française de l'entre-guerre aprés la publication de Voyage au bout de la nuit, puis abhorré à la libération au point de le forcer à l'exil au Danemark pour son comportement plus que suspect sous l'occupation allemande. Mais pour qui attendrait un jugement ou une prise de position définitive sur Louis Ferdinand Céline, il ya fort à parier que ce dernier resterait sur sa faim : point de verdict, condamnation ou absolution de l'auteur et du médecin.


   Emile Brami aurait-il échoué dans sa tentative d'explicitation avec Louis Ferdiand Céline - Louis Destouches ? Aurait-il été, à son tour, subjugué par la puissance du personnage ? Ce n'est pas à moi de trancher. Toujours est-il qu'au terme de cet ouvrage, je me suis retrouvé à la fois beaucoup plus documenté et renseigné sur le cas Céline mais toujours aussi désemparé quant à un éventuel jugement sur le personnage ... Mais n'est-ce pas ainsi que Céline est grand ?

 

 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 01:13

Westlake Donald - Comment voler une banque ?  -   Rivages/ Noirs- Juin 2011. - ISBN : 978-2-7436-2243-5

 

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Désœuvré, réduit à devoir vivre de vulgaires petites arnaques, John Dortmunder se voit proposer un coup comme on n’en rencontre très rarement dans une vie de cambrioleur. Il s’agit de voler une banque. Certes, voler une banque, a priori, cela n’a rien d’extraordinaire. Mais lorsqu’il s’agit de voler non seulement le contenu du coffre mais aussi le bâtiment tout entier, alors seul Dortmunder peut monter un tel coup.

Il faut dire que la dite banque a eu la bonne idée de transférer son agence dont le bâtiment principal est en travaux, dans un mobile home. Et un mobile home ça roule, ça se déplace, … bref ça ce vole.

Mais de la théorie à la pratique, il y a un gouffre composé de mille petits écueils qui peuvent faire capoter même le plan le mieux ficelé et envoyer notre joyeuse petite bande derrière les barreaux pour un petit bout de temps. D’autant plus que vu la situation peu ordinaire de la dite banque, les forces de police ont mis en place un dispositif renforcé et veillent au grain afin justement de dissuader ou d’empêcher toute velléité de voler la banque (avec ou sans métonymie). Et même si nos compères parvenaient à  dérober le mobile home au nez et à la barbe des forces de l’ordre, comment passer inaperçu avec mobile home annonçant à tous qu’il est une banque ? Et où cacher leur prise une fois leur larcin réussi ? New Jersey est une île et tôt ou tard, la police les aura retrouvés.

Autant d’obstacles que nos compères devront surmonter s’ils veulent pouvoir repartir libres et les poches pleines.

Aux personnages habituels de l’équipe de Dortmunder, s’adjoint pour ce coup un nouveau venu : Victor, le cousin de Kelb, dont l’imagination fertile est stimulée par la prose féconde de comics. Ses conseils et son expertise d’ancien agent du FBI ne seront pas de trop dans cette affaire qui s’annonce de jour en jours toujours plus ardue.

« Comment voler une banque », épisode mythique des aventures de John Dortmunder. Donald Westlake nous y livre au fil de ces 300 pages un concentré de son meilleur cru : des situations plus inattendues les unes que les autres (déjà, l’idée de voler la banque tout entière, avec meubles et occupants donne un avant goût de la tonalité du reste), des personnages hauts en couleurs (il n’est désormais plus utiles de les présenter), des rebondissements aussi nombreux que cocasses … sans parler de l’humour pince sans rire et des accès de mauvaise foie de Dortmunder.

Au final, sans doute l’un des meilleurs du cycle des aventures de Dortmunder enfin réédité dans une traduction révisée et complétée !! Si vous ne deviez lire qu’un seul ouvrage de Westlake, cela serait « Comment voler une banque » !

 

 

 

 

 

 

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 14:16

Westlake Donald .- Au pire, Qu'est-ce qu'on risque ? .-  Rivages/Noir 2001 .- ISBN : 436-1198-7/ ISSN : 0764-7786

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   Il est déjà humiliant pour un voleur de se faire prendre en flagrant délit par le propriétaire des lieux, mais que dire lorsque ce dernier, non content de livrer le voleur à la police, profite de la faiblesse de son prisonnier pour lui sous-tirer un bijou de famille.

   C'est pourtant ce qui arriva à John Dortmunder lorsque, sur les conseils de son comparse et ami Gus Brock, il décida de dévaliser l'une des nombreuses résidences secondaires du "rischissime-mais-néanmoins-en-faillite" magnia de la presse Max Fairbanks. Surpris en flagrant délit de cambriolage, menacé d'une arme par le priopriétaire des lieux, il est livré à la police comme une dinde sur un plateau à Thanksgiving. Mais surtout, comble de l'humiliation, sommum de cruauté, ce dernier a le culot de lui voler sa bague, la bague porte bonheur de la famille de sa femme May. Là c'en est trop !

   Aprés s'être débarrassé de l'encombrante compagnie de la police (à l'aide de la fermeture éclair de sa braguette !), il décide de rassembler ses troupes et de planifier sa vengeance - et en gourmet délicat, Dortmunder la mange froide. Une par une, les unes aprés les autres, toutes les résidences de Fairbanks vont être consciencieusement visitées, évaluées et dépouillées par la petite troupe de Dortmunder dans l'espoir de mettre la main sur la fameuse bague porte-bonheur ... laquelle pourtant n'est ni d'or ni de diamants.

  De la petite ville de Carrport à Las Végas en passant par New-York, cette nouvelle aventure de John Dortmunder nous entraîne dans une folle course pousuite - une course au(x) trésor(s) - entre notre gentleman cambrioleur et le milliardaire Max Fairbanks.

  Dans ce nouvel opus des aventures de John Dortmunder, Donald Westlake nous livre quelques nouvelles facette du portrait de son héros. Nous le savions rusé, habile, parfois malchanceux, nous le découvrons ici incroyablement têtu, voir borné et surtout trés, trés rancunié et un rien suscpetible. Ce qui n'entâche en rien la sympathie irrésistible de ce gentleman cambrioleur à la sauce us.

 

    Pour ceux qui douteraient encore du talent et de l'humour de Donald Westlaken, Au Pire, qu'est-ce qu'on risque ? fait une fois de plus la preuve de  son incroyable talent d'écriture.  Mariant une écriture d'une incroyable limpidité à la finesse et  à la précision de ses descriptions, chacune des péripéties de John Dortmunder nous entraîne dans un univers de personnages à la Normann Roquewell où chaque trait, chaque coup de peinceau (ou de stylo) recèle et révèle le don d'observation et de critique qu'avait Westlake lorsqu'il portait les yeux sur la société de ses contemporains.

 

 

 

 

 

 

 

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 17:00

 

Westlake Donald. - Voleurs à la douzaine ("Thieves'dozen") .- Rivages Noir .- Paris 2011 .- ISBN: 978-2-7436-2244-2

11 affaires de John Dortmunder + 1 nouvelle affaire inédite

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   Pour John Dortmunder la cambriole est beaucoup plus qu'un gagne pain: c'est un art.  Chaque affaire qu'il entreprend, en plus d'être lucrative, naturellement, doit avoir la perfection d'un authentique chef d'oeuvre. Malheureusement, même les plans les mieux ourdis peuvent achopper lors de leur mise en oeuvre ... surtout lorsque l'on ne choisit pas ses équipiers, ou ce que l'on est sensé dérober, ou les deux à la fois.

 

  Voilà pourquoi chacune des onze affaires de John Dortmunder présentées dans cet opus se révèlera plus surprenante, plus audacieuse, plus saugrenues et plus abracadabrante que la précédante.

 

  Avec "A question idiote", notre monte en l'air se voit contraint de paraîner le vol d'une imposante statue de Rodin chez l'ex de son comanditaire sensée être en voyage en Europe. Mais quand la propriétaire des lieux revient et surprend notre fine équipe, les choses se corsent et il faudra à Dortmunder bien des ressources pour se tirer de ce mauvais pas.

 

   Pour Dortmunder, le vol n'a plus de secret tant il a pu dérober d'objets dans sa longue carrière : oeuvres d'art, coffres forts, bibelots, voitures, télévision, tout ou presque a déjà fait l'objet de la convoitise de notre monte en l'air. Mais s'il y a une chose que Dortmunder ne s'attendait pas à avoir à voler un jour, c'est bien un cheval ! C'est pourtant ce que son commanditaire lui demande de dérober dans Le mauvais cheval !

 

 

   Quand Dortmunder et son complice Kelb décident de voler une banque ... et que celle-ci fait déjà l'objet d'une prise d'otages, celà fait "Trop d'escrocs" pour une seule banque. Et lorsque c'est à Dortmunder que l'on demande de négocier avec la police, on peut s'attendre à bien des surprise !

 

     Que fait Dortmunder lorsqu'il est contraint de prendre des vacances à la campagnes ? C'est à cette question d'apparence triviale de Westlake répondra dans une nouvelle qui, une fois n'est pas coutume, mettra Dortmunder aux prises avec les habitants d'une charmante petite bourgade de campagne où - qui plus est - habite le cousin de son akolyte. Songe d'un jour d'été.

 

 La cambriole est une activité hautement sportive qui exige un entraînement intensif ... et un  régime alimentaire trés spécial. Westlake nous livre en exclusivité l'Entraînement de Dortmunder ! A suivre avec modération !!

 

 

   Un soir de Noël, aprés une affaire juteuse mais un peu trop risquée, Dortmunder se trouve acculé par la police. En désespoir de cause, il trouve refuge dans un appartement où les propriétaires ont organisé une petite sauterie de Noël. Comment notre monte-en-l'aire va-t-il faire pour passer inapperçu au milieu de tout ce beau monde ... et pour échapper à la police qui l'attend dehors ? A découvrir dans Un fêtard.

 

 

   Pour échapper à la police (activité dans laquelle il est passé maître), John Dortmunder se retrouve coincé (encore !) au milieu d'une bande d'inconnus avec qui il doit disputer une partie de pocker. Mais voilà, pour ne pas tomber entre les pattes de la police qui l'attend dehors, Dortmunder n doit faire durer la partie ... et pour celà, il ne doit pas gagner trop vite ! A votre non coeur.

 

   L'ennui, dans le métier de cambrioleur, est qu'une fois le coup fait, il faut ensuite refourguer lle butin. Et pour celà, force est de côtoyer des individus à la réputation douteuse, pire encore, à l'étique contestable. Et voilà comment Dortmunster se trouve coincé chez un fourgue, avec un plein sac de pièces anciennes volées, lors d'une descente de police. Vente de Charité.

 

    Quand on vol une broche d'une célèbre star du show business, il ne faut pas s'étonner de la voire ensuite s'étaller dans tous les canard de la ville. Et quand toute la ville finit par apprendre quand et comment ladite broche a été dérobée, il faut u  trésor d'imagination pour pouvoir la dissimuler ... surtout lorsqu'au passage on se trouve pris en ôtage par un dangereux terroriste et que la police s'en mêle ! Et Quoi encore !

 

 

  Quand un ancien collègue, tout juste sorti de pison, vient voir Dortmunster pour lui proposer de cambrioler sa gallerie, l'affaire sent déjà le roussi. Mais quand ce dernier apprend qu'il n'est pas le seul à avoir été mis au parfum, alors c'est sur il y a anguille sous roche ... Et ce n'est pas aux vieux singes que l'on apprend à faire la grimace !  Il y a l'Art et la manière de faire des coups tordus !!

 

   At last but not liste, une nouvelle inédite mettant en scène John Rumsey, presque l'alter égo de Dortmunster dans une autre vie ... Quand ce dernier apprend que la succursale d'une banque voisine a été démolie par un tragique accident de voiture, Rumsey sent tout de suite le coup fumant ... Mais il n'est pas le seul à avoir eu cette idée. Trés vite, c'est toute le gratin des montes-en-l'air qui tourne autour de la carcasse de éventrée de cette banque comme une nuée de vautours autour du cadavre d'un gnou blessé ... Fugue en crimes mineur !

 

 

   Avec Voleurs à la douzaine , Donald Westlake nous prouve magistralement maîtriser aussi bien l'art subtile de la nouvelle que celui du roman. En effet, chaqune de ces douze nouvelles sont à elles seules un petit chef d'oeuvre où la finesse de l'écriture, tout en légèreté et sous- entendu côtoie un humour acerbe tourné vers ses contemporains.

 

 

   Chaqune de ses nouvelles est ainsi grand moment d'ingéniosité et l'on prend autant de plaisir à voir Dortmunder (ou son alter égo Rumsey) se sortir de situations plus inestricables les unes que les autres, qu'à se délecter des descriptions vitriolées dont Westlake a le secret. Sans conteste, L'on retrouve dans l'écriture de Westlake un sens de l'observation affuté tel le bistouri d'un chirurgien doublé d'un solide don pour la carricature qui font de chacune de ses nouvelles un monument d'humour américain.  

 

 

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 18:00

 

Gourdain Pierre, O'Kelly Florence, Roman-Amat Béatrice, Soulas Delphine, von Droste zu Hülshoff Tassilo. - La Révolution Wikipédia : Les encyclopédies vont-elles mourir ? - Préface de Pierre Assouline, - Essai, Mille et une nuits, novembre 2007

 

 Enquête journalistique réalisée dans le cadre du Master de l'Ecole de journalisme de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris (été 2007)

 

  9782755500516.jpg

 

 

 L'encyclopédie collaborative en ligne Wikipedia est devenue aujourd'hui en quelques années un élément incontournable du paysage culturel mondial. Que ce soient les écoliers, les collégiens ou lycéens, les étudiants ou même les chercheurs ou certains journalistes, tous ou presque avouent y avoir recours plus ou moins assiduement, plus ou moins systématiquement, plus ou moins exclusivement ...

 

  Une telle encyclopédie, ouverte à tous presque sans aucun contrôle, est-elle fiable ? Si tout un chacun peut y inscrire ce qu'il veut, comment s'assurer de la faibilité de ce que ce nous y lisons ? Si les concepteurs de l'encyclopédie wikipédia font fait le pari de "l'intelligence collective" ("Comme toute expérience se basant sur la liberté, il faut supposer qu'à terme la somme des intérêts individuels ira dans le sens de l'intérêt collectif. En effet, on peut croire [...] qu'il y aura toujours quelqu'un pour corriger les informations erronées, qu'elles soient volontaires ou non.") [http://fr.wikipedia.org/wiki/Aide:FAQ/lecteurs] n'ont-ils pas sur-évaluer l'intelligence et surtout l'esprit critique de leurs contemporains ?

 

  Pour répondre à ces questions les auteurs reviennent sur l'enquête que la portant trés sérieuse revue Nature  avait réalisée en décembre 2005 sur la fiabilité comparée des encyclopédie Wikipédia et Britannica. Enquête dont le résultat avait soulevé de parts et d'autres du phénomène Wikipédia une déferlment de réactions aussi disproportionnées que bien souvent non fondées. C'est pour mettre de l'ordre dans ce chaos émotionnel que les auteurs de cette enquête reviennent sur le contenu et les résultat de cette enquête, en soulignent les faiblesse et les lacunes ... et dressent un bilan contrasté et nuancé des résulats de cette enquête qui, au final, ne nous apprend rien de bien nouveau sur la fiabilité de chacune des deux encyclopédies.

 

  D'où la nécessité de bien comprendre le fonctionnement de cette encyclopédie colléborative en ligne pour bien pouvoir l'utiliser !

 

 Comment fonctionne la machine Wikipedia ? Qui sont les auteurs des articles publiés dans cette encyclopédie en ligne ? Quelle fiabilité leur accorder ? Qui contrôle la véracité des informations qu'elle contient ? Sur quels critères ? Autant de questions indispensables à un usage raisonnbale de cet outil devenu par la force des choses (du temps ?) incontournable dans le paysage documentaire actuel. 

 

   Et partant de là, quel(s) usage(s) raisonné(s) faire de Wikipédia ? Faut-il - comme certains le prescrivent - la proscrire dans les collèges et les lycées ? Ou plutôt, doit-on éduquer les jeunes générations à son usage critique ? Mais les éducateurs d'aujourd'hui sont-ils suffisamment formés, avertis, à sa pratique pour pouvoir à leur tour éduquer les jeunes à son usage ? Et quel pratique pédagogiques proposer pour une telle éducation ?

 

  Autant de questions auxquelles nos (futurs) journalistes vont proposer des pistes de réponse, s'appuyant sur des expérimentations éprouvées, loin de tout parti pris pour ou contre Wikipédia, afin de dessiner ce qui sera peut-être - espérons le - les prémisses d'un universalisme à l'heure du numérique.

 

  Un ouvrage bien documenté et bien écrit qui permet d'aborder le débat de "l'usage de wikipédia" de façon sereine et objective.

 

 

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 16:00

Williams Charles. Fantasia chez les ploucs ("The diamond bikini"),

trad. us: 1956 , trad fr : 1957, Folio policier. ISBN  978-2-07-030391-5

 Williams_fantasia_ploucs_P4.jpg 

   Pop Noonan, joueur et escroc sur les champs de courses décide de se réfugier avec son fils Billy, 7 ans, chez son frère Sagamore Noonan. A la ferme Billy découvre avec étonnement les curieuses habitudes de son oncle et de son voisinage. Entre Finley, un prédicateur timbré qui construit l'arche qui le sauvera lui seul (et pas les autres pêcheurs) du déluge imminent, le voisin Gimmerson dont les cochons sont régulièrement écrasés par les hommes du shérif, le shérif obsédé par l'idée de coffrer Sagamore pour contrebande d'alcool ... et Sagamore lui-même qui semble à chaque fois s'en tirer miraculeusement, il y a déjà de quoi en étonner plus d'un.

 

   Mais quand un curieux docteur et sa ravissante patiente viennent s'installer, en convalescence, sur les terres de Sagamore, alors les choses se corsent ... surtout que les nouveaux venus semblent attirer de biens curieux personnages élégamment vêtus mais armés de mitraillettes qui semblent avoir une dent contre la curieuse malade du docteur Severance. Alors lorsque cette dernière disparaît ne portant sur elle qu'un minuscule cache sexe orné de diamants, quoi de plus naturel pour nos compères de tout mettre en oeuvre (et lorsque je dis tout, il ne s'agit pas d'une figure de style) pour retrouver la ravissante égarée

 

  Fantasia chez les Ploucs figure dors et déjà parmi les classiques de l'humour noir américain. Williams y décrit avec une ironie féroce et un humour au vitriol les moeurs et les partiques des fermiers du middle ouest. Entre satyre féroce et humour poignant, ce petit roman est un véritable petit trésor de littérature noire.

 

A lire sans aucune modération !!!

 

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  • : Considérations Intempestives
  • Considérations Intempestives
  • : En 1873, le philosophe allemand Friedrich Nietzsche publiait ses "considération intempestives " en réaction aux dérive de son époque : fièvre identitaire, dérive nationaliste, Enquistement dans la pensée unique. Aujourd'hui, la philosophie, à son tour, s'est peu à peu laissée gagnée par le mal du temps (Il n'y a qu'à lire quelques lignes de Ferry, Finkielkraut et consorts pour s'en convaincre). Seul le roman noir et quelques irréductible philosophes continuent à brandire le pavillon de la critique ... Ce sont eux que je désire vous faire connaître.
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  • Passionné de littérature, de culture et d'art avec une prédilection pour les polars et le jazz, l'auteur désire simplement partager sa passion.
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