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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 21:40
Roger John Ellory

Roger John Ellory

Biographie (résumée) :

  • Nom : Ellory, René John (R.J.)

  • Naissance : Juin 1965, Birmingham (Angleterre, Royaume-Uni)

  • Profession : Romancier (Roman policier, Thriller)

  • Père : inconnu, mort avant la naissance de R.J. Prétendument, un voleur irlandais.

  • Mère : Carole, Actrice, Danseuse de Balet, Chanteuse. Décède de pneumonie en 1972 (R.J. A 7 ans)

  • 1 Frère ainé

  • Grand père : Mort noyé au large de la péninsule de Gower (Pays de Galles, Royaume-Uni) en 1957

  • Grand-mère : Elève un temps R.J. avant de le placer en orphelinat.

 

Biographie (détaillée) :

Roger John Ellory né en juin 1965 à Birmingham (Angleterre, Royaume-Uni). Jusqu’à l'âge de 7 ans, il vit avec son frère et sa grand-mère chez sa mère, sa seule parent - Ellory n'a jamais connu son père, selon certaines sources, il aurait été un voleur irlandais.

En 1972, sa mère meurt d'une pneumonie. Sa grand-mère devient alors la tutrice légale des deux enfants. Mais elle refuse vite de s'en occuper et les confie à un orphelinat.

Commence alors pour Ellory une vie de délinquance et de délits mineur caractérisée par les expulsions successives des orphelinats où il est placé.

A 16 ans, il se retrouve à l'orphelinat de Kingham Hill, à Oxford. Il s'agit d'un orphelinat fondé par une famille de riches banquiers, la famille Barings-Young pour les enfants abandonnés. Là Ellory y découvre, dans la bibliothèque de l'orphelinat, les romans de Charles Dickens, d'Agatha Christie, de Arthur Conan Doyle, de Truman Capote, de Harper Lee, d'Ernest Hemingway et de William Faulkner.

En 1981, à 16 ans, il quitte l'orphelinat et s'inscrit au Bourneville College of Art tout en continuant sa vie de délinquance. Un an plus tard, il est arrêté pour braconnage et condamné à de la prison ferme.

A sa sortie de prison, il rentre juste assez tôt pour assister à la mort de sa grand mère. Il décide d'arrêter le collège, trouve un travaille dans la photographie et la conception graphique. Parallèlement à son travail, il étudie la musique, joue de la guitare et de la trompette dans un groupe nommé les « Raies Manta » qu'il quittera à la mort du batteur.

Il étudie alors la littérature (Œuvre complètes de Conan Doyle, de Michael Moorcock, de J.R. Tolkien, de nombreux ouvrages de Stephen King, de L. Ron Hubbard, de Gibran …), la philosophie (Socrate, Platon, Freud, Sartre, Schopenhauer, Sören Kierkegaard, Descartes, Dewey), la religion (le boudhisme : Guatama Shakyamuni, Guatama Siddartha, Krishnamurti et le Livre des Morts Tibétains), la Bible et le Bhagavad Gita., la psychologie et la psychanalyse (Freud, Adler, Jung), les thérapie mentales et les techniques de réhabilitation des toxicomanes.

Le 4 novembre 1987, il entreprend la rédaction de son premier roman qui auquel il consacrera plusieurs mois d'écriture intensive. Suivent 22 autres récits, tous écrits à la main, et tous refusés par les maisons d'édition britanniques auxquelles il s'adresse au motif qu'ils ne pouvaient pas publier de livres dont l'action se déroule aux États-Unis rédigé par un auteur britannique. On lui conseille de s'adresser à des éditeurs américains … qui lui retournent la même réponse.

De frustration, il cesse l'écriture et prend un travail dans un cabinet. Il y découvre alors l'informatique et le traitement de texte.

En 2001, il se remet à écrire et publie son premier roman Candlemoth. Depuis, il publie un roman tous les ans.

 En septembre 2012, Jeremy Duns, auteur de romans d'espionnage, découvre que, sous le couvert de pseudonymes, R. J. Ellory écrit sur internet de fausses critiques, élogieuses pour ses propres romans et négatives pour ses concurrents5. Lors de la révélation dans la presse par le Daily Telegraph, Ellory s'excuse de son comportement6.

En avril 2013, Le magazine Lire révèle qu'Ellory est un membre actif de l’Église de Scientologie depuis 1986

Bibliographie (Titres anglais) :

  • Candlemoth, 2003, présélectionné pour le CWA Ian Fleming Steel Dagger 20038
  • Ghostheart, 2004
  • A Quiet Vendetta, 2005 - Vendetta - Prix des libraires du Québec 2010, catégorie Roman hors Québec
  • City of Lies, 2006, présélectionné pour le CWA Ian Fleming Steel Dagger 20079
  • A Quiet Belief in Angels, 2007
  • A Simple Act of Violence, 2008
  • The Anniversary Man, 2009
  • Saints of New York, 2010
  • Bad Signs, 2011
  • A Dark and Broken Heart, 2012
  • The Devil and The River, 2013

Bibliographie (Titre français) :

- R. J. Ellory (trad. Fabrice Pointeau), Seul le silence [« A Quiet Belief in Angels »], Paris, Sonatine Éditions,‎ 2008, 504 p. (ISBN 978-2-35584-013-5)

  • Réédition Le livre de Poche Thrillers, 2009, (ISBN 978-2-253-12527-3)
  • Prix10 BibliObs/Le Nouvel Observateur du roman noir 2009 - catégorie roman étranger
  • Prix des lecteurs du Livre de Poche / le choix des libraires 201011

R. J. Ellory (trad. Fabrice Pointeau), Vendetta [« A Quiet Vendetta »], Paris, Sonatine Éditions,‎ 2009, 651 p. (ISBN 978-2-35584-016-6)

  • Réédition Le livre de Poche Thrillers, 2010, (ISBN 978-2-253-12526-6)

R. J. Ellory (trad. Clément Baude), Les Anonymes [« A Simple Act of Violence »], Paris, Sonatine Éditions,‎ 2010, 756 p. (ISBN 978-2-35584-030-2)

  • Réédition Le livre de Poche Thrillers, 2012, (ISBN 978-2-253-15711-3).

R. J. Ellory (trad. Fabrice Pointeau), Les Anges de New York [« Saints of New York »], Paris, Sonatine Éditions,‎ 2012, 500 p. (ISBN 978-2-35584-110-1)

  • Réédition Le livre de Poche Thrillers, 2013, (ISBN 978-2-253-15712-0).

R. J. Ellory (trad. Fabrice Pointeau), Mauvaise étoile [« Bad Signs »], Paris, Sonatine Éditions,‎ 2013, 600 p. (ISBN 978-2-35584-194-1)

  • Réédition Le livre de Poche Thrillers, 2014, (ISBN 978-2-253-17607-7).

R. J. Ellory (trad. Fabrice Pointeau), Les Neuf Cercles [« The Devil and The River »], Paris, Sonatine Éditions,‎ 2014, 574 p. (ISBN 978-2-35584-269-6)

 

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 09:21
Megan Abbott et Sara GranMegan Abbott et Sara Gran

Megan Abbott et Sara Gran

Interview de Sara Gran et Megan Abott  au sujet de leur livre Claire Dewitt & La Cité de la mort [Claire Dewitt & the city of the dead] (roman policier) et La Fin de l’innocence [THE END OF EVERYTHING] (roman criminel gothique de banlieue) parus tous deux en 2011.

[http://www.meganabbott.com/megan.html#interviews]

Sara : La Fin de l’innocence est plutôt réaliste, il peint une image presque douloureusement précise d'une jeune fille qui est, comme vous le dites, « à la fin de tout » : la fin de l'enfance, la fin de l'ignorance sexuelle (ou de la prétendue ignorance sexuelle),  la fin des promesses d’amitiés éternelles, la fin de cette brume d’ignorance et d’innocence qu’est l’enfance. Il ne se lit pas comme un roman policier – je dirais qu’il s’agit d’avantage d’un roman à énigmes, même si je pense que vous n’approuverez pas ce qualificatif -  mais la jeune narratrice agit, à sa manière, comme un détective : elle essaie de résoudre le mystère de ce qui est arrivé à sa meilleure amie, à la fois littéralement et psychologiquement. Elle cherche à retrouver son amie mais aussi à comprendre les voies tortueuses de la sexualité, de l'âge adulte et du désir. Dans mon livre, l'intrigue policière est très exagéré et pas du tout réaliste, et les filles elles-mêmes se sont très différentes. Les miennes sont des dures, des filles urbaines profondément troublées, les vôtres sont des filles de banlieue ordinaire, mais qui chutent à travers leur fissures (ou peut-être les recherchent). Pourtant, nos deux livres parlent d'une jeune fille qui a disparu, et de sa meilleure amie qui la recherche. Comment avons-nous foutus ? Je veux dire dans le bon sens, bien sûr !

Megan : Je me souviens quand nous avons tous deux réalisé cela ! Il est frappant de constater à quel point nos intrigues sont étroitement liées : dans les deux cas des filles détectives et dans les deux cas elles enquêtent sur un enlèvement qui n’en est pas vraiment un. Et l’adolescence – l’amitié adolescente - y joue un rôle prépondérant soit dans l’intrigue proprement dite, soit à travers des flashbacks. Je pense que nos livres sont semblables en ce qu’ils traitent de la perte de l’innocence. Ils sont tous deux des sortes de voyages initiatiques. Le ton et la matière de l’intrigue sont différents mais je sens qu’ils sont profondément liés à un autre niveau. Mon personnage, Lizzie, trébuche sur un mystère et tente de se relever, mais votre livre, à bien des égards, traite de l'idée de mystère lui-même. Vous l’appréhendez de façon ludique, dans le style pomo à certains moments, mais ce qui le sépare d'une sorte d’implosion de base est que l'idée de «mystère» est une diversion qui nous protège des plus grands, plus profonds et des plus insondables mystère. C'est un livre amoureux du mystère, un livre qui, lui-même, commence à se sentir comme cet objet mystique, avec des codes enfouis dans les énigmes. Vos livres reprennent toujours et détournent les conventions, mais Claire semble faire encore plus – Il semble construire quelque chose d'entièrement nouveau à partir d'épave de bijoux, de livres perdus depuis longtemps et d'autres trésors.

Sara : Je vous remercie ! La Fin de l’innocence est stylistiquement un peu une passerelle vers d’autres livres : c'est un livre contemporain, plutôt qu'un livre d’historique – un livre tout à fait fictif (beaucoup de vos travaux précédents ont été fondés sur de vraies histoires criminelles). Il a une qualité propre - oh, je ne sais pas trop comment le dire, mais quelque chose de personnel et profondément enracinée là. Peut-être que ce que je veux dire, c'est que vos livres précédents ont traité plus de l'histoire, du cinéma, du vrai crime, et de votre vaste connaissance de toutes les choses noires, mais La Fin de l’innocence  semblent être construit uniquement à partir de votre propre expérience et vos propres profondeurs. J'aime tous vos livres depuis quelques temps, mais il y a quelque chose dans La Fin de l’innocence à la fois si sombre et vraiment et réel qui est rare dans la fiction, quelque chose que vous ne pouvez pas nommer parce que si l'on pourrait le nommer, nous n'aurions plus besoin de livres.

J'ai donc deux questions à vous poser : la première, qu’est-ce qui si intéressant au sujet des ​​filles détectives / filles disparues ? Et la seconde, je suis curieuse de connaître les différences entre La Fin de l’innocence et vos autres romans - si la décision d'aller sur cette voie était une décision réfléchie, tout simplement une progression naturelle ou s’il s’agit d’un livre qui avait été en vous dès le début, ou aucune de ces réponses ?

Megan : Je pense que pour moi le voyeurisme est la fascination clé. Peut-être que tous les écrivains sont des voyeurs. Je suis sûr que je le suis. Je n'ai pas l’œil pendu au judas, pas littéralement au moins, mais je pense que je le fais souvent, par l'esprit. De la même façon, les jeunes filles sont très curieuses et cela prend souvent des formes différentes que chez les jeunes garçons, ou du moins c’était le cas quand j'étais jeune. Les garçons sont peut-être plus encouragés à être des chercheurs et des explorateurs, mais les filles sentent souvent - au moins jusqu'à ce que nous soyons tous devenus responsables ! – qu’elles doivent avoir un œil sur les choses sombres, et pas seulement devant droit devant elles. Qu’elles doivent souvent agir comme un détective : cacher leur véritable but, leur véritable rôle. Rien de vraiment super-sexué, je suis seulement fasciné par la curiosité envahissante, l'intensité et l'hystérie de l'adolescence.

Quant à la différence de ce livre, pour moi, c'est surtout une différence de temps. La Fin l’innocence se déroule dans les années 1980, quand j'étais une adolescente. Mes livres précédents se sont tous déroulés dans le milieu du siècle, un monde que je ne connaissais pas et que j’ai dû, en grande partie, reconstruire moi-même. Mais pourquoi est-il écrit-il maintenant ? C'est un livre que j'ai commencé à écrire à la fin des années 1990, mais je ne savais pas vraiment comment écrire un roman (et peut-être ne le saurais-je jamais !), aussi y revenir maintenant me fait me sentir un peu comme si je rentrais à la maison, mais comme si je rentrais à la maison plus sage et si je voulais guérir de vieilles blessures. C'était, dans le meilleur des cas, un peu risqué.

Sara : Je ne savais pas que vous aviez commencé le livre il y a si longtemps et que vous l’aviez mis de côté. Jusqu’où étiez vous allée la première fois ? Y avait-il une raison particulière pour que vous soyez incapable de le terminer alors, et que vous l’ayez fait maintenant ? Je sais ce que vous voulez dire quand vous dites ne pas savoir comment écrire un roman. Bien sûr, finir un livre exige son propre ensemble de compétences, mais en général les romans tôt avortés finissent oublié dans un vieil ordinateur que plus personne ne peut utiliser. Pourquoi êtes-vous revenu à celui-ci (et je suis heureuse que vous l’ayez fait !)?

Megan : Gee, c'est une excellente question. Mais je ne sais pas vraiment. J'ai eu envie d’essayer d’écrire quelque chose de plus contemporain et de différent. Alors j'ai commencé à jouer avec cette idée. Et après avoir vieilli de bonnes douzaine d'années et avec beaucoup plus d'expériences de la vie, j’ai eu une idée de la où l'histoire pourrait me  conduire, et comment elle pourrait m’y conduire. (Cela sonne comme si j'avais un plan, mais je n'ai jamais vraiment eu de plan.)

Sara : Juste une dernière question, puis je vous laisse, mais je suis vraiment curieuse parce que nous ne nous sommes jamais parlé avant. Donc, c'était la fin de votre premier livre ? Ou y avait-il d'autres demi-démarrages (j’en ai eu beaucoup, et encore aujourd’hui j’en ai tout le temps) ? Si oui, quels étaient-ils ?

Megan : Ça alors, probablement pas. Et ce livre-ci était seulement fini au tiers. Juste avant cela, j'avais écris des scénarios – d’impies mélanges de mauvaises imitations de Raymond Carver et de Reservoir Dogs (c'était au début des années 1990). L'inspiration peut être une drôle de chose.

A votre tour ? Qu’est-ce qui a déclenché Claire de Witt ?

Sara : La source d'inspiration pour tous mes livres réside dans la collision de deux mondes : dans ce cas mon amour des émissions policières et des romans de poche d’une part et ma longue fascination pour la divination, et la magie - la vraie comme la fausse.

J'ai grandi en séchant l’école et en restant à la maison pour regarder Columbo, Magnum, PI, The Rockford Files, Drôles de dames, Quincy et autres série policières ou criminelle. La nuit, toujours insomniaque, je restais et regardais Naked City. Tout le monde pense toujours que Columbo est sistupide, mais vous savez, il ne l’est pas. Ce commissaire n'a jamais cru en Quincy Quincy mais avait toujours raison (il n’y a jamais eu de mort accidentelle, jamais!) Et il y a quelque chose de profond et d’universel dans cette expérience - connaître la vérité sans jamais être cru -  le complexe de Cassandre. Et je pense que le roman policier est devenu une partie de notre mythologie. Eh bien, on dit que l’on écrit ce qu’on veut lire, et il n'y a vraiment rien que je préfère lire plus que les aventures d'un détective pot-fumeurs de mauvaise réputation, un homme roublard et dans les arts divinatoire et la lecture des signes.

J’avais aussi beaucoup envie d’écrire un livre dont l’action se déroulerait à la Nouvelle-Orléans (J'ai vécu à la Nouvelle Orléans 2004-2007), mais sans les habituels clichés - Music ! Food! Art ! Je voulais écrire quelque chose à propos de la Nouvelle-Orléans à ma manière, qui reflète ma propre expérience.

Megan : Permettez-moi d'intervenir pour dire que l'une des choses les plus surprenantes et les plus belles sur Claire est le paysage urbain de la Nouvelle-Orléans que vous dépeignez. Il semble tout à fait à la fois fantastique et puissamment authentique en même temps. Une sorte d'expressionnisme radical.


Sara : Merci, Megan ! En parlant de lieux, je suis curieux de savoir à quel point La Fin de l’innocence est autobiographique - pas les grandes lignes, je le sais, mais les petits détails sur la ville, sur le monde où les personnages vivent. En quoi cela rappelle-t-il votre propre enfance ?

Megan : C'est vraiment l’univers de ma ville natale (la banlieue Michigan) à cette époque. C’est comme si le monde entier s’était retrouvé dans la cour arrière de ma maison : les gicleurs, Ernie Harwell à la radio, les moustiques et les journées passées à regarder à travers les écrans de fenêtres et de portes. Toute cette sérénité est comme une sorte de manteau. Pas un manteau couvrant une sorte de perversité, comme dans les clichés sur les banlieues à la télévision et dans les films. Ce manteau voile toutes sortes de chagrins et de romances, de tragédies et de magies. C'est pourquoi ce que vous dites à propos de Brooklyn me parle beaucoup. Les lieux, comme les gens, sont toujours plus étranges qu'ils n'y paraissent, frappés du sceau du mystère, n'est-ce pas ?

Je devine que de manières très différentes nous montrons comment les lieux – les espaces - absorbent et émettent toutes sortes d'émotions et d'énergies. Est-ce une des raisons pour lesquelles les villes sont au cœur de ces nouvelles séries ? Que va devenir Claire la prochaine saison et comment en avez-vous décidé ?


Sara : « Et toute cette sérénité sert comme une sorte de manteau. Pas un manteau couvrant une sorte de perversité, comme dans le genre de méchante blague sur les banlieues à la télévision et dans les films. Ce manteau couvre toutes sortes de chagrins et de romances, de la tragédies et de la magies." Ce qui ressort si fortement dans votre livre, c’est le respect pour les gens qui vivent dans cette ville, sur le plan moral et spirituel, le respect manque si souvent dans les habituels regards sarcastiques, méchants sur la banlieue.

Les lieux sont presque plus importants que les gens de chez moi dans mon écriture. Après tout, ils sont comme les gens, mais ils ne sont jamais ennuyeux et ils ne s'en vont et ni ne partent jamais et ils ne sont jamais à court d’amour, de haine, d’acceptation, de rejet. Dans vos livres aussi, les lieux deviennent des personnages silencieux, particulièrement, je pense, dans Queenpin, où vous avez créé tout un paysage imaginaire de telle sorte à définir des limites et le cadre de votre histoire, mais bien sûr, tout est fabriqué sur mesure, ces limites sont auto-imposées. Pour répondre à votre question, j'ai quatre livres de Claire prévus, le premier en Nouvelle-Orléans, le second dans la région de la baie de San Francisco, le troisième à Los Angeles et Las Vegas, et le quatrième à New-York. Ceux-ci correspondent à peu près à quatre éléments eau, terre / bois, feu, air. Et oui, c’est exactement, cette différence dans la façon dont les espaces absorbent et émettent les émotions qui font apparaître des situations nouvelles et intéressantes pour Claire et qui ont motivé ses voyages. Moi aussi, j’ai voyagé, si bien que j’ai aussi voulu voyagé dans la fiction. Donc mes prochaines années seront consacrées à cela.

Megan, qu’allez-vous faire ensuite ? Comme d'habitude, vous avez terminé quatre livres avant que j’en ai terminé un seul ?

Megan : J'allais vous le demander ! Autrement dit, votre parcours migratoire de ces dernières années a-y-il joué un rôle dans votre cheminent avec Claire ? Maintenant, je veux voudrai en savoir plus à ce sujet (notamment à propos des vos voyages liés aux quatre éléments). Mais cette discussion pourrait continuer des décennies (et pourquoi pas off-ligne !). Le prochain livre pour moi, sera un livre sur cheerleaders. Il sera peut-être le plus sombre livre jamais écrit sur cheerleaders. Mais d’une certaine façon je ne le pense pas.

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Published by Petrus002 - dans Polars Auteurs Interview
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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 23:05

Quand vous êtes une adolescente, à peu près n’importe quoi peut vous faire ressentir toutes les terreurs de la terre. Et, dans Vilaines Filles de Megan Abbott,  le  groupe de pom-pom girls doit faire face à une morts mystérieuse , à la de graisse récalcitrants de la jeunesse , au  viol , à l’exclusion  du groupe , aux coups d'Etat même s’il ne sont pas sanglants , au chantage et au recruteur . Pour elles tous ces événements sont vécu sur le même registre : celui de la terreur … et appellent la réponse : l’attaque.

Toute l’intrigue est construite autour l'arrivée de la nouvelle coach : 15 % coach Taylor [personnage de la série TV Friday Night Lights réputé pour son absence de psychologie et ses positions tranchées[1]], 85% Miss Brody [personnage de la série TV Les Belles Années de miss Brodie (The Prime of Miss Jean Brodie) réputée pour son ouverture d’esprit et ses méthodes de pédagogies innovantes][2]. Beth, détrônée de sa position de pouvoir en tant que chef de majorette, décide de reconquérir son poste quel qu’en soit le coût. Et il n'y a pas un plus impitoyable que une adolescente vexée.
J'ai parlé à Megan Abbott au sujet de sa joyeuse bande de déviantes et des défis particuliers de l'écriture sur les adolescentes.

Ce que j'ai trouvé sur le plus remarquable dans Vilaines Filles était sa « physicalité ». En tant qu’ancienne cheerleaders et danseuse de ballet, je pense que vous avez tout à fait raison au sujet de la façon dont la douleur de l’entraînement peut rendre les choses plus claires, particulièrement  pour les adolescentes rebelles. Comment avez-vous vous mettre dans le corps d'une majorette adolescente ?

J'ai fait beaucoup de l'écoute en ligne pour apprendre les manières les filles parlaient de leur corps, comment elles font physiquement pour faire ces cascades, pour le manipuler et même le remodeler. La joie de vivre qu'elles sentaient m'a puissamment frappé.

Et même si je n'étais pas une athlète à cet âge, j’ai commencé à me rappeler intensément la relation complexe que vous avez avec votre corps à cet âge, le désir de le changer et la façon dont il peut vous surprendre. Ces souvenirs ont contribué à éclairer les parties les plus viscérales du livre, ce sensation d’avoir votre corps continuellement à l’esprit et de pouvoir en prendre le contrôle, même si cela signifie se mettre en danger.

Beth est très intéressant pour moi, car elle n'est pas juste un vrai sociopathe. Elle ne semble pas elle-même très bien savoir pourquoi elle fait ce qu'elle faisait. Pensez-vous que Beth veuille être dur et insensible, mais ne puisse pas tout à fait y arriver ?

Je pense que c'est une excellente façon de le cerner. Je dois admettre que je suis un peu tombé amoureuse d’elle comme je l'ai écrit le livre. A l'origine, je voulais qu'elle soit un personnage beaucoup plus difficile, beaucoup plus fragile. Mais mes sentiments pour elle ont évolués au fur et à mesure que le livre s’est développé. Elle a été évincée du trône avec une rapidité étonnante, et elle se sent victime d’une injustice. Elle croit qu'elle a toujours bien fait. Alors je l’ai décrite comme si elle faisait toujours les choses bien. J'ai grandi en admirant sa ferveur, sa protection. Il ya un cœur meurtri en elle, et c’est lui qui la dirige.

En parlant de sociopathes, Est-ce que même un sociopathe pourrait faire un bon personnage dans l'un de vos romans ? S’il n'y avait pas cette attirance pour les regrets et les cas de conscience, y aurait-il beaucoup d'histoire à raconter ? Autre qu'un recensement sur le nombre de victimes ?

J’avoue, je n'ai jamais eu d’intérêt pour l'écriture de livre sur un "vrai" sociopathe. Pour moi, les sociopathes fonctionnent mieux dans les grandes satires ou dans les livres très stylisés où le plaisir tire de la bravade, de la ruse narrative, humour noir plus que personnage. J'aime beaucoup de ces livres (peut-être que le roman Ripley de Patricia Highsmith figure-t-il dans cette catégorie), mais il n'a jamais été le genre de roman que je pourrais écrire. J'ai toujours été attiré par les contes où l'on peut trouver encore une part de nous dans le plus sombre des personnages. Peut-être que nous ne ferions pas ce que ces personnages font, mais nous ressentons quelque chose pour eux , même si nous ne pouvons pas l'expliquer.

C'est votre deuxième livre dans une série consacrée au monde des l'adolescentes, et je me demande ce que vous trouvez d’intéressant en elles. Et qu'est-ce qui vous allez revisiter après La Fin de l’innocence. Je veux dire, outre le fait qu'il est évident que derrière la façade de chaque adolescente se trouve une âme meurtrière.

Eh bien, c'est probablement ça, pour l’essentiel !

Mais vraiment, je pense que l’agressivité des femmes, le désir et la rage chez des jeunes filles est encore peu explorée. Pour beaucoup d'entre nous, elle reste un sujet inconfortable. Nous avons beaucoup investi dans la foi en l’idée que les jeunes filles sont soit innocentes et pures, soit peu profondes, idiotes ou arbitraires. Autre chose que ce qu'elles sont (et nous savons tous ce secret) : chaudrons d'émotions et de pulsions complexes. Et avides de pouvoir: pouvoir social, pouvoir érotique, pouvoir émotionnel, pouvoir physique. C'est un terrain riche.

Quels sont, alors, les défis particuliers de l'écriture sur les adolescentes ? J'imagine que l'acquisition de leur langage est difficile ou de ne pas moraliser sur comment le sexting est la fin du monde pour nous tous ...

Je pense que la partie la plus difficile est le genre de double conscience dont ont affligé en tant qu’adulte. En écrivant de la tête d'une adolescente, je dois devenir à nouveau, en partie, une adolescente, avec toutes les frustrations et les émotions fortes qui vont avec et le sens du possible.

Mais alors il y a la femme adulte en moi qui veut lui dire de se retenir, d’éviter les situations dangereuses. C’est un peu comme regarder un film d'horreur où vous voulez crier à la jeune fille : «Ne pas montes les escaliers ! " En même temps vous « êtes » cette fille, en debout sur la première marche, qui se dit : «Je dois monter ces escaliers. Qui sait ce que les choses intéressantes m'attendent sur ​​le plancher à côté ? "


[1] Note du traducteur

[2] Note du traducteur

Interview de Megan Abbott, Auteur de DARE ME par Jessa Crispin, Fondateur et rédacteur en chef de Bookslut .
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Published by Petrus002 - dans Polars Auteurs
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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 14:30

AVT Jean-Christophe-Grange 8073

Né le 15 juillet 1961 à Boulogne Billancourt, dans les Hauts de Seine (Ile de France), Grangé suit des études de Lettres modernes (Gustave Flaubert) à l'Université de la Sorbonne où il obtient sa maîtrise en 1989.


Il travaille ensuite dans une agence de presse en tant que rédacteur publicitaire et comptable. Une expérience qu'il vivra trés mal : remise en cause des "valeurs universitaires" et confrontation à la "réalité" du monde du travail. Ainsi qu'il le raconte dans une interview donnée au magazine Alibi :


   "J'étais déstabilisé. A la fac, il y avait toujours un message subliminal qui dit en substance : Regardez ce que vous étudiez ; les cons ce sont les bourgeois ! Or, quand vous arrivez dans la vie professionnelle, vous vous rendez compte que c'est exactement le contraire : les maîtres, ce sont les bourgeois et les Stendhals et compagnie ce sont les cons"


    Dégouté par l'ambiance mercantile du milieu de la publicité et par les sommes indescentes que se versent les cadres, il décide de se lancer dans sa propre agence de presse et s'adjoint les services de grands reporters ... dont Pierre Perrin. La rencontre avec ce dernier sera pour lui comme un révélateur : découverte du voyage, du journalisme et de son écriture bien particulière ... et surtout des polars avec la découverte de James Elroy.


   Commence alors la seconde vie de Grangé, celle de Grand Reporter avec une série de reportage qui le conduira tout autour du monde et qui alimenteront chacun de ses romans.


 1990 :

Calcutta, Capitale de l'enfer. Portrait d'une ville en déroute.

Nomades, les passagers de la terre. Une année avec les derniers peuples nomades dans le monde.


 1991 :

Péril en la forêt. Les problèmes de déforestation à travers des macro-photographies des feuilles (Prix Reuter 1991).

Voyage d'automne. La migration des cigognes suivie par satellite (À l'origine d'un documentaire de 52 minutes, réalisé par Antoine de Maximy en 1998).


1992

La ballade du cormoran. Les pêcheurs Paï utilisant les cormorans dressés au Yunnan, en Chine interdite (Prix World Press).

Mississippi. Portrait d'une Amérique profonde. Du Minnesota à la Louisiane : les peuples et les problèmes du grand fleuve américain.

Les ailes de la forêt. Chasse, trafic, élevage des papillons à travers le monde

 

1993 :

Les enfants de la mafia. Sicile : l'utilisation des enfants par la Mafia.

Le bunker des souris. Allemagne : le plus grand laboratoire d'expériences animales.

Le piège de cristal. Au Groenland, l'expédition des glaciologues à 170 m sous la glace.

Les géants de la bravoure. En Espagne, le quotidien des nains toréadors.

Le voyage fantastique. Le corps humain en 3D.


  1994 :

Les suffragettes de Dieu. Rencontre avec les premières femmes prêtres anglaises.

Michaël Schumacher, 24 heures d'un champion. Reportage exclusif avec le nouveau Dieu de la F1.

Pleins feux sur le soleil. Les images inédites du satellite japonais Yokkhoh sur les éruptions solaires.

Les médecines du mystère. Hypnose, magnéto-thérapie, acupuncture, médecines parallèles.

Les seigneurs des îles. Les milliardaires vivant sur des îles.

S.O.S. paranormal. Le tour du monde des phénomènes paranormaux.


1995 :

Le trésor caché de Prusse. Des partitions originales de Bach, Mozart, cachées par des nazis dans un monastère en Pologne.

Le monde selon X. Plongée au cœur de l'invisible pour le centenaire des rayons X.

Le roi cinéaste. Portrait de Norodom Sihanouk.

La renaissance d'Angkor. La restauration d'Angkor sur informatique.

Les chevaux de sable. De mystérieux chevaux sauvages sur l'Île de Sable, dans l'Atlantique.

Voyage au centre du cerveau. Cartographie du cerveau.

Cap sur l'Homme bionique. Les systèmes électroniques et informatiques intégrés au corps humain.

Pharaons noirs, retour vers le passé. Reportage numérique destiné à reconstruire les pyramides de la civilisation koushite.

 

 

Riche de ces expériences, Grangé se lance alors dans l'écriture de son premier roman, Le Vol des Cigognes (1994). Inspiré par le reportage réalisé en 1991 sur la migration des cigognes il témoigne déjà de la volonté de Grangé de "parler du sujets pointus au plus grand nombre".


   "On avait équipé les oiseaux de balises satellites, on les avait suivi partout, d'Europe en Afrique, en passant par Israël. Je me suis dit en rentrant que si j'arrivais à écrire un polar avec des cigognes, ce serait vraiment original. »


 Suit en 1998 Les rivières Pourpres. Né d'une volonté résolument inverse du Vol des cigognes. Alors que ce dernier était marqué du sceau du voyage, Les Rivières Pourpres est un roman résolument sédentaire, presque un huis clos. Son action se concentre, se cristalise autour d'une communauté perdue, isolée, coupée du monde, ce qui contraint le lecteur à se focaliser sur l'intrigue, sur la psychologie des personnages, leurs motivations, leurs secrets. Cette attention presque freudienne à la face cachée de l'homme marque l'entrée officielle de Grangé dans le cercle des auteurs de thriller.


  En 2003, avec Le Concile de Pierre semble renoué avec la thématique du voyage et du dépaysement puisqu'il nous plonge dans les rithes et les secrets des cultures ancestrales d'Asie centrale, la où le chamanisme et une certaine conception du panthéisme fait loi ... mais suivant en celà une logique qui lui est propre, Grangé y introduit la modernité en tant qu'élément perturbateur et le coktail vire à l'explosion ...


   Puis vient une série de quatre romans consacrés à enquêter sur les origines du Mal :


   La Ligne noire (2004) Premier volume d'une tetralogie consacrée à la la compréhension du Mal, La ligne noire est sans conteste un chef d'oeuvre de plongée dans les abîmes (à tous les sens du terme). Le Mal est ici humain, cruel etparticulièrement insidieux ... mais je ne vous en dis pas plus ... A vous d'en faire l'expérience. Prenez garde tout de même ... A trop regarder l'abîme ...


   Le serment des limbes (2007). Un roman encore une fois proche de huis clos, centrée sur un décor, sur une ambiance lugubre bien particulière: Celle du Jura et de la profondeur de ses forêts. Mais surtout, une intrigue qui explore l'origine pour ainsi dire théologique du Mal, le Diable.


   En 2008, avec Miserere Grangé aborde le thème du paranormal et plus particulièrement celui des expérience de mort imminente ... et de l'influence de la musique.  Une oeuvre qui confine à l'ésotérique, aux mystères ... et aux origine du Mal


   En 2009, dans La Forêt des mânes renoue avec la quête du Mal et de ses causes psychologiques. Il aborde aussi l'épineux problème de la clause de confidentialité propre aux professions médicales et des problématiques morales que son usage induit.


  Puis en 2011, avec Le Passager, Grangé explore une nouvelle thématique: la maladie mentale, l'aliénation et plus particulièrement le syndrome du "Voyageur sans bagage". Cette thématique va le conduire jusqu'aux plus profondes abîmes de l'âme humaine, de sa monstruosité.


   Enfin en 2012, avec Kaïken, un roman marqué une fois de plus du sceau du voyage et du dépaysement. Dépaysement géographique entre la banlieue parisienne (celle de sa naissance ?) et le Japon, terre de contraste s’il en est, marqué au fer des traditions les plus rigoristes et travaillé par les appâts de la modernité la plus tapageuse. Mais aussi dépaysement temporel entre le nihilisme de notre modernité soumise aveugle aux tentations les plus mercantiles et le Japon médiéval (Hoken-Seïdo) arque bouté dans ses traditions ancré dans un esprit de corps et de soumission inflexible et quoi que travaillé par un érotisme mâtiné d’homosexualité.


Mais alors, qu’est-ce qui fait la « Signature » Grangé ?


   Une ambiance tout d’abord. Une ambiance noire, pas au sens des romans noirs, vous l’aures compris, mais au sens sinistre, lugubre, voir proprement diabolique. Car chez Grangé, il y a comme un attrait pour le Mal, sinon une fascination pour la face la plus sombre et violente de l’homme, sa monstruosité. Grangé le reconnaît lui-même :


   "On écrit sur ce qui nous pose problème. Je la [la violence des hommes] mets en scène parce que ça me chatouille, ça me fascine."


   Mais Grangé, c’est surtout un style, une écriture reconnaissable entre tous. Un style et une écriture proche du cinéma (même s’il se défend d’avoir écrit « pour » le cinéma), une écriture cinétique, faite de vitesse, d’accélération et de suspens, de temps forts, haletants et de période plus posée où le doute peut s’installer, le soupçon grandir et la peur germer.


   Un style surtout qui nous happe dès les premières lignes, nous ravit et nous emporte tombeau ouvert d’une péripétie à une autre, d’un abyme à un autre pour ne laisser, haletant, transit, le cœur en chamade sur le seuil de son intrigue.


Un style enfin qui a fait de lui l’un des auteurs de thriller francophone les plus lus en France comme à l’étranger … et qui le place désormais en compagnie des Stephen King et des Patricia Corwell.

 

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 16:41

images-copie-1.jpg"Je suis né en 1951 dans la petite ville de Nashville (Arkansas). Ma famille déménagea l'année suivante pour s'installer dans la bourgade voisine de Malverne, et c'est là que j'ai grandit. Mon père était avocat et juge, ma mère, comme presque toute les mère de cette époque, était mère au foyer. J'avais trois soeurs.

 

J'étais un petit garçon timide qui n'aimait pas l'école et n'avait pas de bonnes notes. Je préférais lires des "comics", aller pêcher au lac Catherine ou regarder des films fantastiques comme "L'attaque des crabes géants" ou "l'inconnu qui rampe"  au Ritz Theater.

 

Grandir en Arkansas dans les années 50 n'était pas trés différent de grandir en Afrique du Sud sous l'apparteid. Le racisme contre les noirs était partout présent. C'était un racisme siffisant, arrogant mauvais et soupçonneux. Il mettait au défi quiconque de penser différemment. J'ai su trés jeune qu'il avait tort mais personne autour de moi (et je veux dire pas une seule personne) n'était de mon avis. J'ai appris trés tôt ma première leçon : ne jamais se laisser imposer ses idées par quiconque. Une personne seule peut avoir raison et la société entière peut avoir tort. Et en effet, la société se trompe habituellement.

 

J'avais l'intention de suivre les traces de mon père et de devenir avocat, mais quand je suis allé au lycée  j'ai changé d'avis. J'ai eu un professeur d'anglais, un certain Georges Horneker, qui pensait que j'avais des talents d'écrivain. Plus tard, dans mes premières années étudiantes, j'ai quitté les études de science politique pour la littérature anglaise. J'avais préssenti que ma destinée était de devenir écrivain et jamais je n'ai regretté mon choix ni eu la moindre seconde de doute à ce sujet.

 

J'ai obtenu un "Bachelor of Art" à l'Université de Little Rock (Arkansas) et un "Master of Art" (maîtrise ndt)   à l'université de Fayetteville (Arkansas). Et à force d'application, j'ai intégré un doctorat à l'Université d'Austin (Texas). Mon intention était de devenir enseignant. J'avais étudié l'anglais en tant qu'étudiant à Fayetteville et j'avais adoré apprendre. J'aimais le calme des campus, les étudiantes sexies et le calme des bibliothèques de l'Université. Celà me semblait être un bon plan pour passer mon temps en attendant de vivre de mes écrits. Mais ensuite j'ai encore changé d'avis.

 

J'avais passé toute ma vie exclusivement dans les livres et j'ai réalisé qu'en tant qu'écrivain et en tant que personne j'avais besoin d'expérimenter d'avantage de ce que l'on appelait le monde "réel". J'écrivis au Texas pour leur dire que je ne viendrais pas.

 

Explorer le monde peut être intimidant, spécialement quand vous êtes un type calme et timide comme moi. Fort heureusement, j'ai rencontré un partenaire.

 

Quand j'ai eu 12 ans, la famille Epperson eu de nouveaux voisins, les Thorntons. Billy Bob avait 8 ans. Il portait des lunettes, avait des dents de lapin et ressembalit à s'y méprendre au personnage d'Ernie Douglas dans "My Three sons" (et il est actuellement l'un des trois enfants) . Nous avions beaucoup de choses en commun - nous aimions tous deux le sport, les films d'horreur et les comics - mais une différence d'âge de 4 ans est un vaste gouffre quand vous êtes un enfant et je ne le considérais certainement pas comme mon égal. Quand mes amis et moi avions besoin de quelqu'un pour compléter l'équipe quand on jouait au baskettball ou pour chauffer le banc au football, nous prenions Billy Bob.

 

Nous avions un surnom pour Billy Bob : "Silly Bob" (Bob le stupide, ndt). On lui jouait  souvent des tours. Une fois Shuck Shyrock et moi, on essayait de retrouver un ballon de foot perdu dans les buissons, on est tombés sur un nid de guêpes, on a dû battre en retraite. On était resté en retrait en essayant d'imaginer comment sortir notre ballon de là quand Billy Bob est arrivé. Nous lui avons dit que nous ne pouvions pas sortir notre ballon des buissons car nous étions "trop gros" pour y aller. Billy, toujours désireux de faire partie du groupe des grands, était heureux de pouvoir nous aider. Il s'est engouffré dans les broussailles et, un instant plus tard, en est ressortit en trombe, le ballon dans les bras, hurlant que des guêpes lui grouillaient autour et le piquaient de partout. Chuck et moi en avons bien ri.

 

 Je n'avais pas revu Billy depuis des années après être parti au collège. Quand j'ai eu terminé mon master, je suis revenu à Malverne où j'ai travaillé sur un roman et essayé de m'imaginer ce que je ferai après. Billy et moi avons repris contact.

 

Il ne ressemblait plus du tout à Ernie Douglas. Il avait une barbe, des tatouages et les cheveux longs jusqu'aux épaules. Il chantait et jouait de la batterie dans un groupe de rock tout en faisant des petits boulots pour des usines ou sur des chantiers de construction. Comme moi, Billy avait de grandes ambitions. Il voulait devenir le prochain Elvis Presley.

 

J'étais un fan des Waltons et je m'identifiais à John-Boy, l'ambitieux jeune auteur sudiste. Quand John-Boy a quitté les montagnes de Walton pour aller à New-York chercher renommée et fortune, j'ai  décidé qu'il s'agissait d'un signe et que je devais faire de même. J'ai proposé à Billy de venir avec moi. Le fait que nous n'avions que trés peu d'argent et pas le moindre contact à New-York ne nous a pas pour autant retenu. Nous avons prévenu nous mère et petites amies épleurées qu'il y aurait probablement quelques années avant que nous ne soyons de retour, ensuite nous avons acheté un guide routier et quitté Malvern dans ma buick noire.

 

C'était en juin 1977. L'été de Sam. Nous roulions à travers l'intimidant Holland Tunnel et avons garé la voiture sur l'Avenue of the Americas. Nous avons commencé à marcher. New-York nous terrifiait. Les immeubles semblaient immenses. Des vagues de taxis jaunes se ruiaient ici et là sur la chaussée. La foule des piétons sembait étrangère, rude et trés pressée. La seule personne amicale que nous avons rencontré fut une noire replète qui me dit : "Hé, petit, on sort ?" Flatté, j'ai répondu : "non m'dame, mais merci d'avoir demandé."

 

Nous avons marché et marché, et la nuit a succédé au jour. Un violent orage s'est abbatu sur la cité, nous avons été trempé jusqu'aux os. Nous avons vu des nuages appocalyptiques passer au dessus de l'Empire State Buildig. Nous avons décidé de retourner à la voiture mais nous ne savions plus où nous l'avions laissé. Nous étions perdus. La pluie continuait. Nous avions peur  que le Fils de Sam ne nous prenne. Finalement, avec l'aide d'un sympatique chauffeur de taxi, nous avons retrouvé notre voiture. Nous étions arrivés à New-York à midi, nous l'avons quitté la nuit à 10 heures. Choqués et humiliés, nous avons conduit à tour de rôle jusqu'en Arkansas. Nous avons fait escale dans un hôtel bon marché  à Rehoboth plage, dans le Delaware, pour quelques jours. Douze jours aprés avoir quitté Malverne, nous étions de retour. Billy est allé au Dairy Queen. Il est tombé sur sa copine. Elle fut surprise et dit : "Je pensais que tu étais parti à New-York."

 

Après quelques semaines de récupération, nous avons repris la route. Nous avons pris un bus Greyhound jusqu'à Lakeside, une banlieu de San Diego, pour aller voir l'oncle et la tante de Billy. Nous sommes tombés amoureux de la Californie assitôt que le bus s'est arrêté. Les montagnes, les palmiers, l'océan, tout nous semblait majestueux. L'oncle de Billy travaillait comme garde frontières à Tecate, une ville mexicaine à l'est de Tijuana d'où la venait bière. Un dimanche aprés-midi Billy et moi sommes allés à Tecate avec Billy et Sally et leurs adolescentes de filles. Nous sommes tombés au milieu d'une fiesta. Deux belles jeunes mexicaines nous regardait en souriant. Nous nous sommes présentés. Elles étaient soeurs. Rosa, qui avait 17 ans, connaissait quelques mots d'anglais, Guillermina, 19 ans, n'en parlait pas un mot. Nous sommes instantanément tombés amoureux , Billy de Rosa et moi de Guillermina et avons décidé de retourner à Lakeside. Nous avons pris le bus et traversé le pays jusqu'à Malverne, chargé la buick une fois de plus et  somme partis pour une nouvelle vie en Californie.

 

Les Eagles était notre groupe favori et "Hotel California" passait sans cesse à la radio, nous prenions celà pour un signe que les choses nous seraient favorables. Nous avons trouvé un appartement sur Wintergarten Boulevard. Etrangement, nos deux héros, Presley et Nabokov, moururent pendant les premiers mois de notre séjour là-bas. Nous avons également pris celà pour un signe, pourtant, nous n'étions sûrs de rien.

 

Nous avons traversé les montagnes sinueuses jusqu'à Tecate chaque fois que nous l'avons pu. Nous avons rencontré les familles de Rosa et Guillermina. Elles étaient neuf soeurs toutes belles. Mais Rosa et Guillermina étaient les plus belles. Leur famille était trés pauvre. Ils cherchaient l'eau avec des seaux dans un puis. Les toilettes étaient à l'extérieur de la maison, mais ils ne pouvaient pas être plus chaleureux et amicaux avec nous. J'ai passé dans cette maison quelques unes des meilleures années de ma vie. Billy et moi avons demandé à Rosa et à Guillermina de les épouser et elles ont accepté. 

 

Mais le retour à Lakeside ne fut pas trés joyeux. Le peu de monaie que nous avions ammassé en Arkansas n'a pas duré trés longtemps. Nous n'avons pas eu beaucoup de chance dans nos recherche de travail. Et comme celà ça arrivait souvent quand Billy et moi étions sous pression, nous nous disputions l'un l'autre. Aprés quelques mois, Billy en eut marre. Il a pris un bus pour l'Arkansas. Et ce fut la fin de l'histoire pour lui et Rosa.

 

Je me suis débrouillé pour faire durer les chose un peu plus longtemps. j'ai dégoté un job d'employé de nuit dans une boutique de comodités pour deux dollars de l'heure. Billy et moi, nous nous étions tirés des pattes du Fils de Sam à New-York, mais on parlait de vols et de meurtres d'employés de magazins aux alentours de Lakeside, alors toutes les nuits a Utotem furent de longues et terrifiantes à passer. Les montagnes, le Mexique et Guillermina furent chouettes mais ma situation devint intenable quand je fus viré par Utotem aux alentours de Noël. Alors j'ai conçu un nouveau plan. je devais retourner en Arkansas, aller au collège pour un semestre et obtenir le certificat pour enseigner dans une grande école, trouver un travail et me faire de l'argent, et ensuite revenir au Mexique me marier à Guillermina et la ramener en Arkansas. 

  

L'année suivante me trouva à Augusta, une petite ville au milieu des champs de coton de l'est de l'Arkansas. C'était un lieu triste et solitaire. Avant qu'il fasse frais, les moustiques devenaient si denses autour des lampadaires, la nuit, qu'on aurait qu'il y avait des nuages de fumée. Et ensuite l'hiver est arrivé, et les champs étaient monotones, tristes, morts et sans fin.

 

J'enseignais à une classe de 3ème au Lycée d'Augusta. Nous devions nous marier dans trois semaine, Guillermina et moi, dans une église catholique de Tecate, je comptais ensuite la ramener à Augusta.  Quand je fus convoqué dans le bureau du principal, par un message de mauvais augure via l'intercom.

 

Comme dans les romans ou les films noirs, j'ai passé la porte du bureau et me suis trouvé face à une jolie fille assise modestement en travers du bureau du principal, M. Matlock. Ce dernier m'a expliqué que cette ravissante jeune fille était une étudiante en dernière année et qu'elle était assignée à ma classe comme professeur assistante.

 

 

J'ai  immédiatement été conquis par cette fille et ça a été réciproque. La famille de Guillermina n'avait pas le téléphone, alors j'ai écris une lettre (en partie en Espagnol - chacun d'entre nous ayant étudié le langage de l'autre) lui disant que j'avais réalisé que j'étais trop jeune et trop immature pour me marier (ce qui était presque vrai) et que je ne viendrai pas à Tecate pour la noce. Quelques jours plus tard je reçu un appel en PCV de Guillermina. Rosa était aussi au bout du fil comme traductrice. Guillermina n'était pas certaine d'avoir compris de quoi parlait ma lettre. J'ai recommencé avec le "trop jeune et trop immature" mais Guillermina n'était pas dupe. Finalement, j'admis avoir rencontré quelqu'un d'autre. A partir de ce moment, je pleurais, et Rosa qui traduisais pour nous pleurait aussi, mais Guillermina ne pleurait pas. Elle m'a dit une simple mais bouleversante phrase dans son tout nouvel anglais : "Mais j'ai une robe blanche." Guillermina et Rosa étaient si belles et si gentilles et nous ont donné tellement plus que ce que Billy et moi leur avons apporté. Je me suis souvent demandé ce qu'elles étaient devenues.

 

Du point de vue d'une justice cosmique, les choses s'équilibrent. Deux mois après le début de notre romance, ma professeur assistante, qui était retourné faire du rangement dans son collège, a disparu. Après plusieurs jours frénétiques, je l'ai retrouvé. Elle m'a alors informé qu'elle avait trouvé que nous étions allés trop vite en besogne et que c'était fini entre nous. Ensuite j'ai reçu au autre appel de mauvais augure pour le bureau du principal où M. Matlock m'a appris que le conseil d'administration du lycée avait décidé de ne pas renouveler mon contrat (je n'ai jamais été en veine à Augusta), et ensuite, quelques semaines après, j'appris qu'ils avaient engagés mon assistante pour me remplacer.

 

Je suis partis pour Little Rock. J'ai loué la moitié inférieure d'un duplexe miteux dans un centre ville mal famé, en haut d'une colline, près d'un magazin d'alcools et j'ai commencé à me reconstruire une vie. j'ai écrit quelques articles pour des magazines locaux, j'ai enseigné l'anglais à temps partiel dans des collèges, j'ai été pendant six mois employé comme rédacteur en chef dans un hebdomadaire appelé "The Voice" où j'écrivais des histoires (quand je l'ai quitté pour prendre un autre travail, l'éditeur m'a dit : " Vous avez le pire rédac'chef de toute l'histoire du magazine.")

 

Cependant, j'écrivais. Depuis que j'avais commencé dans mes années de jeunesse, j'avais écris deux romans, une douzaines de nouvelles et une centaine de poèmes. Mais à l'exception de cinq ou six poèmes et d'une nouvelle, aucun n'avait été publié. J'avais consciencieusement envoyé mes écris mais je n'ai rencontré que des tempêtes de refus. J'avais presque trente ans et je gagnais presque assez d'argent pour conserver un toit sur ma tête. Mais ici, en Arkansas, j'étais coincé et je voulais partir à l'aventure, découvrir le monde. Alors, j'ai conçu un nouveau plan.

  

Je voulais partir pour Los Angeles et devenir un scénariste pour Hollywood. Revenir à "l'Attaque des crabes géants", j'avais toujours aimé les films et j'étais certain de pouvoir en écrire. Mais je ne me sentais pas de taille à m'attaquer à celà seul. J'avais besoin d'un partenaire.

  

Billy vivait à nouveau à Malverne. A son retour de Californie, il s'était un instant installé. Il avait rencontré une fille, s'était marié et avait eu un enfant. Une amie de sa mère était la secrétaire du gouverneur de l'Arkansas, à peine plus vieux que moi, Bill Clinton. Des liens furent tissés et Billy fut engagé dans le département autoroutes.

  

Nous nous étions séparés en plutôt mauvais termes à Lakeside et je ne pensais pas lui reparler un jour. Je voulais revenir à Malverne assez souvent pour voir ma mère (mon père était mort quelques années plus tôt, victime de l'obésité, du tabac et de l'alcool). Ma mère et celle de Billy était les meilleures amies. j'allais voir de temps en temps Billy. Nous avons recommencé à trainer ensemble. Aprés un moment, nous avons à nouveau été les meilleurs potes.

  

Il jouait toujours dans une troupe, un groupe du genre ZZ Top nommé Tres Hombres. Mais en termes carrière, il n'avais pas eu plus de succès en tant que musicien que moi en tant qu'écrivain. Billy avait un réel charisme en tant qu'artiste de scène et il avait suivi quelques cours d'art dramatique au lycée. Son mariage avait capoté, ce qui signifiait qu'il était libre pour voyager à nouveau. Aussi j'essayai de le convaincre de venir en Californie avec moi et de devenir un acteur (Je ne me le rapelle pas, mais Billy m'a dit qu'une partie de ma campagne de persuasion consistait à dire qu'il ressemblait à John Travolta).

  

A part pour sa musique, Billy n'avait produit aucun écrit, mais il vait un réel talent avec les mots. Il lui arrivait toujours des aventures étranges et il racontait des histoires drôles à leur sujet dans lesquelles il faisait les voix des différents personnages. Lui aussi était un fan de films, aussi avons nous décidé d'écrire un scénario tous les deux. Je suis allé dans une bibliothèque et j'ai trouvé un guide "comment réaliser un scénario" avec le script de l'Exorciste. En été 1981 nous avons rédigé un scénario intitulé "Run for the Hills" au sujet d'un quater back, star de son lycée, qui rencontre des difficultés avec la loi et qui doit prendre la fuite (c'était un trés mauvais script avec des passages trés bien écrits, et quise sont par la suite révélés être des échantillons trés utiles). Ensuite nous avons réalisé des plans pour revenir sur la côte ouest.

 

J'enseignais l'anglais à l'Université de Little Rock (Arkansas), aussi avons nous du attendre jusqu'à la fin du semestre. Nous avions l'habitude de monter sur le toît de la maison de Billy avec un pack de six bières et nous regardions les nuages blancs passer dans le ciel bleu, buvions et rêvions à toutes les choses merveilleuses qui nous attendaient en Californie. Nous étions absolument certains que nous aurions un grand succès, que nous taillerions Holliwood en pièce. Nous étions certains que tout celà arriverait à Noël.

 

Le semestre a pris fin. Billy a quitté son travail au département autoroutes. Aprés l'habituel adieu à nos mères, nous avons quitté Malverne par un vendredi matin pluvieux du début juin. Nous avions un lecteur de cassettes et nous avons mis une cassette des Beach Boys. C'est ainsi que "Californication" passait quand nous avons quitté la ville, les essuis glace battaient de gauche à droite.

 

J'avais échangé ma Buick noire contre une Mustang bleu-ciel. Nous avons fait halte dans une station service et acheté un guide routier. Nous avions 500 $ à nous deux. Quand nous avons atteint L.A., après trois jours de voyage, nous n'avions plus que 400 $.

 

Los Angeles était gigantesque. Nous ne connaissions personne. Selon les tarifs de l'Arkansas, nous avions largement assez d'argent pour nous trouver un appartement. C'était faux. Nous étions arrivés au beau milieu d'une vague de chaleur torride. Et en effet, ce mois de juin s'est avéré être l'été le plus chaud de l'histoire de Los Angeles. Nous roulions dans ma voiture à l'air non conditionné, suant dans nos vêtement et cherchant un travail qui n'existait pas. Nous sommes allés d'hôtel bon marché en hôtel meilleur marché et on devenait incroyablement désespérés en regardant notre argent disparaître. Dix jours aprés être arrivés, nous n'avions plus que vingt dollars. Pas assez pour un nouvelle nuit au motel de Winchester, à côté de l'aéroport, où nous logions. Nous avons fait nos bagages et sommes partis.

 

Nous avons roulés vers l'océan. Nous sommes allés sur la jeté de Santa Monica, nous nous sommes assis sur un banc et avons essayé d'imaginer ce que nous allions faire. Nous n'avions plus assez d'argent pour rentrer chez nous. Nous pouvions toujours appeler nos mères (en pcv) et leur demander de nous envoyer un peu d'argent, mais cette pensée nous horrifiait. Ce serait New-York tout le temps à nouveau. Partir en fanfare pour faire fortune à la grande ville, et revenir quelques semaines plus tard à la maison, la queue entre les jambes. Le soleil commençait à descendre sur la baie de Santa Monica ...

 

Manifestement, nous avons trouvé un moyen de rester à Los Angeles. J'aurai pu écrire un livre sur ce qui nous était arrivé ces dix dernières années, mais quelques phrases auraient suffit pour le moment. En termes visuels, je vois cette période comme une période sombre, avec de violents nuages et des flash d'une occasionnelle belle lumière dorée. C'était une époque de frustration, de conflits, de faim, de bitures et de fêtes, de coeurs brisés et de panne sêche, de maladies mortelles, de morts dans la famille, d'espoirs conçus et aussitôt déçus.

 

Billy et moi avons écrit un script en 1987 appelé "Color me Bad" renommé plus tard "One false move". RCA Collombia, une compagnie de vidéo, a investi de l'argent pour le tourner, et le film a été réalisé en 1992. On a fait tout un fla et une campagne personnelle pour voir le film diffusé dans les cinémas. Il a eu une critique dithyrambique en Mai. Billy et moi étions soudainement devenus une équipe d'écrivains célèbres, et la carrière d'acteur de Billy a commencé à devenir florissante. Dans son show de fin d'année, Ebert a même désigné "One false Move" comme le second meilleur film de l'année car Siskel était le numéro un. Billy et moi devions une fière chandelle au rédacteur de cette critique.

 

Quatre autres projets de Billy et moi ont vu le jour depuis, je ne vous parlerai que de deux d'entre eux (les scripts des deux autres interompu en cours de production). A Family Thing avec Robert Duvall et James Earl Jones comme frères malchanceux sorti en 1996. The Gift, avec Cate Blachette en tant que figure emblématique de la petite ville du sud (à l'image de la mère de Billy) sorti en 2000 avec Keanu Reeves, Greg Kinnear et Sam Raimi comme directeurs.

 

En même temps que "Family Thing", un autre de mes films sorti en 1996. "A Gun, a car, a blonde" fut co-écrit par moi et la fille qui m'avait prêté de l'argent, Stéphanie Ames. Stéphanie dirigeait et j'étais le producteur. Jim Metzler jouait une victime du cancer amère qui s'évadait de sa souffrance dans un monde imaginaire de films noirs en noir et blanc où il accomplissait sa rédemption spirituemme. Billy et le tardif (et merveilleux tant comme acteur qu'en tant qu'être humain) John Ritter y jouait.

 

 

Aussi en 1996, je retournais à ma marotte littéraire et commençais la rédaction d'un roman. Villa Lucretia est l'histoire d'un jeune prêcheur baptiste originaire d'Arkansas qui, suite à une violente dépression, décide de partir à Los Angeles pour devenir acteur. Il loue un appartement à Villa Lucretia, un vieil et lugubre appartement d'hollywood que l'on disait hanté. J'ai travaillé sur ce livre tout en écrivant des scripts pour des films pour les six prochaines années. Quand mon agent l'nvoya à l'éditeur, je fus reçu par une véritable tempête d'e.mail de refus.

 

Je passais une paire d'années supplémenntaire à écrire un autre roman qui fut reçu plus chaleureusement. The Kind One (L.A Noir ndt) se déroule à Los Angeles en 1934. Son personnage central est un jeune homme nommé Danny London qui travaille pour un gangster nommé Bud Seitz, appellé le Kind One (le gentil, ndt)  car il ne l'était pas. Il a été publié en 2008. (Je suis content, quand j'avais dix-huit ans je ne savais pas que ça me prendrai trente huit ans pour avoir mon premer livre publié. Je pense que j'aurai trouvé celà quelque peu décourageant.)

 

Mon film favori est Shane et j'ai écrit un livre qui s'inspire de lui qui devrait sortir en janvier 2012. Sailor est l'histoire d'une jeune femme et de son fils qui fuient à travers l'Amérique avec six tueur brutaux à leur trousse. Dans une ville balnéaire de Californie, ils rencontrent un jeune homme de bonne famille, Gray. Gray fuit aussi ... son passé. et, bien ... vous saissez le tableau.

 

Question film, Billy et moi avons fait équipe encore aprés un long hiatus et écrit un script appelé Jayne Mansfield's car. Il se déroule dans une petite ville d'Alabama en 1969. Billy y jouera avec Robert Duvall, Kevin Bacon et John Hurt. Le tournage commencera en Georgie la semaine prochaine.

 

Il y a quelques semaines, j'ai eu soixante ans. Je passe maintenant la moitié de ma vie à Los Angeles. Je vis dans un agréable voisinage de maisons de style "leave it to beaver" avec ma Stefany, la fille-qui-m'a-prêté-de-l'argent-et-qui-est-maintenant-ma-femme, trois adorables chats domestiques, Sunny, Trubble et Sheera, et Bodhi, un chien éxubérant. je suis joyeusement en train de travailler à un autre roman. Je suis content maintenant, je n'avais pas plus de succès en tant que jeune auteur, autrement il ne me serait jamais arrivé d'écrire pour des films, de venir en Californie, et je n'aurai pas eu les amis, les chat, le chien, la femme, la vie que j'ai aujourd'hui. Je suis choqué, en colère et consterné par ce que je vois tous les jours autour de moi dans le monde, et je promets de faire ce queje peux pour réveiller les autres sur le fait que l'avidité, l'ignorance bornée, la guerre, les dégâts environementaux font du quotidien de l'existence sur cette planète une chose incertaine. Bon c'est tout pour le moment pour l'histoire d'Epperson. A suivre, comme on dit, espérons (si moi et la planète tenons le coup) pour quelques dizaines d'années à venir.

 

15 juin 2011 

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 15:24

 

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Au début de la guerre, en 1939, Anne Elise Cuneo, rentre avec sa famille à Milan. Après la mort de son père, Alberto, en 1945, elle passe sa jeune enfance dans divers internats et orphelinats religieux en Italie, puis à Lausanne en Suisse en 1950.

Cette même année, elle fugue pour aller apprendre l'anglais en Angleterre, à Plymouth et Londres et découvrir la culture anglo-saxonne durant une année. De retour en Suisse, elle poursuit ses études secondaires et universitaires à Lausanne, où elle obtient, en 1964, une licence ès lettres. Elle parfait sa formation comme conseillère en publicité et comme journaliste. Elle devient suisse par mariage.

Anne Cuneo exerce successivement les métiers de serveuse, monitrice, téléphoniste, secrétaire, traductrice, enseignante, journaliste, scénariste et réalisatrice de cinéma.

En 1967, elle publie son premier roman Gravé au diamant. Éclectique, Anne Cuneo partage son temps entre la création dans presque tous les domaines de la littérature et du journalisme. Son œuvre est animée par une participation spontanée aux courants modernistes.

Ses premiers romans traitent de l'immigration avec Portrait de l'auteur en femme ordinaire, la maladie, suite à son cancer du sein, avec Une Cuillerée de bleu ou encore la guerre, avec Les Corbeaux sur nos plaines. Essayiste, elle dessine des portraits des milieux du spectacle comme Le Piano du pauvre, Le Monde des forains ou Benno Besson et Hamlet.

Dès 1987, elle collabore comme journaliste indépendante, au journal de la Télévision suisse romande.

En 1998, Anne Cuneo publie son premier roman dit «policier» (mais qu’elle qualifie de «roman social»), Âme de bronze – suivi en 1999 par D’or et d’oublis puis en 2000 par Le Sourire de Lisa – où l’on retrouve l’enquêteuse Marie Machiavelli. Ses ouvrages, constamment réédités et traduits en allemand, sont tous de grands succès de librairie en Suisse.

Elle a également participé à des expériences cinématographiques, radiophoniques et théâtrales. De l’écriture, elle a passé à la mise en scène et à la réalisation.

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 11:01

Donald_Westlake_1215716c-copie-1.jpgDonald Westlake est né le 12 juillet 1933 à Brooklyn.

   Écrivain prolifique et éclectique, il a écrit plus d'une centaine de livres, approchant bon nombre des genres de la littérature policière que ce soit le polar humoristique (son genre de prédilection), le roman policier, le roman noir, le thriller, le fantastique ou même la science-fiction.


   Il a écrit sous divers pseudonymes, en particulier ceux de Richard Stark et Tucker Coe.

  Spécialiste du roman de « casse », ces deux personnages préférés et récurrents sont John Dortmunder, cambrioleur professionnel aux aventures rocambolesques poursuivi par la poisse et Parker (sous le pseudonyme de Stark), jumeau sérieux de Dortmunder, un cambrioleur froid, cynique et efficace.

   Il a remporté par trois fois le Edgar award, et a été désigné en 1993 Grand Master de l'association Mystery Writers of America.

   Donald Westlake s'est éteint le 31 décembre 2008.

   
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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 09:54


AVT Balthasar-Thomass 9660Né en 1967 de parents allemands et suisses-allemands, Balthasar Thomass grandit à Munich avant de s'installer en France.

Il s'investit d'abord dans la musique, et s'illustre comme pianiste de jazz sur les scènes des clubs et festivals de jazz en France et à l'étranger, accompagnant des musiciens comme Lee Konitz, Toots Thielemans, Clark Terry, Barney Wilen, Daniel Humair, Jerry Bergonzi, Franco Ambrosetti.

En 1988, il remporte le concours Paris-Défense avec le sextet de Michel Zenino et devient membre de l'Orchestre National de Jazz allemand. Avec Barney Wilen, il enregistre le CD "Le Grand Cirque" au Palais du Congrès du Mans, en compagnie de Philippe Catherine, Enrico Rava et Palle Danielson, et il enregistre ses propres compositions avec le saxophoniste T.Pagano pour le label allemand ACT, "Double Mind".

A l'approche de la trentaine, il décide de se consacrer complètement à sa passion pour la philosophie, et après un détour par l'esthétique de la musique, passe le concours de l'Agrégation de Philosophie, où il est reçu 7ème.

Aujourd'hui, il partage son temps entre l'enseignement, l'écriture, la photographie et la musique qu'il continue à pratiquer.

"Être heureux avec Spinoza" est le premier volume de la collection "Vivre en Philosophie" qu'il a fondé aux éditions Eyrolles en 2008. En mars 2010 parâit dans la même collection "S'affirmer avec Nietzsche", son second livre.

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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 09:00

220px-Eric_Giacometti_-_Salon_du_livre_de_Paris_2010.jpgÉric Giacometti est actuellement chef de service au Parisien, il a effectué de nombreuses enquêtes dans des domaines divers.

Spécialisé dans l'investigation dans les milieux médicaux et pharmaceutiques entre 1997 et 2002, il a enquêté sur les grandes affaires de santé publique, sang contaminé, hormone de croissance, isoméride, vaccin hépatite B sur lequel il a publié un livre, La Santé publique en otage. Au cours de sa carrière, il a travaillé sur les spoliations sous l'Occupation et a publié les archives inédites du ministère des Finances (Le Point) et le premier document sur le rôle de la Sacem sous l'Occupation (Le Parisien). Il a également enquêté à la fin des années 1990 sur la franc-maçonnerie, dans le volet des affaires sur la Côte d'Azur. Dans le domaine politique, a écrit avec André Bercoff, un livre pastiche sur Jean-Pierre Raffarin, les Raffarinades, et avec Henri Vernet, un ouvrage d'analyse humoristique sur les voeux de nouvel an des présidents de la République, Bonne année mes chers compatriotes. Membre et ex vice-président du Press Club de France.

 

Il fait partie des dix auteurs de thriller français les plus vendus en France et premier auteur classé de thriller ésotérique avec son ami Jacques Ravenne. Ils sont les créateurs du Polar maçonnique avec la série des Commissaire Antoine Marcas, policier franc-maçon, publiée dans 13 pays à ce jour, en grand format (Fleuve Noir), en poche chez Pocketet à France Loisirs.Ventes cumulées totales France au 30 novembre : 602 000 exemplaires. Cinq romans coécrits en 2005, 2006, 2007, 2008 et 2009 avec Jacques Ravenne : Le Rituel de l'ombre, Conjuration Casanova, Le Frère de sang, La Croix des assassins et Apocalypse (éditions Fleuve noir). Leurs romans revisitent les grands figures du légendaire ésotérique français (Templiers, alchimie, Rennes-le-Château, etc, qu'ils considèrent comme faisant partie intégrante d'un patrimoine culturel et fantasmatique unique au monde.


  • A publié deux autres thrillers dans des domaines liées à son activité journalistique, l'un dans le monde de la santé, Pannes de cœur, inspiré d'une histoire authentique de pacemakers mortels et récemment, en février 2009, un thriller dans le monde du football, écrit avec Karim Nedjari, Tu ne marcheras jamais seul (éditions Michel Lafon), qui décrit, sous forme de fiction, les turpitudes financières et médicales courantes dans ce milieu.

  • A publié, avec Jacques Ravenne, en novembre 2009, une nouvelle "Délocalisation" dans l'ouvrage collectif d'auteurs de polars L'empreinte sanglante'', Fleuve Noir. Ce récit s'inspire d'affaires récentes de délocalisations d'entreprise avec séquestrations de patrons.

  • A publié en décembre 2009, avec Jacques Ravenne,le livre enquête Le Symbole retrouvé (Fleuve noir), enquête décryptage du Symbole perdu de Dan Brown, JC Lattés.

  • Membre et co -fondateur de la Ligue de l'Imaginaire qui regroupe 9 romanciers amis : Olivier Descosse, Jacques Ravenne, Maxime Chattam, Bernard Werber, Laurent Scalese, Erik Wietzel, Henri Loevenbruck, Patrick Bauwen]. Les créateurs de la ligue de l'Imaginaire se définissent comme des raconteurs d'histoire et veulent promouvoir cette forme de littérature.

 

Bibliographie


Série Commissaire Antoine Marcas (avec Jacques Ravenne)

  • Le Rituel de l'ombre, Paris, Fleuve noir, 2005, 384 p. (ISBN 2-265-08072-1).
  • Conjuration Casanova, Paris, Fleuve noir, 2006, 445 p. (ISBN 2-265-08328-3).
  • Le Frère de sang, Paris, Fleuve noir, 2007, 499 p. (ISBN 978-2-265-08540-4).
  • La Croix des assassins, édition Fleuve noir, Paris, 2008, 534p.
  • Apocalypse, édition Fleuve noir, Paris, 2009, 408p.

Autres livres
  • Santé publique en otage, les scandales du vaccin contre l'hépatite B, éditions Albin Michel, Paris, 2001, 219p.
  • Raffarinades, avec André Bercoff, éditions Michel Lafon, Paris, 2003, 137p.
  • Pannes de cœur, éditions Fleuve noir et Mutualité Française, Paris, 2004, 276p.
  • Bonne Année, mes chers compatriotes, avec Henri Vernet, éditions Jean-Claude Lattès, Paris, 2006, 247p.
  • Tu ne marcheras jamais seul, avec Karim Nedjari, éditions Michel Lafon, Paris, 2009, 301 p.
  • L'Empreinte sanglante, collectif (Fleuve Noir), Paris, 350 pages.
  • Le Symbole retrouvé, avec Jacques Ravenne (Fleuve Noir), Paris, 280 pages.


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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 09:07

 

PeillonA500Né en 1953, à Courbev oie, Patrick Pécherot a exercé plusieurs métiers, en particulier dans le secteur social où il est aujourd’hui journaliste.


En 1996, il publie son p remier roman, Tiuraï, à la Série Noire Gallimard.

En 2002, il obtient le Gran d Prix de la Littérature Policière pour Les Brouillards de la Butte, premier volet d’une trilogie sur le Paris populaire de l’entre deux guerres.


Parallèlement au roman noir, il  alterne récits jeunesse, nouvelles, et bandes dessinées avec son complice Jeff Pourquié. Trois genres dans lequel il décline son thème de prédilection : la mémoire sociale, et son attirance particulière pour les atmosphères. 


En 2009, il obtient le prix « 813 » pour son roman Tranchecaille (édition Gallimard Série Noire) dans lequel il revient sur la « grande guerre », un sujet qu’il avait abordé pour les jeunes lecteurs avec l’Affaire Jules Bathias (Syros) – ouvrage nominé en 2008 pour le prix Chronos et le prix des Incorruptibles.

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Présentation

  • : Considérations Intempestives
  • Considérations Intempestives
  • : En 1873, le philosophe allemand Friedrich Nietzsche publiait ses "considération intempestives " en réaction aux dérive de son époque : fièvre identitaire, dérive nationaliste, Enquistement dans la pensée unique. Aujourd'hui, la philosophie, à son tour, s'est peu à peu laissée gagnée par le mal du temps (Il n'y a qu'à lire quelques lignes de Ferry, Finkielkraut et consorts pour s'en convaincre). Seul le roman noir et quelques irréductible philosophes continuent à brandire le pavillon de la critique ... Ce sont eux que je désire vous faire connaître.
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  • Passionné de littérature, de culture et d'art avec une prédilection pour les polars et le jazz, l'auteur désire simplement partager sa passion.
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