Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 17:32
Tout est sous contrôle (The gun seller) - Hugh Laurie - (ISBN 978-2-355-84027-2

Tout est sous contrôle (The gun seller) - Hugh Laurie - (ISBN 978-2-355-84027-2

Quand Thomas Lang, ancien officier de Sa royale Majesté, actuellement détective privé, s'est vu confié l'étrange mission d'assassiner Mr Woolf, un riche homme d'affaire américain, il s'est douté que l'affaire avait des relents pas très honnêtes. Raison pour laquelle il a pris soin de la décliner … et d'aller en avertir le principal intéressé. Car Thomas Lang a beau être un détective privé, il n'en reste pas moins un honnête citoyen britannique : il paie ses impôts (enfin quand il en a les moyens), dis bonjour à la dame … et ne tue pas d'honnêtes citoyens, même américains, sans une très bonne raison.

Mais ce que Thomas Lang ignorait, c'est ce ce simple geste de pure civilité, cet acte de pur civisme, allait le plonger jusqu'au chapeau melon (s'il en avait un) dans les méandres d'une affaire des plus ténébreuse. Une affaire d’État(s) (État sœur, État gère … enfin parfois car parfois il mine pas (oui l'Etat mine parfois quand il ne rit pas) et de gros sous (gros sous de table, entre autre), certes, mais aussi une affaire de cœur et de dame (rien à voir avec la Dame de cœur ? ) et une affaire d'agents secrets (agent double et agent triple, agent comptant et agent tilhomme – celle là était facile) … bref une affaire vraiment très complexe et très dangereuse, digne du meilleur des James Bond (un britannique, celui-ci également) ou de Clive Cussler (un américain, cette fois).

 

On l'aura compris « Tout est sous contrôle » est une sorte d'OVNI littéraire. Empruntant sans scrupule à tous les genre (au polar, le personnage du détective privé ; au thriller géopolitique, la CIA, les marchand d'armes, les terroristes et autres agences d'affreux en tout genre … jusqu'à la série Dr House, certains traits et particularité de son héro – la fameuse Kawasaki), il se plaît à nous promener d'un genre à un autre, à faire passer les gentils pour des méchants et ces derniers pour des … très méchants. Et il le fait avec un humour tout à la fois délicieusement impertinent, irrévérencieux et politiquement très incorrecte.

 

Bref, « Tout est sous contrôle » est l'un de ces romans que l'ont lit avec un plaisir non dissimulé et qui éclairent de leur humour même la plus morose des journées !!!

Repost 0
27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 16:24
Westlake, Donald : Monstre Sacré

Westlake, Donald : Monstre Sacré

Westlake, Donald - Monstre sacré - Editions Rivages / Noir - 1989 (édition US), 2011 (édition française), 2014 (édition française, Poche) - ISBN : 2-7436-2240-7

 

 Jack Pine tient une cuite mémorable. Rien de très exceptionnelle quand on sait qu'il est un acteur célèbre, l'enfant chéri d'Hollywood, le Monstre sacré de l'industrie cinématographique. Des beuveries et des cuites, il en a vécu d'autres et des sévères tout au long de sa vie d'excès et de débauche. Mais là, il y a quelque chose qui cloche : il ne se souvient plus pourquoi ni comment il s'est retrouvé dans un état pareil.

   Et il y a ce journaliste, ce Michael O'Connor, du magazine People, qui a débarqué pour lui poser toutes ces questions, sur lui, son histoire ses relations ... Alors Jack commence à parler. Et l'esprit embrumé  par l'alcool et les drogues, et sous l'effet des stupéfiants il raconte : d'abord sa biographie officielle, celle destinée au médias - comme le magasine People, justement, puis peu à peu arrivent des bribes de sa vie cachée (ses coucheries avec les autres personnalités du monde du cinéma, les mariages arrangés pour progresser dans l'univers d'Hollywood) jusqu'à ses relations étranges, dérangeantes, malsaines avec son grand ami d'enfance Buddy Pal. Relations qui se sont tissées depuis leur plus tendre enfance et qui l'ont construit, lui, la star du cinéma, au fil des ans ... Car si Buddy n'avait pas été là il ne serait pas là où il en est aujourd'hui. Mais justement, précisément, où en est-t-il aujourd'hui ?

 

  Encore un nouvel ouvrage plein d'humour et de sarcasmes du génialissime Donald Westlake (Paix à son âme) !! Construit autour d'une succession de flashback qui sont autant de réminiscences de Jack Pine, l'intrigue progresse, lentement mais inexorablement vers une fin que l'on devine cataclysmique mais que jusqu'à la dernière page l'on ne parvient pas à imaginer ! 

 

   Que dire de plus ? Chapeau bas !!

 

 

Ma biographie, c’est de la merde…une histoire pour livre de poche populaire. L’interlude religieux, le rapprochement raté avec les parents, l’épouvantable secret dans mon passé, les coucheries carriéristes, les trahisons, les lieux de tournage clinquants, les paillettes des mariages foireux, les problèmes liés aux antidépresseurs et tout le bordel.»
Lorraine, une de ses femmes, la plus intellectuelle de toutes, lui a dit un jour en se promenant le long de la plage de Malibu où il habite:
- Tu possèdes un merveilleux talent, chéri. Ton talent t’a lancé mais maintenant c’est notre époque seule qui te fait aller de l’avant. Il y a un autre pilote aux commandes. Tu n’es plus sous ton seul contrôle.
- A bien des égards, tu es un monstre d’un appétit puéril vorace. Et cependant en même temps tu es le bouffon sacré de Dieu, le monstre sacré, l’innocent épargné par la cruauté de la réalité. Tu peux être le héros, incroyablement fort et cependant, même moi, je ne connais pas les abysses de ta vulnérabilité. Et cependant, chéri, à bien des égards tu peux aussi représenter le mal. L’innocent et le pourfendeur de l’innocence étroitement imbriqués en une seule entité d’une grande puissance de séduction. Et cependant, avec quelle facilité tu portes ce fardeau.

Westlake, Donald : Monstre Sacré

Repost 0
17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 13:30

Shi Nai-An - Au Bord de l'eau, Sui-hu-zhuan - Gallimard, Paris 1997 - ISBN : 2-07-040220-7. 

51TEJ4CYDBL._AA160_.jpg51C12MA1GGL. AA160 -copie-2

 

   "Au bord de l'eau" (Shui-hu-zhuan) est sans conteste le roman le plus populaire de Chine, l'équivalent des Trois mousquetaires en France ou des Aventures de Robin des bois en Grande Bretagne, voir même par certains de ces aspects l'équivalent de L'illiade et de l'Odyssée de Homère. Il est tellement populaire qu'il est est à l'origine de nombreuses expressions populaires en Chine et que nombreux, parmi ses personnages, sont devenus des symboles servant à décrire des caractères ou des situations.

 

   L'histoire est d'une étonnante simplicité pour un roman aussi vaste (pensez-donc plus de 2000 pages !) : il s'agit de la réunion progressive d'une bande de hors-la-loi, justiciers et brigands au grand coeur ("épris de justice et insoucieux de richesses" selon les termes usités pour les décrires) dans la Chine médiévale sous la dynastie des Songs du nord au XIIème siècle.

 

   En cette époque où l'Empire chinois est déja unifié règne pourtant un indescriptible chaos : la corruption y est omniprésente, du plus petit hameau au palais de ,l'Empereur; du plus humble scripte au plus haut fonctionnaire, tous vivent ou survivent de pots de vins qu'ils amassent sur le dos des paysans et des villageois ; la justice est aux mains d'un ramassis de potentats locaux qui n'hésitent pas à envoyager au bagne voir même à condamner à mort quiconque a le malheur de ne pas leur plaire ... et routes et chemins sont infestés de brigands pillant et rançonnant les voyageurs. C'est dans ce contexte pour le moins troublé que nos héros - car il s'agit bel et bien de héros, tant par la posture droite et généreuse (souvenez-vous : "épris de justice et insoucieux de richesses") que par le statut social (tous ou presque sont des notables et/ou des érudits) vont être amenés à se croiser puis à s'unir au sein d'une même troupe qui va longtemps narguer les soldats impériaux.

 

    Au départ, nos héros, aussi braves que talentueux, aussi fins lettrés que maîtres en arts martiaux, sont issus de cette administration gangrénée : maîtres d'armes, officiers, gendarmes, maîtres d'école, employés administratifs, etc. Pour avoir refusé de faire le jeu de la tyranie et de céder à la corruption, ils se sont retrouvés dans une situation telle qu'ils ont dû commettre un crime (tuer un fonctionnaire impérial qui abusait de son pouvoir pour raquetter la population, par exemple) ou un déli (faire main basse sur une partie du trésor d'un potentat local). Ce qui leur vaudra d'être démi de leurs fonction, ruiné et banni dans une contrée lointaine. Afin d'échapper au déshonneur, nos malendrins n'auront d'autre solution que de "se cacher dans les herbes" ; c'est-à-dire de devenir hors-la-loi. Plusieurs bandes vont ainsi s'agréger autour de nos héros qui vont peu à peu se rencontrer et fusionner en une collossale armée de hors-la-loi de tous poils, forte de plusieurs milliers d'hommes, qui va donner bien du mal aux armées impériales.

 

   L'histoire se construit ainsi au fil des rencontres des personnages (et ils sont nombreux : 108 brigands !). Chaque rencontre générant une anecdote et chaque anecdote se contruisant autour d'une situation épique : combats dignes des romans de capes et d'épées, bagares à faire pâlir les films de Bruce Lee, intrigues et fourberies dignes des Trois mousquetaires et naturellement banquets et beuverie qui n'ont rien à envier à ceux de Pantagruel et Gargantua. L'écriture, allerte et pleine d'irronie, fait preuve d'une incroyable modernité pour un roman qui date du XVIème siècle, le narrateur n'hésitant pas à intervenir à de nombreuses reprises dans la narration pour donner son point de vue , expliquer telle ou telle situation au lecteur ou pour ménager et entretenir le suspens comme à la fin de chacun des 92 chapitres ("En définitive, comment les gueux s'y prirent-ils pour culbuter Sagesse profonds ? Il vous faudra, pour le savoir, lire la suite de l'histoire !") Ce qui donne au roman le caractère d'un roman à feuilleton voir d'un récit oral, à la façon des multiples "chants" de l'Illiade ou de la Chanson de Rollan : une succession d'historiettes construites autour de personnages hauts en couleurs et de situations épiques qui venant s'ajouter les unes aux autres ont fini par constituer une fresque épique.

 

   L'exotisme est bien sur présent à chaque page. Par le vocabulaire d'abord, car la traduction (celle de Jacques Dars, dans la version Gallimard) a su garder au récit toute la faricheur de la langue chinoise : Les noms des institutions sont d'une incroyable poésie (écoutez donc celà : "A l'audition de cette requête, Le Fils du Ciel [l'empereur] donna immédiatement ordre à l'accadémie de la forêt des pinceaux de pinceaux de rédiger d'urgence le texte d'un édit impérial ..." Quelle admirable périphrase pour désigner le bureau des scribes !), sans parler des noms des personnages (voyez plutôt : Lu Jun Ti dit la Licorne de jade, Li Yin dit l'Aigle fouette ciel, ou encore Yan Zhi dit le fauve à face jaune).


   Par le cadre ensuite, la Chine impériale qui a été le cadre de nombreuses histoires tant dans la littérature que dans le cinéma (cf. Le Secret des  poignards volants de Zhang Yimou, ) nous est présentée avec une rafinemant de détails distillés au compte goute avec une poésie (une fois de plus) d'une rafinerie - je dirais - toute orientale. A la façon des paysages dans la peinture japonaise, le décors brille tout d'abord par son incroyable sobriété (on est loin de la surabondance barroque des paysages et des décors des romans de Balzac ou d'Alexandre Dumas !), puis l'attention est attirée par un détail (un arbre, un ruisseau, une échope, etc.) lequel est décrit avec une finesse et un soin digne des plus belles enluminures orientales ... ce qui fait de chaque chapitre du roman (et ils sont nombreux !) autant de scènes pitoresques fortes en couleurs.

 

   Par l'écriture enfin. Le style, nous l'avons dit est allerte, l'écriture aérienne virvolte comme les épées et les pics des personnages, si bien que le lecteur est pris dans un toubillon de formes mouvantes, de couleurs chatoyantes et d'actions vives qui s'enchaînent les unes aux autres en un impressionnant ballais qui ne laisse au lecteur de répis que celui que s'accordent les personnages pour banqueter et festoyer avant de reprendre leurs périples. Et même en ces rares instants, l'abondance des mets plus exotiques les uns que les autres, la richesse des titres et des sobriqets des protagonistes, retient toute l'attention du lecteur. A celà s'ajoute les nombreuses intervention du narrateur qui s'invite dans le récit pour interpeller le lecteur, aguicher son attention par d'audacieuses provocations et, telle la mouche du coche, ne jamais le laisser son attention se reposer un instant ... Ce qui fait que jamais (ou trés rarement) au fil des  2000 pages de cet incroyable roman fleuve, je ne me suis ennuyé !

Repost 0
17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 17:17

La stagiaire et le mammouth : les désarrois de l'élève professeur - Hart, Lucie - Editions Alphée - Août 2010 - Broché, 263 pages - ISBN : 978-2-7538-0618-4

 

"Il y a quelque-chose de pourri au royaume des profs !

 

 

 

stagiaire-et-mammouth.jpg


   Reçue première à l'agrégation d'anglais, auteur de plusieurs articles et ouvrages tant en littérature et civilisation américaine qu'en littérature française, Lucie Hart souhaite intégrer le corps des enseignants et faire profiter de ses connaissances et de sa culture aux jeunes générations.

  Mais voilà, pour avoir la chance de faire partie du corps des enseignants, il faut d'abord avoir été adoubé par ses paires au long d'une (ou plusieurs) longue(s) année(s) de formation professionnelle au sein de l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM) et c'est là que le bas blaisse. En effet, il semblerait qu'aux yeux des formateurs et inspecteurs de l'IUFM, un bon niveau de connaissance et un sens avéré de la pédagogie ne soit pas suffisant pour faire un "bon" enseignant. Car ces deux compétences, Lucie Hart les possède sans conteste, elle qui a été brillament réussie l'agrégation d'anglais et enseigné dans les plus brillantes universités américaines. Mais celà ne suffit pas aux yeux des gardiens du corps professoral.

 

  Refusée lors de sa première année de stage dans l'un des meilleurs lycée de France pour être arrivée en retard lors de la rentrée universitaire, elle se voit accordée une seconde chance par l'institution ... qui l'envoie refaire une année de formation dans l'un des pires établissement de l'hexagône. Sauf que cette fois, le système l'a dans le colimateur et semble bien décidé à ne rien laisser passer.

 

   Mais qu'a donc pu faire cette stagiaire pour autant iriter l'Education Nationle ? Est-ce ses diplômes et sa notoriété universitaire et éditoriale que jalousent formateurs et inspecteurs (qui ne sont, pour centains, que des universitaires ratés) ? Est-ce son âge, 40 ans, qui font d'elle le Bouc Emissaire de l'IUFM ? Ou est-ce seulement que l'Education Nationale rechigne à accorder une seconde chance à ceux qui échouent une première fois à rentrer dans ses rangs, à ceux qui n'ont pas le profil doux et soumis de l'agneau sacrificiel. 


   C'est ainsi que d'inspections en inspections et de rapports en recours, se joue un bras de fer entre la stagiaire, frèle et menue, forte seulement de motivation et de ses diplômes et le mammouth Education Nationale, puissant de ses légions de formateurs, d'inspecteurs et d'enseignants titulaires. Mais comment vaincre "quand on est seule et qu'ils sont si nombreux" A lutter contre un ennemi si puissant, comment notre stagiaire, si héroïque soit-elle, peut-elle réussir ? Surtout si le système et ses sbires s'acharnent, avec toute la mauvaise foie dont il est capable, pour écraser la satagiaire rétive ?

 

    Ecrit un an aprés la mort des IUFm et leur refonte dans les Universités, cet ouvrage porte un regard impartial et plein d'humour sur les dysfonctionnement des IUFM, en dénonce l'absurdités kafkayenne et l'hypocrisie de ses méthodes de sélection ... sans jamais sombrer dans le nostalgisme de salle des profs ("C'était mieux avant !", "Les élèves ne sont plus ce qu'ils étaient!" etc.).

 

    Faut-il maintenant en déduire qu'il fallait supprimer les IUFM : instituts imparfaits et souvents inutiles pour la formation des enseignants ? Fallait-il en déduire qu'il fallait jeter directement et sans la moindre préparation les futurs enseignants, tout juste sortis de leur formation universitaire, dans l'arêne à raison de 18 heures par semaine avec pour seul soutient la présence lointaine d'un conseiller pédagogique situé, le plus souvent, dans un autre établissement ? Certes pas, car si les IUFM étaient imparfaits, ils avaient au moins pour vertu de réunir les aspirants professeurs, de créer une solidarité entre eux et ainsi de les aider à supporter l'absurdité d'un système resté inhumain et absurde. 

 

 

 

Repost 0

Présentation

  • : Considérations Intempestives
  • Considérations Intempestives
  • : En 1873, le philosophe allemand Friedrich Nietzsche publiait ses "considération intempestives " en réaction aux dérive de son époque : fièvre identitaire, dérive nationaliste, Enquistement dans la pensée unique. Aujourd'hui, la philosophie, à son tour, s'est peu à peu laissée gagnée par le mal du temps (Il n'y a qu'à lire quelques lignes de Ferry, Finkielkraut et consorts pour s'en convaincre). Seul le roman noir et quelques irréductible philosophes continuent à brandire le pavillon de la critique ... Ce sont eux que je désire vous faire connaître.
  • Contact

Profil

  • Petrus002
  • Passionné de littérature, de culture et d'art avec une prédilection pour les polars et le jazz, l'auteur désire simplement partager sa passion.
  • Passionné de littérature, de culture et d'art avec une prédilection pour les polars et le jazz, l'auteur désire simplement partager sa passion.
">

Mes livres sur Babelio.com

Recherche

Archives

Mes livres sur Babelio.com