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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 22:40

Meurtre sanglant à Epinal

La nuit dernière, la brigade criminelle d'Epinal est intervenue au 11 ch XXXX, un lieu connu des forces de l'ordre pour sa réputation sulfureuse, afin d'éluder une bien étrange affaire d'homicide.

Au milieu de la nuit du 8 au 9 avril 2017, aux environs de 3 heures du matin, le propriétaire des lieux, Mr P., a été réveillé par un grand raffut provenant d'une des annexes du bâtiment sous-loué à un couple de poules de luxe.

"On aurait dit quelqu'un qu'on égorge!" a-t-il raconté à la police.

Descendu dans la cour voir ce qui se passait, Mr P. n'a pu que constater les faits : ces deux "pensionnaires", Melle Petronille, dite La Blanche, et Melle Pétronelle, dite La Rousse, gisaient sur le sol, dans une mare de sang ... et de plumes. 

Selon les premiers éléments de l'enquête qui ne fait que commencer, les victimes auraient été attaqués alors qu'elles étaient alitées avant d'être poursuivies et agressées dans la cour.

L'enquête s'oriente désormais vers un règlement de compte dans le milieu de de la nuit ...

Affaire à suivre.

 

 

Sale temps pour les poules

"Sale  temps pour les poules !" grommelait l'inspecteur devant le spectacle sanglant étalé sous ses yeux.

Il faut dire que le meurtrier n'avait pas fait dans la dentelle. Les deux créatures gisaient sur le sol, étendues dans une mare de sang et de plumes comme si, non content de les avoir saignées à blanc, l'assassin avait en outre cru bon de les dépouiller de leurs dernier atours : un boa de plumes (blanches pour Pétronille et fauves pour Pétronelle) qu'elles ne quittaient jamais, même pour coucher avec leurs clients.

Penché sur les corps sans vie, l'inspecteur souleva du bout d'un stylo une plume maculée de sang. Deux marques rouge carmin apparurent, se découpant nettement sur la pâleur de la gorge de Pétronille.

"La Belette, C'est la signature de La Belette" soupira l'inspecteur faisant référence au tristement célèbre proxénète qui sévissait dans le milieu de la nuit. "Il n'y a que lui pour suriner ainsi ses victimes."

Adossé à un lampadaire, Pierrot regardait l'oeil humide, la scène macabre.

"Qu'est-ce qu'elles faisaient là à cette heure ?" ne cessait-il de se lamenter. "Je leur avait pourtant bien dit que c'est dangereux la nuit ! C'est le territoire de La Belette  et il ne supporte pas la concurrence."

Il faut dire que depuis quelques temps Pierrot n'avait plus la tête à ses affaires. Une série de soucis et de déconvenues avaient émoussé sa vigilance et les filles en avaient profité pour prendre des libertés. Pétronille et Pimprenelle, les Pépettes, comme il les appelait, ne s'étaient pas fait prier pour faire des heures supplémentaires et mettre un peu de beurre dans les épinards. Travaillant de plus en plus tard le soir, parfois même jusqu'à 22 heures et plus !  Plusieurs fois, elles étaient passées à deux doigts de la catastrophe mais l'expérience, loin de leur avoir enseigné la prudence, les avait rendu plus confiantes, voir plus téméraires.

Mais le soir venu, au couché du soleil, les territoires changeaient de maître :  les Oies blanches cédaient la place aux Créature de la nuit  et malheur aux créature à plumes qui croisaient ces oiseaux de nuit !

"Elles auraient dû savoir ça, ces deux cocottes" gémissait Pierrot devant le fonctionnaire de police impassible.  "Je les avais pourtant mises en garde."

"Sale temps pour les poules !" se contenta de répondre ce dernier avant de jeter un drap pudique sur les deux corps inertes.

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 22:20
Portrait de Voltaire d'après Quentin de La Tour.

Portrait de Voltaire d'après Quentin de La Tour.

Aprés l'attentat odieux des 7 et 8 janvier, alors que les corps des 17 victimes n'étaient pas encore froids et que déjà les intrigues politiciennes reprenaient la main sur l'émotion légitime d'un peuple meurtri. Des voix se sont élevées de la masse, souvent ignorées parce que trop timides ou pas assez cathodiques (mais où est la différence ?).

 

C'est l'une de ces voix que je voudrais faire entendre aujourd'hui. Parce qu'elle s'adresse à tous et au nom de tous, parce qu'elle parle d'universel là où, déjà, certains, reventiquent au nom du particulier, parce qu'elle prône la pédagogie quand d'autres réclament le sécuritaire ... parce qu'elle a tout compris là où beaucoup ne veulent rien comprendre ... Ecoutez :

« Mes chers élèves, Comme vous le savez sans doute, je suis contrainte par des soucis de santé de vous quitter plus tôt que prévu. Je ne pouvais pas le faire sans vous souhaiter toute la réussite possible au lycée, du bonheur dans votre vie personnelle et de belles émotions de lecture…

Cette lettre a aussi un autre but, plus important encore à mes yeux. Après les événements tragiques de la semaine écoulée, je ne peux pas rester muette vis-à-vis de vous. Pas seulement comme enseignante, mais aussi comme citoyenne, comme être humain, tout simplement.

Par-dessus tout, je regrette de ne pas avoir pu mener avec vous l'étude du mouvement des Lumières que j'avais prévu de commencer en cette rentrée. J'espère que vous avez compris que ce n'est plus aujourd'hui un thème scolaire poussiéreux, mais bien une aveuglante question d'actualité.
Les Lumières attaquées

Les “Lumières”, c'est ce qui a été attaqué, avec le massacre perpétré au journal Charlie Hebdo le matin du mercredi 7 janvier, quand les assassins ont crié “on a vengé le prophète Mahomet”.

Cela voulait dire que pour eux, on n'a pas le droit de se moquer de la religion, que cela mérite la mort. C'est donc exactement le contraire des valeurs inventées et portées par le mouvement des Lumières, que la France depuis la Révolution française, quand elle est devenue une République, a adoptées, des valeurs pour lesquelles on continue de se battre au péril de sa vie partout dans le monde. Car les Lumières ce n'est pas un idéal français, ce n'est pas même pas un idéal européen, ce sont des valeurs universelles – pour lesquelles on lutte, vit et meurt partout dans le monde, dans les pays occidentaux ET dans des pays musulmans (en Russie comme en Tunisie, récemment, des journalistes ont été tués parce qu'ils incarnaient la liberté d'expression).

Je voulais en quelques mots, à travers cette lettre, résumer ce que j'aimerais que vous reteniez de ce cours sur les Lumières, si j'avais pu le conduire avec vous. Ce n'est pas un cours “express”, mais quelques graines que je sème… et que vous saurez peut-être faire fructifier en vous, je l'espère.

Une fois n'est pas coutume, j'accompagnerai ma parole de quelques dessins, en hommage aux dessinateurs assassinés. Un dessin en dit souvent aussi long qu'un discours. “Oser penser”, telle est la devise des Lumières au XVIIIe siècle (c'est Kant, un grand philosophe allemand de l'époque, qui l'a formulée ainsi). Cela veut dire penser par soi-même, ne pas laisser les autres penser à sa place, ces “tuteurs” (dit Kant) qui nous enferment dans des pensées toutes faites au nom de notre bien. Penser par soi-même, cela implique de vérifier les faits avant d'en parler, et de réfléchir avec sa raison, pas avec des émotions spontanées. C'est un travail difficile, qui prend du temps, qui exige des efforts.

“Qui peut se permettre de ‘venger’ le prophète comme s’il ne pouvait pas se défendre seul ?”

Par exemple, tout le monde parle au nom du Coran, mais qui l'a lu en entier (en arabe du VIIe siècle, bien sûr, puisque c'était la langue du prophète Mahomet) ? Et qui peut se permettre de le maîtriser complètement, alors que des érudits qui l'ont épluché pendant toute leur existence, et depuis des siècles, ne sont toujours pas d'accord sur le sens de certains passages (c'est évidemment la même chose pour tous les textes religieux) ? Qui peut se permettre de “venger” le prophète comme si le prophète (et ne parlons pas de Dieu lui-même !) ne pouvait pas se défendre seul ? Vous ne trouvez pas cela d'une prétention sans nom, de la part de ces prétendus “fidèles” qui prennent une arme pour tuer au nom de leur Dieu ?

Tout le monde aussi parle de Charlie Hebdo, mais qui parmi vous avant le drame connaissait ce journal, le lisait régulièrement, qui connaissait son histoire et ses dessinateurs, ses rédacteurs, et leurs motivations ? Là encore, c'est l'ignorance qui est meurtrière. Saviez-vous ce que signifie exactement un “journal satirique” (la satire, qui est bien différente de la “moquerie”, du “blasphème” ?), ou l'esprit “libertaire”, ou l'“anticléricalisme” ? Vérifier les faits et choisir bien ses mots, pourchasser toute forme d'erreur grâce à la raison, c'est-à-dire prendre son temps, observer, comparer, avant de conclure, de parler ou d'agir (c'est pourquoi j'aime tant le silence en classe !), ne pas suivre aveuglément une rumeur, un mouvement de foule, une mode, un gourou, un copain qui semble plus savant que vous, et même un parent ou un prof…
Bien vérifier le sens et l’origine des mots

Mieux connaître pour mieux réfléchir, c'est donc le premier travail que nous demandent les Lumières. C'était le but de l'Encyclopédie, qui avait l'ambition de rassembler toutes les connaissances disponibles, et de les offrir au plus grand nombre. Aujourd'hui, dans le flot de paroles et d'informations dont nous sommes inondés à travers les médias et les réseaux sociaux, il est encore plus urgent de bien vérifier le sens précis, l'origine de tous les mots qu'on utilise : “islam” et “islamisme”, “terrorisme” et “fondamentalisme”, “guerre” et “djihad”, “arabe”, “juif”, “musulman”, “laïcité”, “liberté”, etc. Tous ces mots qu'on mélange et qui peuvent créer tant de malentendus fatals, tous ces mots vides, déversés, amplifiés, repris à la folie, quand n'importe qui raconte n'importe quoi, et que des centaines de “twittos” “retwittent” des sottises…

Il est important de connaître la géographie, l'histoire, la réalité non seulement du pays dans lequel on vit, mais aussi des pays sur lesquels on fantasme, à travers les médias. C'est un travail énorme, quotidien. “Oser penser”, et se forger une opinion sur des bases solides, c'est donc le premier défi des Lumières. Le second, qui découle du premier, c'est de permettre à tout être humain d'exprimer sans peur ce qu'il pense. Une fois qu'on est assez sûr de la justesse de son opinion, on doit pouvoir exprimer absolument tout ce qu'on pense, sans aucune limite. Et pour que cela fonctionne, il faut faire un effort encore plus difficile. Se mettre à la place de l'autre. Admettre que l'autre peut penser différemment de soi-même.

Une troisième valeur inventée par les Lumières, c'est la tolérance. C'est, par exemple, quand on est croyant, se mettre à la place d'un non-croyant (et vice versa). Le non-croyant a le droit de dire que Dieu n'existe pas. C'est pour cela qu'il n'existe pas de blasphème pour le non-croyant, car comment offenser quelqu'un qui n'existe pas ? Le croyant a aussi bien sûr le droit de dire que l'opinion du non-croyant le choque, qu'il n'est pas d'accord. Tout le monde avait le droit de dire que Charlie Hebdo n'était pas drôle, tout le monde avait le droit de ne pas le lire, et même de lui intenter un procès (et d'ailleurs les adversaires de Charlie Hebdo ne s'en sont pas privés…). La tolérance, c'est le droit de combattre des idées, pas des personnes.

“On ne peut pas mettre sur le même plan des crayons et des kalachnikov.”

C'est ce que faisaient les dessinateurs de Charlie Hebdo. Engagés, ils luttaient avec leurs plumes, avec leur humour. Là encore, les mots nous piègent. Il y a “combat” et “combat”, “guerre” et “guerre”, “armes” et “armes”. On ne peut pas mettre sur le même plan des crayons et des kalachnikov. Tuer, persécuter l'autre parce qu'il ne partage pas les mêmes idées que soi, cela s'appelle le fanatisme. Les philosophes des Lumières ont défini clairement ce qu'était le fanatisme, et l'ont pris pour cible – Voltaire appelait cela “l'Infâme”, il signait d'ailleurs toutes ses lettres par ce mot d'ordre : “Ecrasons l'Infâme” ! A l'époque, il s'agissait surtout du fanatisme catholique (l'Eglise pourchassait non seulement les libertins athées, mais aussi les jésuites, les protestants, tous ceux qu'elle considérait comme “hérétiques”, et pouvait les exécuter pour cela – faites-moi le plaisir de lire ou de relire le chapitre VI de Candide !).

Aucune religion n'est à l'abri du fanatisme, car le fanatisme n'est qu'une autre forme de la folie, qui atteint des êtres malheureux ou faibles d'esprit – déjà Molière nous avait prévenus avec son Tartuffe. Vous vous souvenez ? Orgon, fanatisé par Tartuffe, est fier de dire qu'à force d'aimer le Ciel, il regarde “comme du fumier tout le monde”, jusqu'à sa propre famille… C'est ce que devaient ressentir les fanatiques qui, au fil de ces trois jours sanglants que nous venons de vivre, ont tué des journalistes, des policiers, des juifs, parce qu'ils les considéraient comme du “fumier”.

Je relis l'article “Fanatisme”, de Voltaire : “Ce sont d'ordinaire les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains. Ils ressemblent à ce vieux de la montagne qui faisait, dit-on, goûter les joies du paradis à des imbéciles, et qui leur promettait une éternité de ces plaisirs dont il leur avait donné un avant-goût, à condition qu'ils iraient assassiner tous ceux qu'il leur nommerait.” On dirait que ce vieux Voltaire a écrit cela en parlant de nos assassins d'avant-hier, non ?

Voilà à peu près ce que j'aurais voulu vous dire de vive voix. Malgré tout, je ne sais pas si j'aurais eu la force de vous parler de tout cela, car je me sens en deuil à titre personnel. Je ne sais pas si j'aurais eu la force de voir en salle des professeurs le faux colis piégé “Je ne suis pas Charlie”, ou d'entendre certains de vos camarades dire que “à Charlie, ils l'avaient bien cherché”. Permettez-moi pour finir cette lettre de sortir du cadre du cours, et de vous livrer un témoignage plus intime.
“Charlie Hebdo” : une famille intellectuelle

Je suis issue d'une famille abonnée à Charlie Hebdo depuis le premier numéro en 1970, bientôt trois générations, et j'ai l'impression d'avoir perdu des proches avec Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Oncle Bernard, Honoré. Je ne les connaissais pas personnellement, mais ils étaient pour moi une famille intellectuelle, une famille d'élection (celle qu'on se choisit, parce qu'on partage des valeurs justement). Exactement comme certains écrivains morts depuis des siècles sont pour moi des amis. Chalie Hebdo, c'était le rire de résistance, qui tache mais ne tue pas, qui attaquait à grands coups de dessin malpolis et souvent “pipi-caca-sexe” (on appelle ça l'humour paillard), à coups de trognes grotesques, et aussi de textes stylés, féroces mais jamais méchants, l'armée, les églises, les excès du pouvoir, la guerre, la lâcheté des forts écrasant les faibles, l'ignorance, bref la bêtise humaine partout où on peut la débusquer.

Charlie nous faisait rire du pire, même de la mort. Je parle au passé, j'espère qu'ils seront nombreux à reprendre le flambeau, même si, je le crains, plus personne ne peut être Charlie comme eux.

J'écris cette lettre au moment où des millions de personnes à Paris, en France, sur la planète, marchent fraternellement sous la bannière “je suis Charlie”. Je suis Charlie, ça veut dire aujourd'hui je suis musulman, juif, chrétien, athée, français, humain. C'est un mot de fraternité, une autre valeur cruciale des Lumières. Vous vivez un événement unique, qui fera date dans l'histoire de la France et peut-être du monde. C'est dans ces occasions-là qu'on grandit, qu'une conscience de citoyen se forge. Ne laissez personne penser à votre place. Lisez, apprenez, critiquez, exprimez-vous avec des armes solides : votre raison, votre savoir. C'est le sens de votre présence au lycée.

Mes chers élèves, pour filer la métaphore jardinière, si j'ai pu être un peu votre “tuteur”, il faut maintenant se passer de tuteur, comme les rosiers qui finissent par pousser tout seuls. Je prendrai évidemment de vos nouvelles…

Votre professeur de lettres, F. Capel »

“Mes chers élèves…”, par Fanny Capel, professeur de lettres Publié le 15/01/2015. Mis à jour le 19/01/2015 à 12h19.

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 12:21

48791956_p.jpgDans son discours premier discours en tant que président de la République, François Hollande a annoncé solennellement le retour de la formation initiale des enseignants. Assisterons-nous là au retour des très décriés IUFM ? Ceux-ci avaient été tout bonnement supprimés par Nicolas Sarkozy et son ministre de l’éducation nationale Luc Châtel.


Si le retour de la formation initiale des enseignants est en soi une bonne chose, il convient de ne pas réitérer les erreurs du passé et notamment les égarements qui avaient caractérisé la formation des maîtres dans les IUFM. En effet, de l’avis des nombreuses générations d’enseignants stagiaires qui les ont connus, la formation au sein des IUFM étaient loin d’être efficace : divisée en deux corpus distincts (didactique disciplinaire et formation transversale), le premier corpus (la didactique disciplinaire) était vécu comme étant à la fois infantilisant dans ses contenus et procédures par les professeurs stagiaires et extraordinairement coercitif dans ses procédures d’évaluation (surtout lors des ces dernières années de vie), les enseignants formateurs exerçant une pression presque intenable à coups d’inspection, de rapports d’activités et de comptes rendus aussi divers que variés. Quant au second corpus, l’enseignement transversal, celui-ci était le plus souvent hors sujet et pris en charge par des enseignants (souvent universitaires) peu au fait des réalités de l’enseignement en collèges et lycées.


Alors, face à tant de lacunes et de maladresses, fallait-il supprimer les IUFM ? Certes pas, si les IUFM étaient des « grands corps malades », la solution proposé par le gouvernement Sarkozy consistait purement et simplement à euthanasier le malade  … à défaut de vouloir le soigner ! Leur résurrection (sous  une forme ou sous une autre) est donc une chose souhaitable. Mais, fort de l’enseignement des erreurs passées, il convient d’inventer une formation des maîtres qui soit à la hauteur de la difficulté du métier d’enseignant.


Permettez-moi maintenant de présenter quelques réflexions qui me semblent susceptibles de pouvoir contribuer à l’amélioration de la formation des maîtres.


Tout d’abord (première réflexion), tout le monde s’entend aujourd’hui pour constater qu’enseigner à des adolescents et enseigner à des adultes sont deux enseignements qui diffèrent dans leurs pratiques pédagogiques, dans leurs rapports enseignants - enseignés et dans la didactique mise en œuvre. La formation pour adulte est à ce titre reconnue comme une profession à part entière validée par un diplôme (le DUF – Diplôme Universitaire de Formateur) et s’exerce dans un contexte différent de l’enseignement initial (école, collège, lycée). Or, si la société civile a reconnu cette différence, l’éducation nationale semble pour l’instant s’obstiner à l’ignorer. Les formateurs des IUFMS étaient en effet des enseignants de collèges et lycées détachés auprès des IUFM pour transmettre aux professeurs stagiaires leurs savoirs et savoir-faire. Ils n’avaient reçu à cette fin aucune formation, comme si le fait d’enseigner à des élèves de 10 à 18 ans suffisait à savoir enseigner à des adultes ! D’où les nombreuses dérives constatées par les enseignants stagiaires (infantilisation des stagiaires, etc.)


Une solution serait de dispenser aux futurs formateurs de la formation des maîtres une formation adéquate (de formateur pour adultes) dispensée par un ou des professionnels de la formation pour adultes et validée par un diplôme adéquat (le DUF, par exemple) et évaluée régulièrement par un corps d’inspecteurs formés de formateurs professionnels et d'inspecteurs d'académie. Ainsi on pourrait espérer que la formation des maîtres soit assurée par des personnels ayant à cœur la formation des futurs enseignants et plus (comme cela était trop souvent le cas) par des enseignants désirant alléger leur emploi du temps.


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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 22:34

Réveillé à minuit de ma torpeure éthilique par un vacarme aussi assourdissant qu'inconnu, je me hasarde, encorer engourdi, harard, dans la ruelle, presqu'un un coupe gorge, assombrie par la nuit et envahie par une foule hillarde et avinée.

 

P1010737

 

Jouant des coudes et des point, je me faufile parmis les badauds et les ribaudes, visiblements massés autours de la source de mon réveil brutal. Attroupés en un cortège bariolé, vêtus d'horipaux pourpres et violets, armés d'instruments étranges et bruyants, un groupes d'autochtones jouait avec fougue et passion (à défaut de talent ...) pour le plus grand plaisir des badauds.

 

P1010736

 

La fête terminée, l'alcool dissipé, je retournais à mes pénates et retrouvais mon chien, mon canapé ... et ma bouteille.

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 01:40



086-iufm.1237761159Le projet de réforme de la formation professionnelle des enseignants avait déjà fait beaucoup de bruit l'an passé. On se souvient encore avec émotion des nombreuses manifestations, grèves et autres bouleversement qui avaient conduit le gouvernement à ajourner la mise en oeuvre de sa réforme. On aurait ainsi pu penser - ou au moins espérer - que cet ajournement serait l'occasion pour repenser le projet, prendre en compte les avis et remarques des acteurs de terrain qui craignaient pour la qualité de la formation des enseignants et - partant de là -  de l'enseignement donné aux élèves. Or, il n'en est rien : Valérie Pékresse (ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche) a annoncé dernièrement que la masterisation de la formation des enseignants aurait tout de même lieu ... selon les mêmes modalités que celles qui avaient fait bondir enseignants et futurs enseignants. Bref. devant la ire des enseignants, le gouvernement n'a fait que temporisé ... comme d'habitude !

Mais ouvrons un peu cette boîte de Pandore et examinons en quoi consiste cette masterisation et - surtout - ce qu'elle implique pour les concernés.

Sur le principe, la chose est très simple : au lieu de recruter les enseignants au terme d'un concours accessible après une licence (Bac + 3) et de les former ensuite pendant un an (reconductible une fois) dans ces merveilleuses pouponnières appelées Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM), désormais le recrutement se fera au terme d'un master professionnel (BAC +5), toujours validé par un CAPES disciplinaire.

Notons ici que la formation des enseignants post CAPES reste relativement vague. En somme, que vont devenir les étudiants après le CAPES ? Car bien entendu, l'obtention d'un concours - aussi difficiles et sélectifs  soient-ils (et ils le sont ! Ce sont de loin les concours de la fonction publique les plus difficiles à optenir : trés peu de place pour énormément de postulant !) - ne transforme pas brutalement un étudiant en enseignant du jour au lendemain. Celà demande une longue maturation, un accompagnement pédagogique, psychologique constant. Ce que l'année de satge en responsabilité fournissait bon an mal an aux enseigannts stagiaires jusqu'à présent.

Autre question, mais non des moindres : combien d'heures de service devront accomplire les nouveaux lauréats du CAPES nouvelle mouture ? 18 heures comme leurs homologues titularisés ? Ou un demi service comme les enseignants stagiaires d'antant ? La question est importante car, pour l'avoir tester, ce demi service complété par autant de formations pédagogiques permettaient outre la formation pédagogique prodiguée par l'IUFM (et dont la pertinence était parfois assez constestable) de partager et d'échanger avec d'autres enseignants stagiaires nos impressions, sentiments, déconvenues ou enthousiasmes ... et surtout de créer ainsi les bases d'un réseau relationnel bien utile pour débuter dans la profession. Or, plonger les jeunes enseignants dans le grand bain tout de suite aprés leur réussite au concours, c'est les priver de ce réseau, du soutient et du réconfort que leur apportait cette communauté informelle et donc les mener tout droit dans le mur !

Mais Les étudiants en Master 1 et 2 auront réalisé des stages, me répondra-t-on ! Ils se seront  déjà frotté à la réalité sous la tutelle bienveillante de "professeurs d'acceuil ou de référends de l'Education Nationale" et de "formateurs universitaires" responsables de la validation du stage. Les étudiants devraient donc pouvoir supporter le choc de leur première rentrée sans flancher.
Voyons un peu ce qu'il retourne de ces stages :
En première année de Master, les étudiants qui se destinent à l'enseignement se verront proposer des "stages d'observation et de pratiques accompagnées" pour une durée totale de 108 heures, soit un peu plus d'un mois. En première année de master, les stages ne seront pas rémunérés.
En seconde année de Master - l'année de préparation intensive du CAPES - les étudiants se verront à nouveau proposer une période de 108 heures de "stage en responsabilités" encadrés par les "professeurs d'accueil". Cette année les stages seront rémunérés à une hauteur de 3000 euros, toujours pour 108 heures.
Voilà donc le volet stage proposé par la réforme : une période d'un peu plus d'un mois de stage alors que tous les autres masters font  2 mois de stage en M1 et 4 en M2. Les stages de Master CAPES ne seraient donc que des rogatons de stage ? Quelle médisance ! Mais voilà, comment préparer sérieusement un concours difficile et trés sélectif si l'on doit partager son temps entre le stage (et son éventuel rapport et/ou soutenance) et le bachotage inévitable pour préparer les épreuves ?
Certes les stages de M2 seront rémunérés "à hauteur de 3000 euros pour 108 heures" annonce généreusement le communiqué du gouvernement. Ici, un bref calcul s'impose : 3000 euros pour 108 heures font 27.7 euros de l'heure. Soit, pour un service de 18 heures par mois comme celui des stagiaires d'antant : quelque chose comme 500 euros par moi ... alors que les anciens stagiaires étaient payés, eux, 1740 euros par mois (un peu plus du triple !!!)
De là à penser que le gouvernement aurait décidé de faire des économies sur le dos des futurs enseignants, il n'y a qu'un pas que les sceptiques dont votre serviteur fait partie franchit d'un pied léger mais le coeur gros.

Bref, à l'heure actuelle on voit mal comment cette réforme destinée à assurer "une meilleure qualité de la formation des futurs enseignants, une meilleure qualité de l’enseignement délivré aux élèves et la meilleure utilisation du potentiel de formation des universités". (sic) pourra tenir ses engagements.

Sources :

 Réforme du recrutement et de la formation des enseignants. Portail du Gouvernement [en ligne] 13 mars 2009, consulté le 17/12/2009, disponible sur http://www.gouvernement.fr/gouvernement/reforme-du-recrutement-et-de-la-formation-des-enseignants-0
 Le recrutement et la formation des enseignants - portail du Ministère de l'Education nationale [en ligne] 12 mars 2009, consulté le 17/12/2009, disponible sur http://www.education.gouv.fr/cid24068/le-recrutement-et-la-formation-des-enseignants.html
La réminération IUFM PLC2 - Portail du SNEP FSU [en ligne] dernière mise à jour :le 15/10/2009, consulté le 17/12/2009, disponible sur http://www.snepfsu.net/stagiaire/remuiufm.php



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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 06:48
censure-internet-liberte-L-1Encore une fois, les adolescents ont prouvé leur capacité à s'approprier les outils de l'information et de la communication pour désservire leur propres intérêts.

Une enseignante d'anglais d'un collège Marseillais a porté plainte contre un groupe d'élèves de 3 ème qui avaient créé un groupe de discussion sur le réseau social "Facebook" pour réclamer son départ. L'enseignante, encouragé par sa hiérarchie a officiellement porté plainte contre l'élève auteur du groupe de discussion et contre tous ceux qui avaient publiés des messages insultants dans ce groupe.

Ce nouvel incident révèle une fois de plus combien une éducation aux enjeux de l'utilisation des TIC reste indispensable dans les établissements scolaires. En effet,  la simplification et la convivialité toujours croissante des outils du web 2.0 ont mis à porté des adolescents des moyens accrus de communication ... et leur ont donné le pouvoir de se constituer en véritables "groupes de pressions" (lobbies) pour faire entendre leurs intérêts souvent contre ceux des équipes éducatives.

Que les élèves s'approprient les outils du web 2.0 pour s'exprimer collectivement et faire entendre leurs intérêts pourrait constituer en soi une avancée des moyens de la liberté d'expression au sein d'une démocratie (aprés tout, les partis politiques, les syndicats et autres groupes d'intérêts fonctionnent ainsi depuis longtemps) mais il demeure que cette liberté d'expression reste encadrée par des lois et que ces mêmes lois interdisent formellement de se défouler verbalement sur qui nous a déplu. Aussi ce n'est pas parce que l'on s'exprime sur internet, protégé (crois-t-on) derrière son écran, que l'on échappe à ses lois - les élèves de cette classe de 3 ème l'apprendront à leur dépends lorsqu'ils recevront la convocation du commissariat de police.

Aussi, que faire ? Si l'interdiction ou la suppression des réseaux sociaux  dans les établissements scolaires reste une réponse brutale, aveugle et au demeurant stupide à ce genre de comportement (tout comme le fait de vouloir suspendre la connexion internet des "pirates" d'internet (Cf le projet de Loi HADOPI)) , une autre voie serait de former et d'éduquer les élèves, mais aussi les adultes (parents, enseignants, éducateurs, ...) aux usages citoyens de l'Internet.

Cette "éducation à l'information" (Information Literacy) -puisque c'est d'elle dont il s'agit - ne doit plus être une éducation aux seuls outils de l'information (à leur manipulation) comme c'est encore trop souvent le cas dans les lycées et collèges à travers les certifications du B2I collèges et lycées puisque d'une part les élèves ont magistralement fait la preuve de leur aisance technique à l'usage de ces outils souvent bien moins maîtrisés par les adultes, et d'autre part parce que de tels usages induisent de nouvelles responsabilités de la part des usagers des TIC et que ce sont précisément ces responsabilités que les "jeunes" méconnaissent sous prétexte qu'Internet serait un territoir de libertés. En permettant à tout un chacun de devenir auteur et éditeur de ces idées et opinions, Internet aura également engagé la responsabilité des adolescents (et de leurs parents) aux droits et devoirs qui régissent la liberté d'expression et la protection de la personne.

A cet égard, il faut louer la réaction de la hiérachie de cette enseignante qui - une fois n'est pas coutume - a fait bloc derrière la prof incriminée et a décidé d'une part de rappeler les élèves à la loi (la fameuse convocation au comissariat de police pour les auteurs du déli) et d'autre part de "profiter de l'événement pour sensibiliser l'ensemble des élèves du collège au cadre législatif des usages d'internet.

Notons aussi que de nombreux dispositifs existent déjà au sein des programmes des lycées et collèges pour une éducation à l'information (ECJS, modules, TPE, etc.) et qu'un tel enseignement fait partie des missions des professeurs documentalistes depuis la création du CAPES de documentation. Cependant dans bien des établissements, ces derniers se trouvent seuls, isolés dans leurs CDI, surchargés de travail (et oui les prof. doc. ne font pas que sdépoussiérer des livres et coller des étiquettes !) et n'ont pas le temps à consacrer à cette formation pourtant si nécessaire.

La solution serait tout naturellment de multiplier le nombre de professeurs documentalistes au sein des établissements scolaires  ... mais pour l'instant les priorités de l'Education Nationale ne semblent pas vouloir le réaliser ... et les enseignants de se retrouver avec toujours plus de responsabilité et toujours moins de moyens pour les mettre en oeuvre. 
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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 12:09
Lundi dernier, lors d'un des premiers débats sur le thème de l'identité nationale organisé à Verdun (autre ville à forte connotation historique s'il en est) le maire UMP d'un petit village de 40 habitants a bien malgré lui donné le ton et l'intention de son parti sur les sous-entendus de l'opportunité de débattre de l'identité nationale.

Interrogé par les journalistes sur l'oppotunité de ce débat, il aurait répondu : «Il est temps qu'on réagisse, parce qu'on va se faire bouffer». ... «Y'en a déjà dix millions», «dix millions que l'on paye à rien foutre».

Aprés celà, il devient difficile de nier que le débart sur l'identité nationale ne soit pas un écran de fumée pour masquer une "nouvelle" politique d'immigration ou d'exclusion, d'autant plus que celle-ci est orchestrée par le ministère de l'immigration et de l'identité nationale (rapprochement significatif s'il en est !) et que le porte parole de l'UMP n'a même pas jugè bon ni utile de condamner "l'écart de parole" de cet élu !!

C'est d'autant plus regrétable qu'un véritable débat sur l'identité nationale aurait pu être l'occasion de réconcilier les français avec la France et de s'interroger (enfin) sur la finalité d'un Etat (entre recherche mercantile de profit et recherche de  l'intéret commun).

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 03:04
Un récent article du Monde, daté du 21 novembre 2009, relate un événement survenu dans un lycée du 13 ème arrondissement à Paris. Une classe de Terminale STG (Science et Technique de Gestion) aurait signé et transmis une pétition demandant au proviseur de "changer de prof d'anglais" car cette dernière les aurait empêcher - leur aurait interdit ! - de téléphoner, de se maquiller en classe !!

Cet événement aurait pu avoir de quoi faire sourir si  le vocabulaire ordurier employer par les élèves de cette classe ne témoignait pas du profond mépris de ces derniers pour leur enseignant ainsi que de l'ignorance et de l'irrespect le plus total pour l'enseignment qui leur est donné.

En effet, le simple fait que cette classe de STG ai choisi de se manifester par les voies de la démocratie (la pétition) pourrait présager d'une assimilation des valeurs et des procédé de la liberté d'expression dans une démocratie. Aprés tout une autre classe, moins démocratique aurait pu choisir des moyens plus "musclés" pour signifier la même chose !

Reste que cette manifestation démocratique paradoxale témoigne aussi de la marchandisation du système scolaire qui conduit élèves et parents d'élèves à imposer leurs exigences et leurs préférences au personnel des établissements scolaires.  Si dans le système marchand il est accpeté que le client soit roi, dans le système scolaire l'élève reste subordonné au enseigants et au personnel de l'établissement et les parents d'élèves demeurent des partenaires de l'éducation et non des clients d'une prestation de service. La différence est faible mais elle est importante dans la mesure où elle garantie la liberté pédagogique de l'enseignant et l'indépendance de l'éducation vis à vis de l'économie marchande condition de la formation de l'esprit critique chez les jeunes.

Souhaitons tous nos encouragements à cette enseignante !! Au train où vont les choses, la "gestion de la classe" risque de plus en plus de ressembler à du dressage de fauves ... sans fouet ni bâton !!
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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 01:43
C'est à la Chapelle en Vercors, haut lieu de la résistance française contre l'occupation allemande que Nicolas Sarkozy a choisi d'exposer, le 13 novembredernier, sa "vision" de la France et de l'identité Française. Au delà des enjeux politiciens inévitables de ce genres d'exercices de style (élections obligent), ce discours révèle les travers et les faiblesses de notre président (rappelons qu'il est sensé nous représenter !) en matière de culture historique.

En effet la vision historique de notre président semble se rapprocher d'avantage de l'historiographie patriotique des débuts du XXème siècle, voir de l'entre deux gerres que du regard et de la connaissance historique que devrait posséder (du moins il me semble) tout chez d'Etat digne de ce nom. Ainsi, rappelant  la sacrifice des maquisards du Vercors et citant Malraux pour appuyer son propos, notre président semble oublier que de nombreux maquisards n'étaient pas des citoyens français mais des réfugiés de tous les pays envahis par l'Allemagne nazie venus trouver refuge et continuer à se battre contre l'occupant. Aussi peut-on penser que ce qui les motivait, "la force étrange qui les poussait à risquer leur vie", pour reprendre les mots dui président, n'était pas tant une haute idée de la France que le refus d'un régime et d'une idéologie qui avait su faire de l'identité nationale la pierre angulaire d'une politique d'exclusion et d'extermination à grande échelle ... mais celà, notre président ne l'a pas dit.

S'il ne l'a pas dit c'est parce que, à sa façon aussi, il entend se servir de l'identité nationale comme critère de discrimination pour départager les français entre eux, pour séparer le bon grain de l'ivraie, les "bons" français qui travaillent, vont à l'église le dimanche, et dont les enfants suivent docilement les enseignment de leurs professeurs, de tous ceux qui ne font que parasiter notre beau pays (qui bénéficient de la sécurité sociale sans agire pour la France, qui osent bénéficier des allocations chômage et ne cherchent -mais peut-être ne trouvent-ils seulement pas - de travail, qui profitent de la gratuité de l'école - ce qui paraît normal vu qu'elle est également obligatoire jusqu'à 16 ans - et n'ont aucune considération pour les enseignants et l'institution, etc).

Cette vision de l'identité nationale mêlant le patriotisme bondieusard et les plus grossières images d'épinales n'est pas sans rappeler - étrangement - les discours belliqueux de la droite de l'entre deux guerre stigmatisant les juifs, les francs maçons et les communistes de parasites et de profiteurs. C'est qu'il est toujours plus efficace de désigner un bouc émissaire que de chercher les causes véritables de la crise ou, pour reprendre les mots de notre président, il est plus aisé de renoncer à "la haine de soi" pour se consacrer à la haine de l'autre, de l'étranger, de l'imigré ... mais c'est aussi ainsi que l'on s'éloigne et que l'on baffoue un peu plus le véritables valeurs de la France ... mais celà notre président ne le sais visiblement pas.

Enfin, rappelons qu'à ne pas vouloir se connaître soi-même (rappelons que de l'aveu présidentiel, il s'agit de la phrase la plus stupide qui soit) on finit par ne plus connaître les autres et par les haïre.

En conclusion, si c'est vers cette France que l'on nous mène, vers une France de rejet, d'intolérance et de patriotisme belliqueux, alors je n'ai pas peur de le dire : De cette France là, Monsieur le président, je n'en veux et n'en voudrais pas , même pour tout l'or du monde !!
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  • : Considérations Intempestives
  • Considérations Intempestives
  • : En 1873, le philosophe allemand Friedrich Nietzsche publiait ses "considération intempestives " en réaction aux dérive de son époque : fièvre identitaire, dérive nationaliste, Enquistement dans la pensée unique. Aujourd'hui, la philosophie, à son tour, s'est peu à peu laissée gagnée par le mal du temps (Il n'y a qu'à lire quelques lignes de Ferry, Finkielkraut et consorts pour s'en convaincre). Seul le roman noir et quelques irréductible philosophes continuent à brandire le pavillon de la critique ... Ce sont eux que je désire vous faire connaître.
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  • Passionné de littérature, de culture et d'art avec une prédilection pour les polars et le jazz, l'auteur désire simplement partager sa passion.
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