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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 06:00
Le Dépeceur Nathalie Baumhauer
Le Dépeceur Nathalie Baumhauer

Le Dépeceur Nathalie Baumhauer

Baumhauer Nathalie, Le Dépeceur - Editions Ex Aequo - Septembre 2014 - 978-2-35962-640-7

Synopsis :

Lorsque Dolores Mc Bright fit appel aux service du détective Jarvis Brucester pour retrouver son mari volage, elle était loin de se douter que cette démarche allait être le début de l'une des affaires les plus éprouvantes qu'ait eu à traiter le détective.

En effet, l'enquête sur la disparition puis, rapidement, sur le meurtre de Mr Mc Bright conduira le détective Jarvis Brucester et son acolyte, le lieutenant Scharck, sur les traces de l'un des pires prédateurs que la petite Broadwood ai connue. Car depuis quelques temps des femmes disparaissent mystérieusement, leurs corps dépecés sont retrouvés morcelés tout au long de la Maine River.

Remontant patiemment la piste sanglante du meurtrier, Jarvis Brucester parviendra contre toute attente à le démasquer et à le confondre au cour d'un dîner qui restera dans les anales des services de polices.

Commentaire :

Pour ses premiers pas dans le petit monde des auteurs de romans policier Nathalie Baumhauer frappe fort. Le Dépeceur a toutes les armes pour intégrer la famille des thriller et ce avec une touche toute féminine qui lui ajoute un « je ne sais quoi » de légèreté et de décalé qui permet de mieux supporter l'horreur des scènes de crime.

Construit à la croisée du thriller et du roman de détective privé, à mi-chemin de Nestor Burma et de Patricia Cornwell, ce premier roman de Nathalie Baumhauer constitue la première enquête du détective privé Jarvis Brucester. Celui-ci, ancien lieutenant de la police criminelle, est un redoutable limier dont le flaire et les méthodes n'ont rien à envier à son célèbre homologue Sherlock Holmes. Si son charme naturel a pu séduire bien des cœur féminin, son caractère caustique, cynique, en fait un parti tant recherché que redouté.

L'intrigue, construite du point de vue du détective, est menée lentement mais avec une grande maîtrise d'un bout à l'autre de cette enquête aux multiples rebondissements. La narration alterne avec une grande facilité scène d'enquête, d'investigation et scène d'actions au court de courts chapitres dont les titres, pleins d'humour, témoignent de la malice de son auteur.

Le style, mariant une grande aisance d'écriture et une excellente maîtrise des connaissances et procédures policières, présage déjà de nombreuses et passionnantes enquêtes du détective Jarvis Brucester.

N'en doutons pas, nous suivrons ses prochaines enquêtes avec beaucoup de plaisir.

Monsieur Bloom était couvert de sueur qu’il essuya d’un revers de manche puis posa ensuite ses mains sur ses genoux en se penchant en avant pour reprendre son souffle. Max s’était engouffré dans la casse auto. Jarvis avait observé le parcours du chien qui semblait savoir parfaitement où il allait. Il sentit alors qu’il n’était sans doute pas loin de mettre la main sur quelque chose et se mit à courir derrière le chien, suivi de près par Schark. De petites allées étroites et sinueuses serpentaient entre les tours formées par les amoncellements de voitures. Les carcasses métalliques éventrées formaient des couches de différentes nuances faisant penser à une boîte de crayons de couleur. Certains véhicules gisaient là depuis longtemps tandis que d’autres, plus récents, avaient vu leurs entrailles pillées. Max aboya à nouveau. Jarvis se laissa guider par le son. A une quinzaine de mètres de là, derrière une vieille cuve de fioul hors d’usage, totalement rongée par la rouille, il vit la queue du chien frétiller de plus belle, appuyant la joie qu’il ressentait d’avoir mis la patte sur un trésor inestimable. Jarvis s’en approcha et appela le canidé qui leva rapidement la tête de son trou, la gueule ensanglantée. Le détective retroussa son pantalon et ordonna à Max de déguerpir. Après une seconde sommation il abandonna sa trouvaille à contre cœur et s’éloigna en jappant. Là, gisaient deux index tranchés à ras, des viscères dégoulinants et un pied à moitié déchiqueté, ainsi qu’un autre morceau non identifiable. Le tout baignait dans une répugnante marre de sang noirâtre (...

Le Dépeceur Nathalie Baumhauer

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 22:56
Megan Abbott : Red Room Lounge [Die a little] traduit de l'américain Jean Esch – Edition du Livre de Poche – 2005 pour l'édition us, 2011 pour l'édition française.  ISBN : 978-2-253-16151-6

Megan Abbott : Red Room Lounge [Die a little] traduit de l'américain Jean Esch – Edition du Livre de Poche – 2005 pour l'édition us, 2011 pour l'édition française. ISBN : 978-2-253-16151-6

Synopsis :

Lora et Bill King sont des frères et soeurs inséparables. Lui est enquêteur au bureau du procureur de Californie, elle enseigne dans un lycée pour fille de Pasadena. Depuis leur plus tendre enfance, ils font tout ensembles et partagent tous leurs secrets.

Lorsque Bill rencontre Alice Steele, l'harmonie du couple frère-sœur est menacée. Lora adopte aussitôt pour une posture défensive, agressive envers la nouvelle venue … même si Alice multiplie les gestes d'appaisement à son égar. Il faut dire que cette dernière est une parfaite femme de maison : excellente cuisinière, épouse fidèle et dévouée et animatrice de soirées hors paire. Peut-être trop parfaite aux yeux de Lora qui soupsonne que tant de perfection cache quelques noirceurs soigneusement dissimulées.

Tout d'abord, les deux femmes s'observent, se toisent, se jaugent du regard, cherchant les défauts dans la cuirasse de l'autre, puis les premières escarmouches arrivent, d'abord à fleurets mouchetés, puis de plus en plus blessantes, jusqu'au duel final où l'une des deux rivales devra céder ou périr.

Critique :

J'avais déjà adoré Megan Abbott que j'avais découverte par Vilaines Filles puis je  l'avais encore plus appréciée à travers La fin de l'Innocence. J'avais aimé sa façon de nous faire pénétrer dans la vie intime de la bourgeoisie provinciale de l'amérique profonde, de nous faire penser comme elle, sentir comme elle … et surtout sa façon si particulière de nous dire que sous les apparences bien proprettes de ces familles se cachent souvent les plus noirs desseins.

Une fois encore, je n'ai pas été déçu ! Red Room Lounge est un vrai bijou de littérature, mais un diamant noir, sombre et venimeux. Rédigé uniquement du point de vue de Lora, l'intrigue se construit au fil des souvenirs de cette dernière. D'où son caractère fragmentaire et subjectif. Elle donne l'impression d'une confession, presque des aveux et laisse présager sinon un drame, du moins des événements funestes. Et lorsque l'on découvre, au fil de la lecture, la tension - sinon la haine - que se vouent les deux femmes, on imagine sans mal quelle fin tragique peut advenir. C'est comme entendre l'histoire d'un conflit raconté uniquement du point de vue d'un seul des deux belligérents : on se doute que toute la vérité n'est pas là mais comme l'histoire est si bien raconté, l'on en vient à croire cette version, à oublier qu'il existe une autre version des événements – peut-être bien différente. C'est comme, aussi, assister, impuissant, à la montée en puissance d'une crise aussi inévitable que destructrice, à la venue d'un conflit que l'on pressent dans toute sa puissance meurtrière de haine et de jalousie accumulée.  Car c'est bien d'un conflit qu'il s'agit, d'un conflit entre deux femmes pour la conquête d'un homme. L'éternelle histoire, en somme. Mais à cette différence-ci que l'histoire se déroule à Los Angeles, la Cité des Anges, dans les années 50 sur fond de jazz (que curieusement Megan Abbott ne semble pas trop apprécier), de drogue et de cinéma.

Dans cette cité hantée par les lumières d'Hollywood, deux univers se rencontrent et s'affrontent : celui, feutré et poli de la petite bourgeoisie californienne, et celui rude, noir et corrosif des bas quatriers d'Hollywood. Hollywood avec ses lumières, ses bars et ses boîtes de nuit … et toute la faune qui les fréquente : stars et agents de stars, réalisateurs, entremetteurs de tous poils, putes, toxicos, macros … Côté pile, clair et lumineux, il y a Lora, petite bourgeoise prospère vivant dans la grande maison héritée de ses parents, enseignante dans un lycée de fille de Pasadena … Côté face, obscure et souterrain, il y a Alice, ancienne costumière pour l'industrie du cinéma, déracinée, usée, mais bien décidée à s'en sortir. Et au milieu, il y a Bill. Lui serait plutôt du côté clair et lumineux, mais sa profession - enquêteur pour le bureau du procureur – lui met déjà un pied du côté obscur. Et tandis que Lora s'efforce de maintenir son frère du côté lumineux, Alice, lentement, le fait glisser, du côté obscur, sombre de Hollywood. Aussi, in fine, ce n'est plus tant le combat de deux femelles pour un male mais celui, manichéen, du Bien et du Mal … l'histoire éternelle de la tentation et de la chute de l'homme … sauf que, bien sûr, ici, les rôles ne sont pas aussi nettement démarqués. Si Lora appraît comme l'image de la vertu - et c'est bien normal puisque c'est elle la narratrice - des lézardes apparaissent dans sa blanche cuirace ... et ses intensions ne sont pas claires, non plus. Agit-elle pour sauver son frère de l'influence d'Alice ou plus prosaïquement par jalousie ? Quant à Alice, ses efforts pour paraître l'image de la parfaite femme de maison sont-ils vraiment un subterfuge, une mascarde pour cacher son jeu – ainsi que le pense Lora – ou le fruit d'une véritable volonté de se sortir de la noirceur du monde d'où elle est issue.

L'histoire n'est pas simple, on s'en doute. Et c'est ce qui fait tout le piment de ce roman noir, sulfureux, corrosif mais oh combien jouissif !. Un roman qui qui se lit avec un plaisir étrange, mêlé d'un soupson de culpabilité. Un roman dont on ne sort pas indemne, non-plus … car au plus profond de nous, une petite voix nous dit que ni Alice ni Lora ne sont tellement différentes de nous.

 Le plus terrible dans ce monde, c'est de découvrir de quoi vous êtes cabale. 

Red Room Lounge, Megan Abbott

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 21:44
Lorsque Tim a emménagé dans la somptueuse résidence de Fairview, il pensait avoir fait une bonne affaire ....

Lorsque Tim a emménagé dans la somptueuse résidence de Fairview, il pensait avoir fait une bonne affaire ....

James, Rebecca - La vérité sur Anna - XO éditions - Parution : 5 juin 2014 - ISBN : 9782845636835

Synopsis

Tim, un jeune australien, recherche un logement modeste pour fuir la cohabition difficile avec son ex petite amie Lilla et son nouveau boy-friend. Dans un journal local, il découvre une annonce pour une chambre dans le quartier de Fairview, à Sidney. Pour un loyer modique, il pourra s’installer dans l’une des plus belles demeures de Sidney. Tout ce qu’il aura à faire sera de veiller sur la propriétaire des lieux, une jeune fille agoraphobe qui vit cloitrée chez elle.

Installé dans sa nouvelle chambre, Tim tente de sympathiser avec sa propriétaire. Celle-ci est froide, distante et étrangement fuyante. Bien décidé à fraterniser avec sa nouvelle propriétaire Tim multiplie les efforts et ces derniers finissent par payer. Au fil des jours, une relation d’abord fragile et distante, puis de plus en plus intime se noue entre eux. Au fur et à mesure que Tim découvre le terrible passé de la jeune femme, d’étranges événements viennent ternir leur relations : d’étranges silhouettes spectrales hantent les couloirs la nuit et tentent d’étouffer Tim pendant son sommeil, la cuisine est saccagée, des inscription apparaissent sur les murs …

Critique :

   La vérité sur Anna est le second roman de l'auteure australienne Rebecca James, aprés La Beauté du Mal (Beautiful malice).

   Construit à la façon d'un huis-clos , il est tout entier centré autour de la demeure de Fairview et de ses deux occupants : Tim et Anna et plus particulièrement autour de Anna. En effet, du fait de son agoraphobie, cette denière ne peut quitter la maison. Elle est donc prisonnière des lieux, condamnée à subir le poids de son passé. Autant dire que sa situation semble inextricable : son passé la condamne a ne pas quitter la maison et cette dernière ne cesse de lui rappeler le passé.

   Sur ce arrive Tim, qui est l'antithèse d'Anna. Si elle est timide, lui est plutôt extraverti, si elle est mal dans sa peau, lui est plutôt à l'aise dans la sienne, si Anna est prisonnière de son passé et cloitrée dans la maison, Tim vit dans le présent, sans se préoccuper du passé ni se soucier de l'avenir. De plus, il est passionné de surf et de vie au grand air. Dès le départ, le binôme Tim/Anna semble vouer à l'échec. Que peut bien faire ce grand dadais de surfer avec une créature aussi fragile qu'Anna ? La cohabition entre ces deux personnages opposés présageait des trésors de rebondissement : gags comiques, lapsus malheureux, situations tendues, maladresses, etc. … Mais étrangement, ces ressorts ne sont presque pas exploités dans l'intrigue. Tim se comporte plus en protecteur, en chevalier servant, qu'en gaillard maladroit ou mal à l'aise … et les deux habitants fraternisent et se rapprochent …

   Il faudra attendre l'intervention d'un troisième protagoniste, Lilla, l'ex petite amie de Tim, pour que la personnalité de Anna gagne en complexité … ou plutôt pour qu'un autre aspect de sa personnalité se dévoile. Celui d'une femme en colère, une manipulatrice et une adversaire à la hauteur de la nouvelle venue, Lilla. Car Lilla est tout à la fois tout le contraire de Anna et de Tim. C'est un personnage vraimente excessif, au point d'en devenir irritant, antipathique. Elle est arrogante, sans gêne, provocante … bref, elle a tout de la parfaite garce, la séduction sulfureuse compris. Du coup, du thriller intimiste qu'elle était initialement ; l'intrigue tend vers le drame sentimental avec jalousies, rivalités et scènes de ménages à la clef … Et même si au vu du dénouement (que je ne narrerais pas), les scènes de rivalité s'expliquent finalement, j'ai trouvé un rien domage que que les querelles amoureuses occupent tant d'importances dans l'intrigue. Personnellement, j'ai un petit faible pour les intrigues dans lesquelles la vie intime ou sentimentale des protagonistes est réduite au minimum … mais bon, je suis peut-être un peu vieux jeu.

   Heureusement, l'intrigue est servie par un style très épuré, sans ce luxe de fioritures qui alourdit souvent la narration et perd le lecteur dans un maquis de digressions inutiles. Ici, uniquement des phrases courtes, presques lapidaires, qui ne nous livrent que les informations essentielles à la compréhension de l'intrigue. Rien de plus. Du coup, la lecture est agréable, et l'on se laisse porter avec plaisir par le rythme de la narration qui alterne les points de vue. Point de vue de Tim, caméra subjective mais regard objectif, neutre sur les événement. S'il ne comprend pas ce qui lui arrive, du moins essaye-t-il d'y voire clair et de raisonner ; puis point de vue de Anna, à la troisième personne du singulier (pas un pluriel de majesté mais celui de l'aliénation, de la folie - « je est un autre »).

   Au final, que dire ? Certes, La vérité sur Anna n'est pas le best steller de l'année. Certes, qui recherche le suspens, les émotions fortes, bref, le grand frission, sera, comme moi, un peu déçu de l'expérience, restera sur sa faim, mais cela reste une agréable expérience de lecture si l'on accepte de se laisser porter par le fil de la narration, un bon roman à lire à la plage ou dans le train sur le chemin des vacances.

Il y a tant de tristesse sur son visage. Je la vois en permanence, maintenant. Ses yeux brillent d'une sérénité et d'une sagesse qui ne sont pas de son âge. J'imagine que cette tristesse sera toujours là, comme une cicatrice sur un tronc d'arbre à l'endroit où une branche a été arrachée. Ses plaies se résorberont au fil du temps, elles changeront d'aspect, mais elles ne disparaîtront jamais complètement.

Rebecca James, La Vérité sur Anna

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Présentation

  • : Considérations Intempestives
  • Considérations Intempestives
  • : En 1873, le philosophe allemand Friedrich Nietzsche publiait ses "considération intempestives " en réaction aux dérive de son époque : fièvre identitaire, dérive nationaliste, Enquistement dans la pensée unique. Aujourd'hui, la philosophie, à son tour, s'est peu à peu laissée gagnée par le mal du temps (Il n'y a qu'à lire quelques lignes de Ferry, Finkielkraut et consorts pour s'en convaincre). Seul le roman noir et quelques irréductible philosophes continuent à brandire le pavillon de la critique ... Ce sont eux que je désire vous faire connaître.
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  • Petrus002
  • Passionné de littérature, de culture et d'art avec une prédilection pour les polars et le jazz, l'auteur désire simplement partager sa passion.
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